Folles vacances et retour de transhumance (Episode 4)

Publié par Jhparis le 25.09.2008
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Une nouveauté toutefois cette année et je pense directement liée à ma séroconversion, l’attente de plaire davantage ou tout du moins une sensibilité accrue et satisfaisante de sentir le désir d’un autre qui vous mate à la plage ou dans la rue. Je dois penser inconsciemment que le fait d’être séropo me rend moins désirable, mésestime de soi inconsciente mais dont je me rends compte certainement quand je me satisfais de me faire mater ou de sentir dans la pupille du quidam ce signe qui vous dit qu’il n’aurait rien contre un tripotage de nouille mutuel. J’étais donc très content de voir des vieux, des jeunes, beaux ou moins aidés par la nature, porter un regard interrogateur, joueur ou carrément lubrique sur ma personne, satisfaction de l’ego mais dont je devais avoir besoin certainement.

Ces vacances ce sont donc écoulées paisiblement et ont rempli leur rôle, revenu sur le pavé parisien les batteries rechargées regrettant que notre société ne permette pas l’oisiveté complète et suppose, hormis gain à l’Euromillion, héritage familial conséquent ou roublardises spéculatives devoir retourner travailler pour gagner ma pitance.

Je devais retourner occuper cet emploi qui donne pour bcp non seulement les moyens de subsistance mais également une condition social et pour certains la seule occupation cohérente à une vie sans autres occupations, ce qui n’est pas mon cas.

 

 

Objectivement, au regard de l’espérance de vie d’un patient VIH, de l’état actuel de la médecine nonobstant les prodigieuses avancées effectuées autant que de l’évolution de notre pacte social qui s’éloigne de l’état providence aussi surement que l’UMP aime les 35heures, je ne profiterai pas de cette retraite, graal du travailleur, seule carotte du salarié qui lui fait tenir sa seconde partie de sa vie active, la première consistant à croire qu’elle est essentielle à sa vie tout court.

 

 

Je suis donc retourné au travail en me disant, mais je le savais déjà, ce n’est pas le plus important dans la vie, mais avec cette fois l’envie réelle d’être déjà à la retraite sans aucune crainte quant à ma faculté à l’occuper pleinement. Je m’efforçais à adopter la tête de dépit du veau qui arrive à l’abattoir, j’y suis arrivé la première journée mais ma nature complaisante est revenue au galop. Je vous laisse donc, j’ai du travail, mais j’attends déjà impatiemment mes prochaines vacances. Putain de salarié, même pas fonctionnaire en plus ! Travailler moins pour vivre plus !!!(L'intégrale de mes "Folles vacances et retour de transhumance (4 Episodes)" sur mon blog http://www.seronet.info/blogs/jhparis)

Commentaires

Portrait de LURON

J'avais lu tes billets d'août et rien commenté dans l'attente de voir si tu reviendrais sur le site.

Il est habituel de dire que l'annonce de l'infection est moralement dévastatrice. C'est en tout cas ce que j'ai vécu.

Contrairement à ce que je craignais, l'attitude de mon ami n'a pas changé je suis toujours socialement bien inséré et n'entretiens pas d'appréhension extraordinaire.

En fait tu as compris que je voulais te dire de t'aider toi même ; peut être de rester prudent dans tes confidences ; et le ciel t'aidera.

Si on peut quelque chose pour toi ne négliges pas de faire signe.