Autres temps, autres mœurs ....... pas sur !

Publié par jl06 le 12.01.2020
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Quand Charlie Hebdo défendait (aussi) la pédophilie  / Samedi 11 janvier 2020 à 08:0222Couverture du numéro du 27 janvier 1977. Photo © DR 

Comme une partie de la gauche libertaire de l’époque, le journal satirique a soutenu, en 1977, trois pédocriminels, accusés d’avoir abusé de mineurs, avant d'être condamnés.

« Matzneff et l’air du temps. » C’est le titre d’un article, publié ce mercredi dans Charlie Hebdo et rédigé par son rédacteur en chef Gérard Biard. « Un peu embarrassé que l’écrivain Gabriel Matzneff, pédophile notoire et revendiqué aujourd’hui au cœur de l’actualité pour un livre écrit non par lui mais par une de ses anciennes proies, ait eu durant des années son rond de serviette sur le plateau d’Apostrophes, Bernard Pivot se défausse sur l’air du temps », écrit le journaliste, qualifiant ses agissements de « crimes ». Et de poursuivre plus loin : « Le dandysme et l’entre-soi mondain qui […] fournissaient des signatures prestigieuses quand il publiait des lettres ouvertes demandant la libération de pédophiles emprisonnés, vont se nicher ailleurs. Il est vrai que cet air du temps-là est un peu fripé. »

Embarrassé, l’hebdomadaire satirique devrait pourtant l’être aussi, qui a soutenu, avec une partie de la presse libertaire, la pédophilie dans ses pages, au cours des années 70 et 80. Car si Matzneff a largement bénéficié d’une mansuétude médiatique coupable, de gauche à droite, Charlie Hebdo est allé jusqu'à défendre les trois pédocriminels de « l’affaire de Versailles», au lendemain d’une pétition parue dans Le Monde et rédigée par… Matzneff lui-même. A l’époque, s’ouvre le procès de ces trois hommes, jugés pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de 15 ans » et placés en détention préventive depuis trois ans. Le journal, dirigé alors par le professeur Choron, publie le 27 janvier 1977, un article, titré « Mœurs » et signé par Victoria Thérame, passée aussi par le quotidien communiste L’Humanité.

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En voici le texte : « Si vous aimez les petites filles et les petits garçons quand ils ont encore le cartable dans le dos, si vous les suivez dans la rue, si, eux, vous regardent, vous attendent à la station du bus, s'ils viennent s'asseoir juste en face de vous, s'ils frôlent vos genoux comme par mégarde mais ne s’excusent pas, si vous les retrouvez à la sortie de l'école, si vous leur parlez, s'ils viennent dans votre chambre, si vous découvrez les ciels de cuisses tendres et sans duvet, leur trouble et le vôtre, quand ils vous disent "tu" et êtes leur ami-confiance, leur ami-plénitude, si vous allez ensemble au bois, à la clairière, derrière les volets où la lumière filtre à point, si vous les photographiez pour prolonger la vie, pour la fixer, parce qu'elle est fugitive et trop courte et que vous êtes trop amoureux, allez défendre Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt, emprisonnés depuis trois ans, qui passent devant la cour d'Assises de Versailles les 27, 28 et 29 janvier à 13 h et risquent cinq à dix ans de réclusion criminelle pour amour à enfant. »

Charlie Hebdo (janvier 1977)

Finalement, les prévenus seront condamnés à cinq ans de prison avec sursis (et donc libérés) pour leur crime, fait de masturbations et fellations réciproques, d’orgies et de sodomies sur des enfants de 12 et 13 ans. Des années plus tard, Patrick Font, chroniqueur à Charlie Hebdo qui forma avec son ami et patron du journal entre 1992 et 2009, Philippe Val, le « duo comique » Font et Val (1970-1995), sera lui-même condamné, en 1998, à six ans de prison ferme pour attouchements sur mineurs.

 

 

En 1977, Gabriel Matzneff avait publié un texte pour prendre la défense d’adultes accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des enfants. Il avait été signé par de grands noms. 

En janvier 1977, Gabriel Matzneff publie dans Le Monde et Libération une pétition défendant les relations sexuelles entre adultes et enfants. Le texte avait, à l’époque, été signé par des personnalités comme Simone de Beauvoir, Louis Aragon, Roland Barthes ou encore Bernard Kouchner. Le Point a interrogé ce dernier sur la question et sa défense est ahurissante. 

« Autres temps, autres mœurs »

« Sa pétition ? Mais la pétition de Matzneff, je ne l’ai même pas lue ! Daniel Cohn-Bendit et moi l’avons signée parce que Jack Lang nous l’avait demandé », a plaidé l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. « C’était il y a 40 ans. C’est une énorme erreur. Il y avait derrière une odeur de pédophilie, c’est clair. C’était une connerie absolue. Plus qu’une connerie, une sorte de recherche de l’oppression », a-t-il néanmoins regretté, rappelant qu’il avait été « le seul à dire que c’était un salopard [Matzneff] ». Comment alors expliquer cette signature chez de grands noms comme Sartre, Aragon ou encore Barthes ? Pour Bernard Kouchner, « c’est difficile à expliquer »« Autre temps, autres mœurs. La période était bêtement laxiste, permissive. Les idéologies nous submergeaient. Connaissez-vous cette phrase de Camus : ‘Quelque chose en eux aspire à la servitude’ ? », a-t-il avancé. 

SUR LE MÊME SUJET [Vidéo] Affaire Matzneff : des propos de Daniel Cohn-Bendit sur ses “rapports émotionnels et même sexuels” avec des enfants refont surfaceDroit d’avoir des relations sexuelles avec des enfants

Cette pétition avait été rédigée alors que s’ouvrait le procès de trois hommes jugés pour « attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de [moins de] 15 ans » et placés en détention provisoire pendant trois ans. Les victimes étaient âgées de 12 ou 13 ans et avaient été photographiées et filmées par les accusés lors de différents jeux sexuels. Les accusés avaient été condamnés à cinq ans de prison avec sursis. La pétition, écrite la veille de ce procès, défendait le droit d’avoir, en tant qu’adulte, des relations sexuelles avec des enfants. Elle se concluait par ces termes : « Trois ans de prison [préventive] pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhardt [les noms des trois coupables] ne retrouvent pas leur liberté »

 

LEUR SEULE PORTE DE SORTI  ............................... le suicide  pourriture !

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Au procès de l’ex-prêtre Preynat, « il parle de caresses ; il me touchait comme un sauvage »

Face à ses victimes, Bernard Preynat, dont le procès a débuté hier, reconnaît partiellement les faits et leur demande pardon.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 16h58

Temps deLecture 4 min.

Face à ses victimes, Bernard Preynat, comme depuis le début de son procès, reconnaît partiellement les faits et leur demande pardon.Face à ses victimes, Bernard Preynat, comme depuis le début de son procès, reconnaît partiellement les faits et leur demande pardon. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Au lendemain de l’ouverture du procès de l’ancien prêtre, jugé à Lyon pour de multiples agressions sexuelles sur des enfants, des victimes de Bernard Preynat témoignaient, mercredi 15 janvier.

« Il parle de caresses. Ma femme me caresse. Lui, c’était de la masturbation ; il me touchait comme un sauvage », s’indigne à la barre Stéphane Hoarau, 8 ans à l’époque des faits. « Il me baissait mon short, me touchait le sexe, me masturbait, m’obligeait à me masturber et m’a demandé parfois de le masturber, de caresser son sexe… Il me retournait pour se frotter contre moi », explique-t-il, ajoutant que ces abus s’étaient déroulés plusieurs fois dans la chambre de l’ancien homme d’Eglise.

 

« C’étaient des gestes sans violence, des gestes de tendresse par lesquels je trouvais un certain plaisir. Il m’a fallu du temps pour découvrir que c’était mal et condamné vu l’âge des enfants », avait déclaré la veille Bernard Preynat.

Sur le premier jour du procès : Le père Preynat, jugé pour agressions sexuelles sur mineurs, face à la douleur de ses victimes

« Je ne suis pas né sous une bonne étoile »

Selon Stéphane Hoarau, les jeunes proies de Preynat se succédaient parfois dans un même local. Appelé par le prêtre sous le prétexte de l’aider à quelque chose, il se rappelle avoir croisé en arrivant un petit garçon, regard fuyant, tête basse, qui sortait d’une pièce où se trouvait Preynat. « J’ai vraiment eu l’impression qu’il lui avait fait subir la même chose qu’à moi », dit-il. « Moi, j’avais confiance ». Au début. Mais « je ne suis pas né sous une bonne étoile », souligne M. Hoarau, placé à l’âge de 4 ans en famille d’accueil après avoir été déjà victime d’un prédateur sexuel dans son entourage familial.

Il avait été inscrit par sa famille d’accueil chez les scouts du groupe de Preynat pour « le recadrer ». Ce qu’il récolte ce sont des attouchements, des agressions sexuelles répétées. Il portera plainte en avril 2016 après de longues années de silence. Après les scouts, s’en suivront d’autres galères, familles d’accueil, foyer, foyer de jeunes travailleurs et « mise à la rue » à 18 ans à peine. Depuis, « je me suis marié »« J’ai des enfants mais j’ai beaucoup de mal à les toucher », reconnaît-il, attribuant ses difficultés à les câliner au traumatisme vécu dans son enfance, sous l’emprise du « père Bernard »« Ces réticences, il y a un lien de cause à effet avec ce qui m’est arrivé. »

Lire aussi  Le livre « Abusés », qui contient les témoignages des victimes du père Preynat, est retiré de la vente

Une autre victime témoigne d’horribles « flashes » quand elle change les couches de ses jumeaux, des petits garçons de 2 ans. « Parfois, quand je suis amené à les changer, des visions me reviennent. Des craintes me reviennent », raconte la voix étranglée Stéphane Sylvestre, qui a déposé plainte en 2015. « Alors que changer un enfant, c’est très loin des caresses sur le sexe » de Preynat. Mais « j’avais peur de devenir moi-même un agresseur ».

Il se souvient des attouchements de l’ex-prêtre sur son sexe, notamment dans les bureaux du premier étage de l’église Saint-Luc. Quand Preynat l’agressait, « il pouvait parler de scoutisme, complètement en décalage avec ce qu’il me faisait. Je dis ça maintenant avec ma vision d’adulte », relève M. Sylvestre. « J’ai voulu quitter les scouts et quand j’ai pu enfin en partir, je me suis adossé et écroulé le long du mur. » Ses parents s’en étonnent et Stéphane parle enfin : « “Un homme m’a caressé ; il a mis sa main dans mon short.” Heureusement, mes parents m’ont cru aussitôt et ça m’a beaucoup aidé. A l’époque, j’avais l’impression d’être la seule victime. » Quand on est abusé, « on est un pantin dans un corps qui ne nous appartient plus », dit-il, la gorge serrée.

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