6 mois plus tard

Publié par aurore712 le 28.03.2009
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Voilà 6 mois de passés, 6 mois pendant lesquels j'ai appris à vivre avec le vih, le traitement, les effets secondaires et tout le reste. Les fichus effets secondaires parfois m'insupportent, pas facile de vivre "normalement" quand les douleurs dans les jambes sont atroces, quand tout le système digestif est détraqué, que je suis est à plat et que j'ai un boulot à assurer, face à un client qui ne connaît rien de ma vie.
Ca fait 6 mois que mon entourage, famille, amis, collègues, me soutient. Ils sont tous géniaux, il n'y en a pas eu un seul pour me juger ou me jeter la pierre. Tous ont eu une seule réaction : s'assurer de mon bien-être et de ma survie et enfin tout simplement que je vis bien. J'ai la chance d'avoir une femme extraordinaire à mes côtés aussi. Elle était là avant de savoir que je suis malade et elle est restée après et elle fait sa vie avec moi, avec mes hauts et mes bas et contre vents et marées, elle veut croire que ce virus ne changera rien à notre vie, à nos projets.
Depuis 6 mois, j'ai surtout été occupée à gérer tous les pans de ma vie qui ont été bouleversés par la tri thérapie. J'ai couru d'analyse en analyse, de médecins en hôpitaux et je commence enfin à faire surface. Et c'est maintenant que le vrai combat s'installe je pense, maintenant que beaucoup de questions font surface.
D'abord, comment ai-je attrapé ce virus et quand ? Apparemment personne ne peut m'éclairer sur le quand puisque la spécialiste et la généraliste ont des avis très différents, 10 ans pour l'une, 5 ans pour l'autre. Qui sait, peut-être plus après tout ? Etait-ce à l'époque où 2 abrutis ont abusé de moi il y a maintenant 15 ans de cela ? Est-ce un de mes ex et lequel ? Peu importe après tout, le virus est là et la vie est devant moi, pas derrière.
Ensuite, quel sens puis-je donner à ma vie désormais ? J'ai toujours été super active, tournée vers les autres et leur bien-être, j'ai toujours adoré partager avec les autres : mon savoir, ma personnalité, mes réflexions, mes découvertes. Mais aujourd'hui je me pose la question : aurais-je la force de continuer à vivre comme ça ? Donner, c'est bien ; mais maintenant il faut que je pense à me préserver, à me ménager. De toute façon, la fatigue constante me permet tout juste de faire face au quotidien alors quand arrive le soir ou le weekend, je n'ai plus l'énergie de faire quoi que ce soit d'autre que le quotidien. Alors, j'ai l'impression de dépérir, de me perdre en route, de ne plus savoir où je vais, ni même ce que j'aurai envie de faire. Dépression ? Peut-être. Mais alors pourquoi ce coup de blues alors que ma santé va mieux, que j'ai un entourage formidable et un boulot que j'aime ? Mystère, je n'arrive pas à comprendre ce qui m'arrive en ce moment. Vague impression de peu à peu me noyer dans une routine quotidienne ... Il faut que je fasse quelque chose pour changer ça ! Pas question de me battre pour survivre pour finalement passer à côté de ma vie ! Et pas question que mes proches soient impactés par ce maudit virus et ses conséquences ! Alors hop hop hop, je me motive et je vais essayer de renouer avec mes hobbies et ma curiosité !

Commentaires

Portrait de Seroserio

Tu requinques en qq mots, ma dame, un "vieux" séropo (de 36 ans) qui commençait à piquer du nez mentalemt.

Pr rappel, je suis seropo depuis l'age de 15 ans, et sous traitemt depuis pres de 8 ans maintenant, sans effets secondaires ni jamais aucunes autres complications gênantes.

Malgré ce, je me trouve confronté aux mm stresses que connait tte personne atteinte de maladie longue, mortelle ou pire encore ! de maladie dite honteuse. Un véritable cancer ds la vie affective d'un sentimental convaincu comme je le suis, je crois.

Ton bistouri verbal, ton argumentaire irradié m'auront été très salutaires. Encore une fois merci, et je resterai volontiers à l'écoute qd tu seras à nouveau inspirée.

A bientot p-e !