Ego or not ego

Publié par Rimbaud le 31.08.2017
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Les quarante dernières années, j’ai appris à (pour reprendre Les Nourritures terrestres de Gide) « m’intéresser à moi-même puis à tout le reste plus qu’à moi-même ». Jusqu’à la disparition du Moi, de l’ego qui ne se trouvait plus qu’enrichi par l’ouverture aux autres individus, aux autres pays, aux autres cultures. L’ancrage du virus a – pour un temps j’espère – détruit ce processus. Tout ne fait que me ramener à mon état : les médecins, les cachets, la fatigue, la recherche d’informations, le manque de connaissances… Je suis devenu l’objet de mon étude et j’en sais le danger principal : la stérilité humaine. La stagnation. L’assèchement. Bien sûr, rien n’a disparu, rien ne s’est envolé : les voix entendues, les corps éprouvés, les sentiments partagés, les paysages contemplés, les kilomètres parcourus, tout demeure intact, là, présent, à disposition, mais la dynamique de la vie semble avortée. En pause. Comme une obligation de me recentrer. On dit « se ressaisir ». Se saisir. Ne pas échapper à soi-même. Ne pas devenir l’étranger. Ne pas perdre de vue qui nous sommes car l’identité est composite, en mouvement et ce nouveau paramètre, sans en changer la nature, modifie mon fonctionnement. On ne peut, me semble-t-il, être juste avec le monde si l’on n’est pas en harmonie avec soi-même. Je prends donc le temps de l’observation. Ce n’est pas un « reset usine ». C’est remettre de l’ordre dans le chaos après que la grande tempête a soufflé. J’observe ce qui a tremblé, ce qui est tombé, ce qui est encore constructible, ce qui demeure debout, ce qui a été déplacé, ce qui a été masqué… et j’avance à mon rythme dans la recherche d’une sécurité peut-être illusoire. 

Commentaires

Portrait de Cmoi

Tu vas découvrir sur toi des choses jusque là ignorées, et ton regard sur les autres va s'en trouver changé.

Se recentrer sur soi est aussi une introspection dans les tréfonds de son être, et de nouveaux potentiels vont s'ouvrir à toi. Les kilomètres, tu vas peut-être désormais les parcourir autrement.

Tu vas également apprendre à aimer ton corps, à le respecter enfin. C'est en tout cas ce qui m'est arrivé et ce n'est pas si ancien que ça.

Carcasse

On n'y peut rien les années passent

Sur toi le temps laisse des traces

Et je sens que je change aussi

Avance

Ton arme à toi c'est l'espérance

À chaque jour qui recommence

On recommence notre vie

Carcasse

Depuis longtemps quoi qu'on y fasse

Et jusqu'à ce qu'on se défasse

Tu restes ma meilleure amie 

Portrait de hellow

l'égo c'est le je essentiel pour la construction des enfants, mais profondément superficiel et destructeur pour les adultes

Portrait de Cmoi

L'ego n'a effectivement que peu d'intérêt à l'âge adulte, puisque la perception que l'on a de soi est souvent complètement erronée. Même si s'en débarrasser n'est pas simple. Mais à force de ne se tourner que vers les autres comme le faisait Rimbaud, on finit par se mettre soi même "hors jeu". La compassion c'est bien, mais également envers soi. 

Portrait de Rimbaud

Moi qui suis quasi né désiquilibré, j'ai toujours cherché l'équilibre (sans y parvenir car c'est si fragile)... ce serait formidable Cmoi si ce que tu dis pouvait m'arriver : respecter son corps, en prendre soin... Je ne travaille que là-dessus depuis le vih, c'est tout nouveau... 

Hellow a raison je pense mais tout dépend de ce rapport à l'enfance. Si l'enfance n'a pas eu lieu "normalement", si la construction a été compliquée alors l'ego demeure... 

tout ça m'aide beaucoup, vous n'avez pas idée.

Portrait de hellow

mais je parlais de LEGO le célèbre jeu de construction des enfants

Portrait de Rimbaud

LaughingLaughingLaughing

Portrait de Sealiah

Je n'aurais de cesse de chercher mon enfance.Une enfance insouciante,faites de jeux et d'apprentissages?.Mon enfance nomade a des répercutions dans ma vie d'adulte.

Je te souhaites de trouver cet équilibre.Quelle âge ont tes victimes?Être enseignant, mais pour quel enseignement?

Ton nouveau statut te commande.Quoi?