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Publié par jl06 le 03.03.2020
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Russie : Vladimir Poutine propose d’interdire le mariage homosexuel dans la Constitution

Vladimir Poutine a annoncé en janvier que la Russie allait amender sa Constitution de 1993
Publié le 03/03/20 à 09h58 — Mis à jour le 03/03/20 à 10h02


Portrait de Vladimir Poutine.  Portrait de Vladimir Poutine. — Alexei Nikolsky/TASS/Sipa USA/SIPA

 

De nouveaux amendements, introduisant la mention de Dieu dans la Constitution et fixant le principe qu’un mariage n’est possible qu’entre un homme et une femme, ont été soumis au Parlement russe par Vladimir Poutine, a annoncé le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, ce lundi.

Vladimir Poutine a annoncé en janvier que la Russie allait amender sa Constitution de 1993, une initiative largement considérée comme visant à organiser l’après-2024, année où s’achève son quatrième et dernier mandat présidentiel.

« La foi en Dieu » des Russes introduite dans la Constitution

Ces amendements constitutionnels ont été adoptés à l’unanimité par les députés en première lecture mais Vladimir Poutine a soumis 24 pages supplémentaires d’amendements avant la seconde lecture, la plus importante, prévue le 10 mars, a annoncé Viatcheslav Volodine. « Les amendements du président sont le résultat de son dialogue avec les représentants de toutes les factions et de la société civile », a-t-il indiqué dans un communiqué publié par la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Ces amendements prévoient que la mention de « la foi en Dieu » des Russes soit introduite dans la Constitution et stipulent qu’un mariage est l’union d’un homme et d’une femme, a précisé le vice-président du parlement, Piotr Tolstoï.

« Je pense que la plupart des propositions qui ont été discutées ont été prises en compte », a-t-il déclaré. Ces nouveaux amendements interdisent aussi que des portions de territoire russe soient données à des Etats étrangers et rendent illégal tout appel ou action en ce sens. Selon l’acteur Vladimir Machkov, membre du groupe de travail formé par le Kremlin pour plancher sur la réforme constitutionnelle, cet amendement permettrait de garantir que la péninsule ukrainienne de Crimée, annexée en 2014, ou les îles Kouriles disputées avec le Japon, restent russes même après le départ de Vladimir Poutine.

La moitié des Russes favorables à la réélection de Vladimir Poutine

Le président russe avait évoqué l’idée de fixer le principe de l’interdiction du mariage entre personnes du même sexe mi-février, lors d’une rencontre avec un groupe de travail chargé de plancher sur les changements. La majorité des amendements votés par la Douma en première lecture étaient de nature plus institutionnelle, visant notamment à renforcer les pouvoirs présidentiels. Un « vote populaire » aux contours encore flous doit être organisé le 22 avril pour adopter ces changements.

La semaine dernière, entre 10.500 personnes selon la police et 22.000 selon une ONG ont manifesté en mémoire de l’opposant assassiné il y a cinq ans Boris Nemtsov, mais aussi pour protester contre ces réformes constitutionnelles. Selon un récent sondage du centre indépendant Levada, seuls 25 % des Russes sont prêts à voter en faveur des changements constitutionnels, tandis que 65 % disent ne pas comprendre ce qu’ils signifient. Les personnes interrogées sont divisées sur l’avenir du président : 44 % veulent le voir quitter le pouvoir après 2024, 45 % le voir rester. Pour des analystes, les changements sociétaux que le président propose d’introduire dans la Constitution sont un moyen de convaincre les Russes de prendre parti.

Croatie : Des poupées représentant un couple gay incendiées lors d'un carnaval

Les images de l’incendie de ces deux poupées ont suscité une forte émotion dans tout le pays

 Image d'illustration d'un carnaval en Croatie. Image d'illustration d'un carnaval en Croatie. — Denis LOVROVIC / AFP

 

Les images ont provoqué un vif émoi dans le pays. En Croatie, pendant un carnaval, des poupées à l’effigie d’un couple gay tenant un enfant ont été incendiées en public., poussant des groupes de défense des droits humains à annoncer des plaintes contre les organisateurs de la manifestation.

L’événement s’est produit dimanche dans la petite ville d’Imotski (sud) en présence de centaines de personnes, dont de nombreux enfants, deux semaines après que la Cour constitutionnelle de Croatie a décidé que les couples de même sexe avaient le droit d’accueillir des enfants dans le cadre de la procédure de placement familial. La décision faisait suite à des débats houleux dans ce pays de 4,2 millions d’habitants membre de l’UE depuis 2013 où l’Eglise catholique exerce une forte influence.

Le respect de la « tradition »

L’association de parents de même sexe Familles arc-en-ciel a annoncé qu’elle déposerait une plainte pour « incitation publique à la haine et la violence » pendant le carnaval. « Les horribles scènes à Imotski ne peuvent en aucun cas être justifiées par la tradition du carnaval », a déclaré Daniel Martinovic chef de cette organisation.

Les organisateurs du carnaval ont, de leur côté, rétorqué ne faire que respecter la tradition. « Nous restons conservateurs et attachés à la tradition. Un enfant devrait être sous la garde d’une mère », a déclaré à un média local Milivoj Djuka, l'un des organisateurs.

Un précédent en 2018

« Un acte triste, inhumain et complètement inacceptable déguisé sous le masque des festivités du carnaval », a réagi le président croate Zoran Milanovic sur son compte Facebook en demandant aux organisateurs de s’excuser. La Défenseuse des droits Lora Vidovic a elle aussi qualifié l’acte d'« inacceptable ».

L’incident d’Imotski n’est pas le premier du genre. En 2018, un exemplaire du premier livre publié en Croatie sur des familles homoparentales a été brûlé lors d’un carnaval. La justice n’avait à l’époque pas engagé de poursuites.

En dépit de l’influence accrue qu’exerce l’Eglise catholique dans la société croate, le pays a graduellement amélioré les droits des minorités sexuelles ces dernières années. Les couples homosexuels ont acquis en 2014 le droit à l’union civile avec les mêmes droits que les couples hétérosexuels mariés, à l’exception du droit à l’adoption.