Chemsex !

Publié par jl06 le 08.09.2019
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Buzzfeed UK dévoile une enquête effrayante sur le GBL / GHB rapport au sexe stratégies de prévention BuzzFeed UK, en collaboration avec la chaîne télévisée britannique, Dispatched, a mené une longue enquête sur l’utilisation de ce solvant industriel détourné en drogue récréative, dans le milieu gay en Angleterre.

“T’as pas du G ?”. Une question devenue bien trop commune dans les soirées techno en Europe. Le GBL (gamma-butyrolactone) est une drogue peu connue malgré son apparition dans les années 1990. Elle est très proche de la composition du GHB, aussi appelé “drogue du violeur”. Une fois le GBL ingéré, l’organisme le traite d’ailleurs comme du GHB. Détournée à des fins récréatives désormais, son usage originel de solvant industriel est utilisé pour nettoyer les jantes de voitures, notamment. 

Quelques gouttes diluées dans une boisson suffisent pour que la personne ressente un sentiment d’euphorie, de désinhibition, de bien-être et une intensification des perceptions et des sens. Néanmoins, la moitié d’un millilitre de trop et vous pouvez tomber dans le coma en quelques minutes et, bien souvent, il vous sera fatal. 

BuzzFeed UK, en collaboration avec l’émission britannique Dispatches a enquêté sur le phénomène du GBL et l’ampleur que prend l’usage de cette drogue, notamment auprès de la communauté homosexuelle. Il s’agit de la plus grande étude réalisée sur l’utilisation du GBL et 5000 personnes ont été questionnées à ce sujet dont 2700 hommes gays ou bis. 

“C’est comme être mort, mais on marche quand même”

La raison la plus invoquée par ceux ayant été interrogés est “pour que le sexe soit meilleur”. Pourtant, 28% des personnes questionnées par BuzzFeed UK racontent avoir été agressées sexuellement, s’être réveillées alors qu’une personne était en eux, ou violées alors qu’elles étaient inconscientes. Plus d’un tiers de ces personnes agressées avaient en dessous de 25 ans et ne se trouvaient pas forcément dans des lieux privés ; mais surtout dans des saunas. Selon BuzzFeed, 37% d’entre elles se trouvaient dans des lieux où d’autres personnes erraient. 

Je connais quelqu’un qui était mort sur le canapé lors d’une partouze”, a raconté l’un des individus interviewés par BuzzFeed UK “La fête a duré plus d’une journée et personne n’a pris la peine de le surveiller. Il était mort depuis deux jours après une overdose de G… Les gens disent que c’est comme être saoul. C’est pas le cas. C’est comme être mort, mais on marche quand même.

Plus du quart des utilisateurs de G qui ont participé à l’étude ont déclaré connaître une personne décédée des suites d’une overdose. Environs 1919 décès ont été rapportés dans l’enquête.

Une drogue “très sous-estimée”

Plusieurs participants s’étant sortis de leur addiction au GBL racontent comment cette drogue “détruit la vie de jeunes hommes gays”. L’un d’entre eux explique que la drogue l’a mené à changer complètement de comportement : “Cela a ruiné ma relation de quatre ans et a entraîné une perte de mon emploi après 3 à 4 jours à rester éveillé. Je me suis également énormément endetté auprès de sites de prêts”. Sans argent, célibataire et sans emploi, il est alors devenu escort. “J’ai ensuite utilisé le GHB pour faire escort”. Abstinent depuis deux mois désormais, il prévient que le GHB est une drogue “très sous-estimée”.

Un autre, a aidé son partenaire à se désintoxiquer de G. “Pendant la première semaine, il ne pouvait pas dormir. Il tremblait, transpirait, souffrait d’une anxiété terrible et d’une dépression qui a duré au moins huit semaines. Il avait du mal à contrôler ses selles et à quelques reprises, il s’est sali”, explique t-il. “L’année dernière, à un moment donné, je me connectais tous les jours sur Facebook et des amis d’amis partageaient des images et les condoléances de jeunes victimes de cette drogue”, en raconte un troisième.

Une drogue bien connue en France

Dans l’Hexagone, les dangers du chemsex sont étrangement peu documentés mais les pratiques sont bien là comme le prouvent les chiffres. Le centre d’addictovigilance de Paris a récemment analysé tous les cas de chemsex recensés dans des bases de données entre janvier 2008 et août 2018. 235 cas dont 24 ont été mortels. Les sujets sont des hommes de 28 à 50 ans.

Des groupes de soutien et associations d’aide sont présents partout en France. L’association AIDES possède 75 lieux d’accueil en France et dans les DOM-TOM et propose des groupes d’auto-support et de réduction des risques à destination des gays usagers de drogues.

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