bonne idée ! le retour de la bête menace ....

Publié par jl06 le 14.05.2021
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De « Marvin ou la belle éducation » à « Footballeur et homo », soirée spéciale homophobie sur France 2 soirée spéciale homophobie france 2  Mobilisé aux côtés de TÊTU dans le cadre de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie le 17 mai, France Télévisions diffuse ce mercredi soir sur France 2 deux films puis un documentaire sur le sujetPréparez le pop-corn, et surtout les mouchoirs.

Trois pour le prix d'un. A l'approche du 17 mai, Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, France Télévisions organise ce mercredi 12 mai une soirée spéciale sur ce thème.

Au programme de la première partie de soirée, à partir de 21h05, France 2 diffuse le téléfilm Baisers cachés, réalisé par Didier Bivel. Prix de la critique en 2016 au Festival des créations télévisuelles de Luchon, ce long-métrage raconte l'histoire de Nathan (Bérenger Anceaux), jeune gay de 16 ans outé contre son gré au lycée où il éprouve un crush pour Louis (Jules Houplain), et qui doit affronter l'homophobie de son père, incarné par Patrick Timsit.

Finnegan Oldfield like Edouard Louis

En deuxième partie de soirée, France 2 diffuse ensuite à 22h35 le film inédit Marvin ou la belle éducation, réalisé par Anne Fontaine avec Isabelle Huppert d'après le premier roman d'Edouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule. L'histoire aussi d'un garçon, Martin Clément (Finnegan Oldfield), qui fuit son village (ici des Vosges), l'homophobie, l'impossibilité d'exister. A ne pas manquer en replay sur france.tv.

Enfin, la soirée spéciale se clôturera à 0h30 par la diffusion du documentaire Footballeur et homo, au cœur du tabouréalisé par Yoann Lemaire et Michel Royer, sur l'homophobie dans le sport roi en France. Yoann Lemaire, seul footballeur en activité à avoir déclaré son homosexualité, est la figure de proue du film.

Crédits photos : Jean-Philippe Baltel / Pro-Fun et Carole Bethuel

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« Thérapies de conversion » : le gouvernement annonce une circulaire, les militants écœurés  Interrogée sur son soutien à la proposition de loi pour interdire les "thérapies de conversion" des personnes LGBT, la ministre en charge de l'Égalité a annoncé une circulaire. Un procédé "inexplicable", protestent les militants concernés.

Décidément, l'exécutif a du mal avec le sujet des "thérapies de conversion". Ce mardi 11 mai, la ministre en charge de l'Égalité a été interpellée sur le sujet à l'Assemblée. La députée LREM Laurence Vanceneubrock, qui porte le dossier, a demandé l'appui de l'exécutif pour interdire ces pratiques qualifiées par l'ONU de torture. En réponse, Elisabeth Moreno a assuré que "ces pratiques sont (déjà, ndlr) strictement interdites dans notre pays".

"Les victimes peuvent donc porter plainte et se faire accompagner. Notre Code pénal condamne les délits d'abus de faiblesse ou de harcèlement, les délits de discrimination, les propos homophobes ainsi que les violences volontaires. Le code de la Santé publique interdit le recours à l'exercices illégal de la médecine pour tous les prétendants médecins qui veulent 'soigner' l'homosexualité", a énuméré Élisabeth Moreno au micro de l'Assemblée. Et d'annoncer que le ministère de la Justice doit publier "très prochainement" une circulaire visant à "rappeler le droit existant".

Des militant écœurés

Les militants ont lu dans ces propos un abandon du soutien de l'exécutif à la proposition de loi sur la table. "Selon le ministère de la justice et Elisabeth Moreno, l'arsenal législatif interdirait déjà les 'thérapies de conversion' alors que ces dernières n'ont fait que progresser sur notre territoire. Cette réponse inexplicable ne respecte ni la réalité, ni les victimes, ni le travail de Laurence Vanceunebrock !", regrette Benoît Berthe Siward, à l'origine du collectif Rien à guérir.

"Se cacher derrière un 'arsenal législatif', c'est bien, interdire clairement les 'thérapies de conversion' comme le demandent Laurence Vanceunebrock et Rien à guérir, c'est mieux", a pointé SOS homophobie. Sébastien Tüller, en charge des sujets LGBTI au sein d'Amnesty International, a rappelé que le plan national d'action du gouvernement appelle à... "adopter des dispositions adaptées pour lutter contre les thérapies dites de 'conversion' et de les sanctionner""Une simple circulaire visant à rappeler l'arsenal législatif existant n'est pas suffisant", déplore-t-il.

Hasard du calendrier, ce même jour au Royaume-Uni, la reine Elisabeth lisait comme l'exige la tradition le discours d'ouverture de la session parlementaire au sein de la Chambre des Lords du palais de Westminster. Parmi les urgences du gouvernement britannique qu'elle a détaillées, la reine a cité un projet d'interdiction des "thérapies de conversion" qui devrait entrer en vigueur en Angleterre et au Pays de Galles. Cette interdiction était déjà annoncée, mais le fait qu'elle soit annoncée comme une priorité par la reine lui confère un poids politique plus important.

"Rappeler le droit existant en attendant la loi"

À l'inverse, en France, le gouvernement multiplie les déclarations contradictoires sur le sujet. La prédécésseure d'Elisabeth Moreno, Marlène Schiappa, avait un temps annoncé que l'interdiction serait intégré au projet de loi dite "séparatisme". Elle n'avait toutefois pas consulté la député qui porte le sujet depuis des années.

"Globalement, j'ai l'impression qu'on va disloquer le texte, en prendre de petites parties qui intéressent la communication de Marlène Schiappa et le reste va disparaître. Je maintiens l'idée que ce texte doit être discuté rapidement pour que ce soit voté et promulgué avant 2022"disait mi-octobre la députée de l'Allier à TÊTU.

Contacté par TÊTU, le ministère de l'Égalité maintient que cette circulaire ne vise pas à remplacer la proposition de loi de Laurence Vanceunebrock. "Cette circulaire vise à rappeler le droit existant en attendant que cette proposition de loi aboutisse", nous assure-t-on. Reste que le calendrier parlementaire est déjà bien rempli jusqu'en 2022…

Crédit photo : Capture d'écran Assemblée Nationale

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 Bienvenue en Tchétchénie » sur Arte.tv : « L’un des chapitres les plus sombres de l’histoire queer contemporaine »   Disponible dès ce mardi 11 mai sur le site Arte.tv, le long-métrage Bienvenue en Tchétchénie est une immersion glaçante dans le quotidien d'un réseau d'activistes venant en aide aux personnes LGBTQI+ de cette région russe tant redoutée.

Couronné de critiques dithyrambiques depuis sa projection au festival Sundance l'an passé, Bienvenue en Tchétchénie est enfin disponible en France sur le site Arte.tv. Derrière ce titre faussement accueillant, le documentaire braque ses caméras sur les persécutions de masse dont sont victimes les personnes homosexuelles sur le sol tchétchène (sud-ouest de la fédération de Russie). Une plongée bouleversante à échelle humaine dans la vie d'un groupe de réfugié·e·s, mais aussi des vaillant·e·s activistes russes qui les aident à s'exfiltrer hors d'un pays qui les exterminent. TÊTU a pu discuter de ce film immanquable avec son réalisateur, David France.

Quel a été le déclic qui vous a poussé à travailler sur Bienvenue en Tchétchénie ?

Je me rappelle avoir entendu parler de ce qui se passait là-bas en avril 2019. Un reporter d'un journal indépendant à Moscou a sorti l'histoire en citant bon nombre de survivants. Ça a suscité de la colère chez des leaders politiques à travers le monde. Chez certains, pas tous. Mon pays [les États-Unis, ndlr] a été silencieux pendant un moment au tout début. Mais je m'y suis pas vraiment intéressé avant un article du New Yorker focalisé sur le travail des activistes qui aidaient ces gens à s'échapper de leur pays. Ça m'a rappelé ce qui est arrivé en Europe sous le régime nazi. J'ai été choqué de réaliser que ce genre de bravoure était encore nécessaire aujourd'hui. C'est pour ça que j'ai commencé à travailler sur le film : pour exposer les risques que ces activistes prennent au quotidien.

 

Comment êtes-vous entré en contact avec les activistes tchétchènes ? 

J'ai contacté Masha Gessen qui a écrit l'article du New Yorker. C'est un·e journaliste exilé·e réputé·e que je connais depuis près de vingt ans car on évolue dans le même milieu. Je l'ai appelé·e pour lui parler du projet et iel a trouvé que c'était une bonne idée. On s'est réunis lors d'un appel via Zoom avec les activistes pour en discuter davantage. Ils étaient très partants mais n'étaient pas convaincus qu'on puisse mettre tout en place de façon sécurisée, surtout dans les refuges. J'ai alors voyagé jusqu'à Moscou peu de temps après.

Avez-vous fait face à des difficultés ou des limites durant le tournage du documentaire ?

Je ne me suis jamais fixé de limite. Il y a bien eu des moments où les activistes nous disaient d'arrêter de filmer quand on faisait face à des situations dangereuses. Mais tout ce qu'on faisait était très, très risqué de toute manière. Pour ce qui est de la sécurité de mon équipe et moi-même, on travaillait étroitement avec deux entreprises britanniques qui nous conseillaient. On en avait une troisième, aux États-Unis, qui nous conseillait également afin que les images que nous enregistrions ne puisse pas être accessibles par n'importe qui.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur ce projet ?

L'article de Masha est sorti en juillet 2017 et je commençais à filmer en août, donc c'était très rapide. Je suis parti à Moscou pour le week-end et suis finalement resté pendant un mois à filmer ce qui était en train de se dérouler. J'ai ensuite continué à filmer au sein du réseau pendant dix-huit mois au total. Il aura ensuite fallu une année supplémentaire pour monter le film, puis réaliser la post-production afin de garantir l'anonymat des personnes que l'on voit à l'écran.

"J'ai contacté des activistes afin de leur demander s'ils accepteraient de devenir des boucliers humains pour préserver l'identité de personnes en réel danger de mort"

Sur ce point-là, le documentaire fait appel à une technologie avancée pour protéger l'identité des personnes devant la caméra tout en préservant des réactions humaines et spontanées. 

Cette technique n'existait pas avant ça. Certains films hollywoodiens y avaient eu recours, mais seulement de temps en temps. C'est un travail laborieux qui se fait plan par plan et c'était impossible pour nous d'envisager ça. On a alors réalisé qu'on pouvait utiliser une intelligence artificielle pour faire le boulot : il fallait utiliser le visage d'une autre personne et le coller avec un algorithme, pixel par pixel, sur celui d'une personne présente dans le film. Une fois qu'on avait calé la méthode, j'ai contacté des activistes new-yorkais, pour la plupart queers, afin de leur demander s'ils accepteraient de devenir des boucliers humains pour préserver l'identité de personnes en réel danger de mort. Une fois sélectionnés, ils sont venus pour des sessions de captures de données où on les filmait sous tous les angles possibles. Il n'y a pas de jeu d'acteur, on a simplement créé des données pour que l'algorithme en fasse usage.

En tant qu'individu LGBTQI+, c'est difficile de voir de telles atrocités à l'écran et j'imagine que c'est encore plus dur d'y assister en personne. Comment avez-vous appréhendé ce tournage dans son ensemble ?

J'étais évidemment furieux. Mais je savais que j'avais un but et que j'avais le potentiel d'exposer ces crimes et ces individus. Le fait que j'agisse m'a donné le courage d'assister à tout ça, même si ça n'était jamais facile. Bien entendu, ces crimes n'ont pas cessé. Mais depuis sa sortie, le film a poussé le gouvernement américain, l'Union européenne, le Royaume-Uni à sanctionner le gouvernement tchétchène ainsi que le gouvernement russe. Tout ceci résulte de notre film. Quand tu entends parler de ces atrocités, la pire chose est de se sentir impuissant. Je sais que je ne me sentais absolument pas impuissant pour ma part : On voulait impliquer le public. On voulait que le public se fasse entendre et demander à ce que ces injustices cessent.

Il y a des moments très difficiles à regarder durant le documentaire, comme quand un des réfugiés tente de mettre fin à ses jours. Comment réagir dans de telles situations ?

Au fur et à mesure du film, je me rappelais que j'étais bon à une chose : réaliser un documentaire. Quand ce jeune homme a tenté de se suicider, je n'étais pas dans une position où je pouvais apporter quoi que ce soit. Dans ce que je considère comme l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire queer contemporaine, je voyais constamment de l'amour. Je voyais constamment cette communauté unique, composée d'étrangers qui se soutiennent avec un amour incroyable. C'est ce que j'ai vu quand ce garçon s'est taillé les veines : l'amour que les gens lui portaient.

Êtes-vous encore en contact avec les différents activistes que l'on voit dans le documentaire ?

Oh, oui ! Maxim et Bodgan font partie de mes meilleurs amis. J'adore ces types. Je les admire profondément.

Comment retrouver une vie normale après avoir été témoin de tout ce que vous avez pu voir pour les besoins de ce documentaire ?

C'est une question intéressante. Ce fut un retour difficile à la normale, rendu d'autant plus compliqué par la pandémie. On était en pleine promo pour le film, on s'était même rendus à la Berlinale. Et là, tout à coup, on nous renvoie chacun chez soi. Ce n'est qu'à ce moment-là que toute l'équipe s'est rendu compte de l'impact de ce traumatisme dans nos vies, en plus de ces premiers mois terrifiants de Covid. En fait, on a commencé à suivre des thérapies de groupe hebdomadaires tous ensemble. On parlait du poids que représentaient toutes ces histoires et la responsabilité de ces vies qu'on aide à protéger, les secrets qu'on garde… Avoir ainsi été séparés les uns des autres a été très traumatisant et ces blessures n'ont pas fini de guérir.

Bienvenue en Tchétchénie, disponible sur arte.tv, prochaine diffusion sur Arte le 18 mai

Crédit photos : Public Square Films