C'est quelque chose d'étrange l'amour...

Publié par Unan le 29.01.2012
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(Dans un mois j’ai 20 ans [4])


L’amour, toujours l’amour….. C’est quelque chose d’étrange, l’amour…Voir d’étranger à soi. Ça vous cueille, ça s’insinue. C’est enraciné alors que vous le l’aviez pas vu venir. C’est posé là, doucement, sans un mot, en sourdine, dans votre cœur, à attendre pour se révéler. Ca prend poussière ces choses là. Ça se ternit si l’on ne les remarque pas. Non pas parce que vous n’en prenez pas soin, simplement parce que vous ne l’avez pas vu se déposer, prendre racine et se déployer. Votre regard est ailleurs. Incertain. Vague. A attendre quelque chose qui n’arrive pas. Toujours pointé vers l’horizon. Alors que sous votre nez, tout est là. Et puis il suffit d’une phrase, d’une intention, d’un geste, d’une lumière, d’un matin, d’une soirée, d’un sourire, d’une réflexion pleine de sens et de non dits. Vous ne comprenez pas tout d’abord. Il y a quelque chose d’inconscient qui résonne. Mais le muscle-séculaire s’affole. Le lien inexorable est fait, est là. Vous n’y échappez pas. Vous ne pouvez vous en dépêtrer. Il va vous lier. Il va vous nouer. A l’autre et à vous-même. Changer la vision de votre tout. Modifier votre perception du temps. Plomber ou rendre folles quelques secondes d’heures monocordes. C’est quelque chose d’étrange l’amour.

Mon amour je l’ai croisé sur un champ de bataille. Je Devais être fourbu, las, un peu dans ma roue. Comme chaque matin je poussais la porte du QG. Prêt à recevoir des ordres. A me contredire. A apprendre et m’essouffler. Comme chaque matin nos regards se sont croisaient en sourire. Quelques blagues, une tendre accolade. Il est Doux. Etrange parfois. Nous combattons la même chose, engager dans le même combat, mais très certainement pas du même coté du front. C’est comme toute organisation. Certains, certaines servent quelque chose, d’autres servent à quelque chose. Je ne sais de quelle catégorie je fais partie. A un moment, lors de cette journée, quelque chose Dans ce qu’il a dit, dans ses mots à trembler à mon oreille, quelque chose d’incertain et de sur. Une évidence. Et j’ai su alors que rien ne serait pareil à hier. Je ne pouvais pas faire semblant. A moi soldat, il m’invitait à me poser, à prendre repos, à ne pas m’inquiéter. De Véronique je garde une nuit sur son épaule. J’y suis encore. Je suis Goliath. Il est plus fort que moi.

C’est étrange l’amour. Ça prend racine, ça s’insinue et ça se repli. Mais on ne sait jamais jusqu’ou elles ont pu pénétrer ces racines. Et quand l’être aimé disparait, quand soudain il vous est enlevé, c’est comme ses plantes que l’on arrache de terre, sans aucune précaution, ça vous laisse un trou béant dans la poitrine. Cathy si forte, Cathy mon phare, Cathy ma mémoire. J’ai eu 20 ans pour apprivoiser un corps étranger à mon humeur. Pourquoi n’a-t-elle pas eu ce temps ?  En 3 mois, les crabes la rongent. De toutes parts. Sans aucun espoir de rémission. Deux ans après, j’ai encore l’odeur de sa peau sur ma bouche, quand je lui ai dit au revoir en lui embrassant le front. Petit corps malingre dans cette blancheur insupportable, qui comme du sable disparait petit à petit. Nous savions que nous ne nous reverrions pas. Nous nous sommes dit ce que nous avions à nous dire. En un mot. En un verbe…….En refermant la porte de sa chambre ma joue s’est collée sur le bois froid de la porte et j’ai pleuré. Longtemps. Mais toute l’eau ne suffit pas à remplir le puits sans fond que les départs laissent. Il pleut toujours. Je pleurs encore. Le trou est toujours là. Un des rares témoins de ce qu’a été mon combat s’éteint. Personne ne saura.

Doucement, mon bateau part à la dévire...Je viens d’avoir 18 ans.

http://www.youtube.com/watch?v=uiCRZLr9oRw

Commentaires

Portrait de nathalie11

juste ça émue

Nath

Portrait de RAINBOW75

Que de souvenirs récents pour moi alors que te dire à part "merci" pour tes mots...

Mes plus belles pensées pour toi.

J'y ajoute plein de baisers et d'énormes câlins.

G.