Aids 2016 : Welcome to Durban !

Publié par Mathieu Brancourt le 18.07.2016
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ConférencesAids 2016

Durban accueille la Conférence mondiale sur le sida Aids 2016. Seize années après la précédente, qui avait marqué un moment charnière dans la prise de conscience mondiale sur l’épidémie, notamment en Afrique. La conférence démarre aujourd’hui, en fin de journée. Le journaliste Mathieu Brancourt y est pour Seronet aux côtés d’autres militants de AIDES. Chaque jour de la conférence, Seronet vous proposera un article sur les temps forts de cet événement mondial. C’est parti !

Ça y est, nous sommes arrivés. Après un périple de dix-huit heures, escale comprise, nous voici à Durban. Cette semaine, Durban sera la capitale mondiale de l’activisme et de la recherche contre le VIH/sida. Elle accueille plus de 20 000 participants, militants, scientifiques, politiques et aussi journalistes, prêts à en découdre jusqu’au 23 juillet prochain. Le week-end dernier, les premiers conférenciers ont participé aux sessions préliminaires, qui précèdent les sessions officielles, commençant mardi matin. Impossible de s’enregistrer hier dimanche, alors ce matin, il fallait se lever tôt (et faire la queue) afin d’obtenir son précieux sésame pour accéder à la conférence. Après une bonne heure d’attente et une séance de photo, le badge tant désiré est dans nos mains. Bon, pour moi, le badge indique Alain Michel au lieu de Mathieu, mais cet aléa ne gênera en rien pour assister aux sessions ou présentations dans le grand ICC (International convention center).

Flambant neuf, l’édifice accueille en son sein le Global village, sorte de bain bouillonnant associatif où les associations (et laboratoires) du monde entier peuvent se montrer et se rencontrer. Mais avant d’y pénétrer, il faut montrer patte blanche. Les mesures de sécurité, annoncées très strictes, se confirment. Une fois le Global village contourné, l’accès au centre de conférence est digne d’un aéroport. Scanner, portique de sécurité et contrôle badge pour l’entrée et la sortie. On pourrait trouver cela pesant, mais le contexte (ici les prochaines élections présidentielles et le contexte des violences terroristes en général) ne rend pas ces contrôles superflus. Les effectifs policiers ont été triplés nous rapportent les locaux. Les participants sont invités à la vigilance et à la prudence, en dehors de cette enceinte sécurisée. Mais pas de temps pour la psychose, le planning est chargé. Sans compter sur la gentillesse et la chaleur des milliers de volontaires et bénévoles, présents en nombre pour aider aux premiers repérages.

Dès ce lundi, une marche se déroule dans les rues de Durban, organisée par la TAC (Treatment action campaign, une importante organisation non gouvernementale). Et ce soir, la Conférence mondiale sur le sida 2016 sera officiellement ouverte, durant une cérémonie où l’actrice et femme engagée Charlize Theron, elle-même sud-africaine, lancera cette semaine de mobilisation internationale contre l’épidémie, dont la fin est officiellement programmée, si la volonté politique est de la partie. Cette conférence Aids 2016, la deuxième à Durban, sera aussi l’occasion de rendre hommage à Nelson Mandela, qui, en 2000, avait fermement invité l’Afrique du Sud et le monde à prendre la voie d’une réponse globalisée et positive au VIH. Seize années plus tard, les solutions sont connues et doivent être mises en place concrètement, pour tous, par tous. L’autre condition sine qua non sera, à contrario, de casser les obstacles, les politiques nuisibles aux personnes séropositives et aux groupes vulnérables. Ce sont les deux principaux messages de Durban, version 2016. Il faudra voir, après cette semaine, si ces appels seront suivis d’effets. A demain !