le cocktail actuel est explosif :

Publié par jl06 le 20.03.2020
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La vie ordinaire est bonne, et nous ne savions pas le voir »

D'après le psychiatre Christophe André, nous sortirons plus sages de cette crise. Son conseil pour la traverser ? Accepter ! Et méditer…
Par Violaine de Montclos - Publié le 20/03/2020 à 11:00 | Le Point.fr

Le psychiatre Christophe Andre est specialise dans le traitement des troubles anxieux et depressifs.

Le psychiatre Christophe André est spécialisé dans le traitement des troubles anxieux et dépressifs. © DR

Ceux qui ont la chance d'avoir dans leur bibliothèque l'un de ses nombreux ouvrages ou dans leur smartphone quelques-unes de ses méditations guidées n'hésiteront sans doute pas à les utiliser durant ces longues journées de confinement. Depuis des années, le psychiatre Christophe André, spécialisé dans le traitement des troubles anxieux et dépressifs, plaide pour de nouvelles approches de soins de la souffrance mentale. La méditation, qu'il a longtemps fait pratiquer à ses patients de l'hôpital Sainte-Anne, en est une.

De sa voix toujours douce et posée, depuis sa maison bretonne où il s'est évidemment lui aussi reclus en famille, il nous prodigue quelques conseils pour traverser au mieux cette crise inédite, et même, pourquoi pas, en tirer collectivement bénéfice. Nul ne sait de quoi demain sera fait. Sans doute est-ce le moment idéal de se reconnecter à l'« instant présent », de goûter à cet art de se sentir vivant qu'est la méditation de pleine conscience.

Le Point : Quels sont vos conseils pour ne pas céder à la panique ?
Christophe André : Presque tous les malades du coronavirus, d'après les chiffres actuels, s'en sortent. Mais tout est dans le « presque » : ce n'est pas un détail pour ceux qui en feront partie… Et pour les grands paniqueurs, le cocktail actuel est explosif : nous sommes isolés, nous avons un accès difficile aux soignants, nous sommes à l'affût des moindres signes de début de maladie, de fièvre ou d'essoufflement, et notre seule possibilité d'agir consiste à respecter les consignes d'isolement et de gestes barrières. Comparons cela au type même de la situation angoissante : une série de violents trous d'air en avion. On ignore combien de temps cela va durer, on sait qu'il y a un pourcentage très important de chances que l'avion s'en sorte, mais on n'a aucune prise, aucune marge de manœuvre. Dans l'avion qui décroche, quelle est la meilleure attitude ? Se crisper, crier ? Non, mieux vaut évidemment se laisser aller aux secousses, les accepter en fermant les yeux, en respirant, en se relâchant au maximum…
 
Accepter, donc. Mais est-ce le moment de se mettre à la méditation ?
Il y a dans nos émotions actuelles à la fois de la peur face à un danger bien réel qui touche nos collectivités (« il y a une véritable épidémie »), mais aussi de l'anxiété face à un danger supposé, amplifié pour nous-mêmes ou nos proches (« ça va être un carnage »). Une des nombreuses vertus de la méditation est de nous aider à ne pas laisser les inquiétudes nous emporter à l'opposé de l'instant présent, dans un futur cauchemardé qui ne correspond pas à la réalité. Et la méditation, c'est tout-terrain, cela peut se pratiquer partout et n'importe quand. Mais il s'agit tout de même d'un savoir-faire, ce n'est pas idéal de commencer dans l'urgence, et ceux qui pratiquaient déjà ont, je crois, un grand avantage pour traverser plus sereinement cette crise. Mais on peut tout de même s'y mettre et voir ce que cela donne. Et c'est tout simple… S'asseoir sur une chaise, pieds à plat au sol, dos droit, épaules bien ouvertes. Fermer les yeux. Sourire doucement. Prendre conscience de son souffle. De chaque mouvement respiratoire. Des sensations liées à chaque inspiration, chaque expiration : percevoir le passage de l'air dans le nez et la gorge, les mouvements tranquilles de la poitrine et du ventre, toutes les sensations apparaissant ou disparaissant dans notre corps à l'occasion de chacun de ces mouvements de notre souffle. Rien d'autre. Si notre esprit est happé par des pensées, se referme sur des inquiétudes, on l'accepte, c'est normal, l'esprit fait toujours comme ça, et on revient doucement à la conscience du souffle, 10 fois, 100 fois…
 
Y a-t-il un moment idéal dans la journée pour pratiquer ?
Oui, tôt le matin, on s'y met 5 à 10 minutes, puis on recommence plusieurs fois dans la journée, 1 ou 2 minutes. Au début, ce n'est pas facile, c'est comme de faire un footing quand on n'a pas l'habitude : on se sent vite essoufflé. Et en méditation, on se sent vite dispersé. Puis, avec l'entraînement, essoufflement comme dispersion mentale reculent peu à peu… Les enfants sont de très bons méditants, on peut même essayer de s'y mettre en famille.
 
Quels supports conseillez-vous ?

Il faut se fier aux éditeurs connus pour trouver des livres et des CD. Mais certaines applications, telles que Petit Bambou ou Mind, sont très valables, malgré leur grand défaut d'empêcher la déconnexion !

Vous avez souvent écrit que vos contemporains prenaient peu soin de leur monde intérieur… Cette crise peut-elle nous changer ?
Nous vivons dans une société de l'externalisation : les sources de nos souffrances sont supposées être extérieures à nous-mêmes – c'est la faute de nos parents, de notre passé, de notre gouvernement, des autres…, et leurs solutions aussi – acheter pour se consoler, par exemple. Nous négligeons nos ressources intérieures, comme d'ailleurs les ressources immatérielles – le lien social, la nature, la contemplation. La crise actuelle nous offre un rééquilibrage possible… Et puis, en psychologie positive, on parle d'« habituation hédonique » pour désigner l'accoutumance rapide aux choses positives, au point qu'on les oublie souvent complètement. Prendre une douche chaude, quel bonheur… Mais il faut que la chaudière tombe en panne pour s'en rendre compte. La crise en cours aura certainement cette vertu. Dans nos pays où nous vivons en démocratie, où nous circulons librement, où nous voyons autant que nous le voulons les gens que nous aimons, la vie ordinaire est bonne, et nous ne savions pas le voir… Ce sera une sagesse acquise à coups de marteau, mais une sagesse tout de même !

 

Commentaires

Portrait de Pierre75020

Absolument d'accord avec Christophe André, je pratique la méditation depuis deux ans sur les conseils de Véronique Fleury , médecin à action traitement que je me permets de citer ici.  Elle m' a recommandé Petit bambou et la méthode de Christophe André. Cela m'a demandé de la persévérance pour constater un début d'effet mais j' en suis content surtout par ces temps de confinement, de stress pour ne pas dire d'angoisse.

Portrait de jl06

Perso je suis un peut comme ours en cage , ma solution à moi était la randonnée ...la piscine ,

tout les parkc sont fermées  135eu  , et je comprend , la natation ,pareils , 

il me reste le jardin .... plus une herbe dépasse ....le ménage  2h par jours ,la maison et nickel  !...,la télé boff ...internet bofff , 

la musique oui , pas un grand lecteur ...par contre je râle d,avoir plus ma palette pour peindre ,c,était devenue une folie tout les surfaces y passé ....bon le soleil et la déja , je vois la mer ,mais ne peut plus l,approcher ....

un regret de n,avoir pas continué les cours de yoga ,que j,avez pris a Fréfus  aves les journées d,AIDES ;

bon garder vous bien toutes et tous 

JL06

 

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