Pénalisation de la transmission et de l'expositon par voie sexuelle au VIH (2ème partie)

Publié par skyline le 01.09.2010
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La pénalisation de la transmission du VIH ne remplacera jamais l’efficacité de la prévention. Faut-il accepter qu’en matière de santé les responsabilités doivent être prises mais ne pourront jamais l’être de manières uniquement individuelles alors qu’elles sont collectives, communautaires, interindividuelles, bref, partagées. Avons-nous laissé de côté notre combat contre les préjugés et la stigmatisation des citoyens les plus vulnérables de notre société ? Nous devons absolument re-questionner nos pratiques sociales et prendre, collectivement, notre responsabilité et stopper ce système hypocrite où tout est régulé dans des oppositions victime/agresseur. En novembre 2009, pour la première fois en France, un homme séropositif a été condamné pour avoir transmis le VIH à sa fille (lire l’article du Monde). Ce jugement inique a été prononcé alors même que l’emprisonnement et la stérilisation forcée des femmes séropositives sur cette même base se multiplient en Afrique subsaharienne… Quel signal la France donne-t-elle ?

 

Le 5 février 2009, lors de l’[assemblée générale sur la question, quelques pistes avaient été suggérées pour lutter contre cette pénalisation croissante de la transmission sexuelle du VIH :

-      Fournir une information juste et actualisée sur les conséquences quotidiennes de la séropositivité. Travailler sur l’image du Sida et des PVVIH dans nos sociétés. Il faut permettre à chacun de comprendre qu’aujourd’hui, dépister à temps, on peut vivre normalement avec le VIH et qu’une PVVIH n’est pas un dangereux agent infectieux en liberté. Cela implique de ne plus placardiser que la non-infectiosité des personnes séropositives qui ont une charge virale indétectable est de la science-fiction… alors même qu’un consensus international est maintenant établi. 

De ce point de vue, le silence assourdissant sur la question de la part des autorités sanitaires américaines (CDC) devient de plus en plus intolérable, l’article d’Emy-Seronet nous le montre bien.

-      Ne plus laisser croire que tout rapport sexuel sans préservatif est forcément un rapport à risque de transmission. Il n’y a plus lieu de relier systématiquement la notion de non-protection au non-usage du préservatif, étant donné les connaissances actuelles sur l’efficience de la séroadaptation et du niveau de la charge virale en termes de réduction du risque de transmission. Il paraît dès lors injustifiable d’engager des poursuites contre une PVVIH qui observe correctement son traitement et dont la charge virale est indétectable.

-      Ne plus continuer d’affirmer que les gais sont des « inconscients » qui ne se protègent plus, alors même qu’ils se protègent plus que les hétéros, et que, plus que « l’inconscience », c’est d’abord la forte prévalence et le vieillissement des séropos chez les gais qui est responsable de la non-diminution du nombre de nouvelles contaminations.

-      Ne plus stigmatiser sans relâche les personnes qui ne correspondent pas à une conception traditionnaliste de la prévention (basée sur la seule capote) ou de la sexualité, alors qu’on sait que la stigmatisation encourage la criminalisation et la sérophobie [6].

Depuis cette assemblée générale… Rien !

Commentaires

Portrait de maya

quand tu l'expliques, je partage ta vision des choses.

merci pour cet exposé très clair.

bizz