« Atelier sexualité BBK » Compte rendu du 13 Mai 2009

Publié par vincent58 le 18.06.2009
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Rappel : Les ateliers sont un groupe d’échanges communautaire sur notre santé et notre sexualité de gays ayant volontairement, systématiquement ou pas des pratiques sans latex. Proposé et animé PAR des barebackers POUR des barebackers et ceux qui font le choix d’avoir des relations sexuelles non protégées. Ceci est un rendu des échanges de notre dernier atelier santé sexualité BBK de AIDES Paris. Il est public et vise à informer le plus largement possible les personnes qui se sentent concernées.
15 participants pour cette 6ème rencontre.
Le Docteur Ohayon, coordinateur médical de Sida Info Service et responsable du projet de centre de santé gaie était notre invité principal et le but de sa présence était d’aborder les questions de santé des gaies et plus particulièrement avec nous des possibilités que pourrait offrir pour des BBK le centre de santé gaie dont il porte le projet sur Paris. Malheureusement celui-ci a été dans l’obligation d’annuler au dernier moment pour raisons de santé.
Nos échanges du jour ont été l’occasion de parler de nos dernières infections sexuelles. Nous pourrions penser que condylomes, syphilis et autres petits ou gros  inconvénients liés à nos pratiques non protégées sont notre lot de barebackers, et bien non pour ce qui nous concerne. La dernière infection d’un des membres du groupe remonte à plus de 6 mois. Nous ne parlons pas bien sur ici des hépatites qui sont d’un autre ordre en termes d’inconvénients et que certains connaissent déjà ou ont connues !
Nous sommes attentifs à prendre soin régulièrement de ces désagréments qui peuvent parfois lorsque l’on s’en occupe trop tardivement évolues très rapidement et être un frein à notre plaisir et notre sexualité.
Un participant parle de son expérience : ‘’Lorsque je vais faire un week-end de sexe continu et que je veux réduire le risque d’infection je prends un traitement antibiotique en prophylaxie’’ Ce témoignage a été l’occasion de parler des possibilités que pourrait offrir un traitement en prophylaxie des IST et de l’absence de recherches sur le sujet montrant les avantages et inconvénients que cela pourrait avoir sur la santé. Il y a néanmoins un projet d’expérimentation français (PREP), traitement PRé exposition mais qui porte uniquement sur le VIH. Il devrait voir le jour en fin d’année. Cette prophylaxie pré-exposition consisterait donc à prendre un traitement avant et après l’exposition a un risque de transmission du VIH.
La recherche vise à montrer qu’une prise de Ténofovir ou autres traitements avant un rapport non protégé (quelques jours ou sous une autre forme de prise) pourrait fonctionner pour protéger les personnes de l’infection à VIH. La réplication virale pourrait être ainsi bloquée au moment où le virus pénètre dans le corps afin d’éviter une infection. Des études sont déjà en cours dans d’autres pays.
Ce sujet nous a permis de revenir sur la question des médecins, plus ou moins ouvert sur ce sujet. Ils sont pour certains d’entre nous, parfois à l’écoute de nos pratiques et peuvent donner des conseils de traitements à prendre pour réduire les infections. Pour certains gays qui prévoient  des week-ends sexe partouze nokpote cela semble une piste intéressante mais à ne pas prendre de manière systématique.
Un des participants parle de son expérience positive suite à une syphilis au centre de soins des MST à L’hôpital St Louis au 42 rue Bichat dans le 10eme  http://www.chu-stlouis.fr/  avec un accueil et des soins de qualité et sans jugements.
Nous avons abordé l’avis du CNS (conseil national du sida) qui intègre les traitements vih dans la palette des outils de prévention et qui insiste auprès des médecins pour aborder avec toutes personnes infectées par le vih l’intérêt d’initier un traitement et/ou d’être observant afin de réduire fortement le risque de transmission du vih. A quand maintenant une campagne ciblée en direction des gays qui n’ont pas accès à ce type d’information ? A quand un accès au dépistage facilité qui ne nécessite pas de prendre une journée de congés pour le faire ? A quand un lieu de santé spécifique aux gays ? A quand un traitement post exposition qui n’oblige pas à se rendre dans un service d’urgence ? A quand des tests de dépistage rapides accessibles facilement ?
Un  participant a apporté un document sur la position de la plus importante assoc de lutte contre le vih allemande, la Deutsche AIDS Hilfe et qui est en faveur du protocole suisse qui dit que « les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre infections sexuellement transmissibles et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle ».
Pour cette association d’outre Rhin les risques sont similaires entre traitement anti VIH seul et préservatif seul si les conditions suivantes sont réunies (Charge virale du partenaire séropositif est indétectable depuis au moins six mois. Bonne observance au traitement anti VIH. Muqueuses génitales en bon état et donc pas d’IST)
Dans ces conditions, les risques de transmission du VIH sont comparables à ceux liés à un usage systématique du préservatif, en mettant l’accent sur l’intérêt du traitement anti VIH comme outil de prévention pour les couples stables sérodifférent.
Pour une ‘’prévention réaliste’’ l’association Allemande mentionne les cas où du virus a été trouvé dans le sperme d’une personne dont la charge virale plasmatique était indétectable, mais qu’il n’y a qu’un seul cas ou cela a été détecté en Allemagne.
Elle rappelle qu’il y a peu d’études sur l’effet du traitement anti VIH sur les infections chez les gays, mais que les preuves scientifiques seront difficiles à produire dans un avenir proche. En conséquence de quoi elle soutient qu’il est logique de faire l’hypothèse que la réduction importante de l’infectiosité en cas de charge virale indétectable a lieu aussi chez les hommes homosexuels.
Un petit rappel qui est fait dans leur document. Dans le cas de sexe avec des partenaires occasionnels il est toujours préférable d’utiliser des capotes si vous voulez totalement éviter de vous infecter ou d’infecter vos partenaires puisqu’en règle générale il est difficile de vérifier l’état des muqueuses des deux partenaires.
Toute cette question autour de l’intérêt du traitement nous interpelle tout de même puisqu’elle risque d’aboutir aux « bons séropos » qui prennent leurs traitements et du coup ceux qui seraient les « mauvais séropos » qui ne seraient pas observant !
Soyons donc attentifs aux dérives possibles de certains médecins, avec des mises sous traitements sans réelles acceptation et discussion avec les personnes concernées.