L'hypertension artérielle chez le patient séropositif : approche et traitement

Publié par TheophileS le 04.12.2020
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Attention : cet article est purement informatif et ne remplacera pas l'avis de votre médecin.

Introduction

La présence de l'hypertension parmi la population du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est devenue une nouvelle menace pour la santé et le bien-être des personnes vivant avec le VIH, en particulier parmi celles qui suivent une thérapie antirétrovirale (TAR), dont le traitement HAART a eu un impact spectaculaire sur la gestion de l'infection par le VIH.

Cela s'est accompagné de l'apparition de problèmes jusqu'alors non décrits chez ce type de patients, dont beaucoup sont liés à la taaé elle-même. L'effet de l'infection sur l'endothélium et l'association fréquente d'altérations du métabolisme des lipides et des hydrocarbures ont suscité des inquiétudes quant à l'impact que ces altérations pourraient avoir sur la morbidité et la mortalité cardiovasculaires chez les patients infectés par le vih. Outre ces facteurs de risque métaboliques, de plus en plus de preuves ont été apportées ces dernières années quant au rôle que peut jouer une pression artérielle élevée.

L'approche du patient séropositif nécessite l'évaluation du risque cardiovasculaire individuel et sa prise en compte dans la conception individualisée du targa. En outre, les nombreuses interactions médicamenteuses des médicaments antirétroviraux (ARV) sont des éléments clés à prendre en compte.

Prévalence et incidence

L'hypertension artérielle est fréquente dans les populations séropositives, avec des estimations de prévalence allant de 4,7 à 54,4 % dans les pays à revenu élevé, et de 8,7 à 45 % dans les pays à revenu faible et moyen. Le rôle des facteurs spécifiques au vih, notamment la gravité de la maladie, sa durée et les traitements, sur la présence d'hypertension chez les patients séropositifs est signalé, mais les schémas restent flous.

La prise en charge clinique de l'hypertension chez les patients séropositifs est similaire à celle de la population générale ; toutefois, les interactions médicamenteuses possibles entre les antihypertenseurs et les antirétroviraux doivent être examinées en détails.

Quels sont les facteurs de risque à prendre en compte ?

Les maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, l'hypertension, les maladies rénales et osseuses, ainsi que les tumeurs malignes, sont une préoccupation constante au cours de l'évolution de la maladie du vih.

La recherche dans ce domaine continue de se concentrer sur les facteurs de risque associés à ces affections, en identifiant les contributions de l'immunopathologie liée au vih aux maladies spécifiques et collectives des organes et en évaluant les interventions visant à prévenir ou à réduire la morbidité associée à ces affections.

Deux grands groupes sont présentés pour analyse : non modifiables (sexe, âge, ménopause, antécédents familiaux d'événements cardiovasculaires), et modifiables (tabagisme, sédentarité, obésité, diabète, stress et dyslipémie).

Différentes études montrent des résultats favorables lorsqu'il s'agit d'indiquer des changements de comportement ou de mode de vie chez les patients. En ce qui concerne le tabagisme, l'étude de la collecte de données sur les effets secondaires des médicaments anti-VIH a montré que l'arrêt du tabac entraîne une réduction implicite du risque cardiovasculaire et donc de la pathologie coronarienne telle que l'hypertension artérielle.

La présence de dyslipémie, qu'elle soit causée par le virus VIH lui-même, un traitement antirétroviral ou un régime alimentaire inadéquat, est largement démontrée dans la littérature. L'objectif thérapeutique est de réduire le cholestérol total, ainsi que le cholestérol ldl et d'augmenter le cholestérol hdl.11

Lors d'une visite de suivi ou avant de commencer un régime antirétroviral, en plus de demander une charge virale et un compte des CD4, les paramètres de laboratoire suivants doivent être pris en compte :

  • Obtenir un profil lipidique et vérifier trois et six mois après le début du traitement
  • Évaluez au moyen d'un score les facteurs de risque et déterminez dans quel groupe vous vous situez
  • Intervenir sur les facteurs modifiables sans perte de temps
  • Envisager de commencer un traitement avec des médicaments lipidiques ou envisager un changement de régime antirétroviral

Il est très important de se souvenir, lors de la prescription de médicaments lipidiques, des interactions médicamenteuses entre les statines et les inhibiteurs de protéase, l'utilisation de la synvastatine étant contre-indiquée. Les médicaments tels que la rosuvastatine, l'atorvastatine, la niacine et certaines combinaisons de statines et de fibrates doivent être utilisés avec prudence.

L'étravirine, le maraviroc et le raltégravir ont un meilleur impact sur les lipides que les autres arvs, et la lyodystrophie est associée à : l'inflammation, la dyslipémie, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux et les troubles fonctionnels.

Deux facteurs à prendre en compte, d'une grande importance chez les patients atteints du vih, sont : la valeur du cd4 et la charge virale. L'étude sur le houblon (hivOutpatient Study), a montré un risque de 58% de maladies cardiovasculaires chez les patients séropositifs ayant un cd4 inférieur à 350 cellules/mm3 et 28% chez ceux ayant un cd4 compris entre 350 et 499 cellules/mm3 ; par rapport aux patients ayant un cd4 supérieur à 500 cellules/mm3.14

En ce qui concerne le niveau de la charge virale, l'étude de l'Action concertée sur la séroconversion pour aider la S et la mort en Europe (cascade) suggère une association plus importante entre l'arn virale et la mort par accidents cardiovasculaires que le nombre de cd4.

Pour concevoir un traitement antihypertenseur individualisé chez les patients atteints du vih, nous suggérons d'utiliser les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé et de la Société internationale pour l'hypertension (oms-sih) et du Comité national mixte sur la prévention, la détection, l'évaluation et le traitement de l'hypertension.

Traitement

Il n'y a pas de différences majeures entre le traitement d'un patient séropositif et celui de la population générale par le ht ; les causes spécifiques du ht secondaire dans la population séropositive, telles que la résistance acquise aux glycocorticoïdes ou la vascularite des gros vaisseaux, doivent être prises en compte15, car leur incidence est très faible, les recherches systématiques chez tous les patients ne sont pas justifiées. Il est également nécessaire de prendre en considération les cas d'adénocarcinomes et de léiomies surrénales16, ainsi que les causes secondaires plus traditionnelles telles que les maladies rénales vasculaires.

Lorsqu'on commence un traitement antihypertenseur, il est fondamental de réfléchir aux interactions possibles entre des groupes thérapeutiques tels que : les diurétiques, les bêta-bloquants, les antagonistes du calcium et les antagonistes des récepteurs de l'angiostine II, qui sont mis en évidence dans les travaux de Chastain et al.

Le succès du traitement reposera sur deux piliers : le traitement pharmacologique et le traitement non pharmacologique. Il est de la plus haute importance que le médecin explique dans chaque consultation l'importance d'une alimentation saine, de l'exercice physique, de la réduction de la consommation d'alcool et de l'arrêt du tabac.

Ne pas oublier l'auto mesure régulière à l'aide d'appareils de pris de tension artérielle comme les tensiomètres électroniques, qui facilitent la prise de mesure au quotidien pour les patients hypertendus.

L'adhésion au traitement est un autre point où nous devons nous arrêter et expliquer à nos patients, nous devons susciter une prise de conscience et toujours fournir une éducation à la santé.

Le contrôle des comorbidités, la gestion des infections et des facteurs de risque garantiront une amélioration de la qualité de vie de nos patients.

Source : https://www.elsevier.es/es-revista-atencion-familiar-223-articulo-hipertension-arterial-el-paciente-con-S1405887116301171

 

Commentaires

Portrait de jl06

Je suis u  hypertendu depuis + de 20ans ....bien avant d'être séro, l'hypertension se régle parfaitement  , faut être vu par un cardiologue une foi l'an ,qui fait un bilan,

voir des examens ,

pas trop pour avoir sur place un tensiométre électronique , pourquoi , et bien tu passe t'on temps à mesuré ta tension ..se qui provoque encore plus d'angoisse ...la plus par du temps inutile ,du coup il et au fond du placard !

après si tu mêne une vie saine ,  du sport ,du sexe , fini les excés  en tout genre  ....tout cela te régule la tension aux mieux ;

Moi je paye la vie du fou que j'ai mener ....  que je ne regrette PAS , 

Portrait de TheophileS

En effet, cela peut etre une source d'angoisse de toujours prendre sa tension avec un tensiometre à la maison. mais je trouve que ca peut etre bien quand on est déclarer hypertendu pour les premiers mois de voir 'l'évolution de sa tension avec les efforts que l'on peut faire (mieux manger, vie plus saine, sport). Ca donne un bon boost au moral et ca donne envie de continuer. Aprés plusieurs années, je comprends que c'est moins adapté et ca peut faire l'effet inverse. Moi j'en suis pas encore là, je dois réduire ma tension dans un premier temps et le tensiometre chez moi, je trouve que ca me rassure de l'avoir....