Mort, j'appelle de ta rigueur,

Publié par nathan le 26.07.2010
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Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as mon ami ravi,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :

Onc puis n'eus force ni vigueur ;
Mais que te nuisoit-il en vie,
Mort ?

Deux étions et n'avions qu'un coeur ;
S'il est mort, force est que dévie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par coeur,
Mort !

François Villon, Le testament, Rondeau de la Mort, 1461

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Portrait de nathan

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Portrait de nathan

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Portrait de maya

peur éternelle, viscérale qu'on trimballe tous

avec une charge plus ou moins lourde de vécus

croyant, on a une aide solide

non croyant on a juste rien...

c'est cette peur ancestrale qui crée le besoin de croire

 et qui fait la force des religions

la peur d'après, la peur de perdre,

sparadrap sur jambe de bois.

Portrait de nathan

peut-être deux choses différentes. Le premier larcin qui a valu à Villon sa fuite et sa décrépitude, c'est d'avoir donné un coup de lame à un prêtre et de l'avoir achevé à coups de pierre.

On a souvent l'impression que l'homme croit en Dieu. C'était vrai jusqu'au Moyen-Âge. Mais depuis la Renaissance, c'est en l'Homme que l'Homme croit. Et progressivement ensuite, il a fini par ne plus croire qu'en un Homme : soi-même.

A la rentrée sur France 2, Je, François Villon, assassin, voleur, poète..., tourné en 2009, d'après le roman de Jean Teulé, auteur également de Mangez-le si vous voulez :