le bonheur de mémoire

Publié par Ferdy le 11.11.2011
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enfin un jour chômé et laïc,

personnellement, tout pacifiste et anti-militariste que je sois, il me paraît utile de célébrer cette boucherie épouvantable dont l'issue, en 1918 est aussi joyeuse qu'une plaie béante ; tant de civils massacrés, ou d'anciens esclaves promus à la colonisation afin de servir de chair à canons, sans autre gratitude qu'un nom parfois gravé sur un monument municipal ;

une occasion pour réfléchir à l'absurdité des guerres ? ou redynamiser le substrat nationaliste nostalgique des conflits armés ? 

je ne m'engagerai par sur ces territoires, et l'expression "devoir de mémoire", tellement galvaudée, sonne comme une injonction coupable qui m'exaspère,

le bonheur de mémoire me permet d'associer une chance qui m'a été donnée afin de ne pas pouvoir oublier, jusqu'à des événements que je suis bien loin d'avoir pu connaître, et cela s'appelle l'histoire, la culture, les connaissances générales ou les sciences humaines, qui paraissent à Nicolas Sarkozy totalement inutiles et superfétatoires pour de simples guichetières de la fonction publique, lui dont le bagage culturel avant d'accéder à l'Elysée et aux cours particuliers de Carla se limitait à quelques éclats de rire devant louis de Funès et aux bonnes blagues de Claude Guéant ou de Brice Hortefeux, ou encore de son ami Bigard.

le bonheur de mémoire, c'est tenter de pouvoir se réjouir de la transmission d'une histoire, bien au-delà des générations, et de s'enthousiasmer qu'en dépit de ces sentiments belliqueux exacerbés, l'humanité soit parvenue à se développer, à conquérir des connaissances qui lui ont permis d'aller marcher sur la lune ou de polluer les océans, dans la même intrépide insouciance qu'un jeune poulain à peine débourré.

la chance, c'est d'être le témoin d'un instant qui ne reviendra jamais à l'identique, et que personne d'autre que nous n'aura éprouvé pareillement.

j'avais regardé sur arte, il y a deux ou trois semaines, un documentaire assez remarquable consacré à l'ADN, comme pour en finir une fois pour toutes avec la xénophobie.

ce petit peuple migrant, issu d'un berceau africain, homo sapiens partait conquérir la planète néanderthalienne, sans autres armes que quelques sylex taillés, et beaucoup de curiosité !

en même temps, je repense à cette citation d'un auteur dont j'oublie le nom : l'humanité n'aurait jamais dû s'aventurer au-delà de Néanderthal, 

notre espèce est parvenue à se redresser, marcher sur deux pattes, développer un cerveau d'une rare complexité, se reproduire assez généreusement, et nous préparer le terrain,

je concède qu'il y aurait là une certaine absurdité à vouloir célébrer la victoire d'homo sapiens sur néanderthal, et pourquoi pas une journée offerte en hommage aux premiers protozoaires,

après tout, je crois que l'homme ne descend pas du singe mais de l'éponge, c'est une des espèces les plus anciennes, évidemment sur un arbre généalogique c'est un peu moins prestigieux qu'un primate apprivoisé, mais sur le plan symbolique il profiterait utilement à reconsidérer les besognes ménagères, notamment comme la vaisselle, sous l'angle plus valorisant d'une collaboration inter-générationnelle fructueuse et souriante. 

Commentaires

Portrait de Ferdy

ce docu a été diffusé sur arte le 18/10/11, voici ce qu'en disait leur site:

"Comment, grâce à la génétique, les chercheurs ont pu remonter le fil de l'histoire de l'humanité jusqu'à son origine. Une fabuleuse épopée scientifique doublée d'une réflexion stimulante sur le genre humain.

 

Couleur de peau, forme du visage, taille... : nos différences physiques sautent aux yeux. Pourtant, la science a prouvé que deux individus pris au hasard sur la planète présentent un matériel génétique identique à 99,9 %. Si on compare l'homme à la levure, on observe cette fois 30 à 40 % de similitudes entre les génomes. Qui aurait cru que nous étions si proches, génétiquement parlant, d'un banal champignon ? Comme le rappellent les scientifiques, l'explication réside dans l'apparition, il y a près de quatre milliards d'années, de notre ancêtre commun : le premier organisme vivant né dans l'eau des océans. À partir d'études comparatives sur l'ADN, les chercheurs peuvent désormais déterminer à quel moment a eu lieu la divergence entre deux espèces. Mais surtout, ils sont en mesure de retracer, avec une précision impressionnante, l'histoire de l'humanité. Ils ont ainsi établi que la population mondiale descend d'un petit groupe de 10 000 individus, contenant toute la diversité génétique actuelle. Ce groupe ancestral, formé il y a 200 000 ans en Afrique, a colonisé kilomètre par kilomètre l'Asie et l'Europe - où contrairement à ce qu'on pensait, il s'est mélangé avec Neandertal -, puis le reste de la planète et les corps se sont peu à peu différenciés pour s'adapter aux spécificités, notamment climatiques, des nouveaux territoires occupés.

Tous parents
Franck Guérin et Emmanuel Leconte nous convient à une fascinante exploration de l'ADN, éclairée par les témoignages limpides de généticiens, de paléoanthropologues et d'archéologues de premier plan (Axel Kahn, André Langaney, Pascal Picq...). Le documentaire se penche également sur "l'ironie de l'histoire" qu'a constitué, à la lumière des dernières découvertes scientifiques, l'esclavage du peuple noir, légitimé par l'invention du concept de "race". Mais si la recherche nous apprend que nous sommes tous parents, le généticien des populations Mark Stoneking soutient que "c'est à nous de décider comment on se comporte les uns envers les autres". Une belle manière de rappeler que le respect de la différence devrait pouvoir se passer de justifications scientifiques..."