Que pensez-vous de cette lettre au ministre de l'éducation ?

Publié par Rimbaud le 12.11.2017
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Lettre ouverte au  ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer

 

                                      Monsieur le ministre,

 

            La jeunesse française actuelle n’a pas traversé les années noires de l’épidémie du SIDA. Elle n’a pas été confrontée aux morts à répétition, à l’angoisse de voir ses proches disparaître, aux effets secondaires dramatiques des premières molécules, à l’impuissance de tous face à ce que nous pouvons considérer comme l’une des catastrophes majeures du siècle précédent. De nos jours, les traitements sont efficaces. On ne meurt plus du SIDA en France. Notre pays assure une prise en charge perfectible mais remarquable à bien des égards des séropositifs que nous sommes, les médias ne traitent plus ce sujet mais l’épidémie poursuit son lent travail de sape, la sérophobie a miné notre société et les jeunes se tiennent dans une ignorance dont nous sommes totalement responsables.

            Ne fuyons pas la réalité : 12 % des nouvelles contaminations concernent les moins de 25 ans. 43% des étudiants n’utilisent pas le préservatif à chaque rapport. 9% des lycéens ne se protègent jamais. 13% pensent que l’on peut guérir du VIH. 81% ne se font jamais dépister. Nombre d’entre eux pense que le virus se transmet par la salive, la lunette des toilettes, un verre ou un baiser. Quant aux hépatites et autres IST, leurs connaissances sont simplement inexistantes. Nous voilà revenus au temps de l’obscurantisme, ennemi premier de la mission qui est la nôtre. Il y a urgence.

            Face à cette situation inacceptable, que faisons-nous, que faites-vous ? Nous attendons sagement la journée du premier décembre. Nous distribuons quelques rubans rouges. Nous nous contentons d’un symbole quand il s’agit d’affronter des réalités. Nous nous en remettons aux CESC qui peinent à recruter des volontaires et dont les actions sont limitées et insuffisantes. Quelques infirmières débordées tenteront de mettre en place un stand devant lequel passeront négligemment quelques élèves tout juste surpris. On leur remettra une brochure qu’ils parcourront distraitement. Nous ferons une chaîne humaine dans la cour, une jolie photo que nous enverrons à la presse locale et nous aurons la conscience tranquille en nous donnant rendez-vous l’an prochain à la même heure. Il est temps de faire notre autocritique et le constat est terrible : nous avons relégué au fond de la classe le VIH qui a pris les plus fragiles pour cible première : les jeunes.

J’ai honte, honte de voir se succéder les gouvernements sans qu’aucune politique digne de ce nom ne soit élaborée. C’est de votre responsabilité, monsieur le ministre. Je sais de quoi est capable l’Etat. Un président, un ministre, un recteur et un proviseur peuvent imposer aux enseignants la lecture de la lettre de Guy Môquet. Ils peuvent demander aux enseignants d’échanger avec leurs élèves suite aux attentats. Ils peuvent imposer une minute de silence. Ils peuvent créer un plan d’envergure pour lutter contre le harcèlement et fédérer l’ensemble des équipes éducatives. Tant d’autres exemples ont prouvé qu’une action politique d’ampleur est possible. Nous pouvons beaucoup. Que doit-on penser, dès lors, de l’absence totale de volonté politique en matière d’éducation à la sexualité ? Que doit-on penser de l’absence totale d’une prévention digne de ce nom ? Les chiffres sont éloquents et l’heure n’est ni à la polémique, ni à la confrontation : c’est le temps de l’action, monsieur le ministre. Nous devons, de façon urgente et décisive, enrayer le processus de contamination de la jeunesse française. Nous devons opposer à l’âge de l’insouciance une réflexion commune. Nous devons opposer au silence pesant, lourd, angoissant qui règne dans la société, une parole juste et responsable. Vous devez mobiliser les recteurs. Vous devez réintroduire dans l’école républicaine un combat qui a autrefois existé.

Monsieur le ministre, vous ne devez pas en rester à une déclaration de principe. Vous ne devez pas déléguer. Vous ne devez pas vous en remettre à des comités, à des experts, à des formateurs. Vous devez prendre des mesures rapides, urgentes et décisives. Puisque depuis des années, le lycée n’est pas placé au centre des réformes, faites des 15-18 ans la priorité de ce projet d’envergure. La clef de l’éducation, ce sont les enseignants. Nous connaissons nos élèves mieux que personne. Nous sommes avec eux dans un rapport quotidien fait de confiance, d’ambitions, d’objectifs, parsemé de moments de découragement, de doute mais aussi de grande joie, de victoires répétées sur l’ignorance. Nous maîtrisons les stratégies pédagogiques qui nous permettent d’adapter le chemin de la connaissance à chacun. Personne ne peut mieux que nous savoir quel ton adopter, quelle posture incarner, quelle activité mettre en œuvre, comment susciter la motivation, créer l’échange, faire se lever la réflexion car c’est notre métier. A chaque classe, à chaque élève sa stratégie. Vous devez placer les enseignants au cœur d’un vaste plan de lutte contre le VIH, les hépatites et les IST. Nous sommes des intellectuels et c’est notre noblesse. Nous savons faire des recherches, nous former, nous renseigner, penser la pédagogie, l’adapter, la créer et la mettre en œuvre. Nous savons nous saisir d’un sujet, quel qu’il soit, pour le transposer pour qu’au final, la connaissance ne soit plus seulement la nôtre mais qu’elle appartienne à la jeunesse. Les infirmières, les professionnels de la santé, les acteurs du monde associatif doivent jouer un rôle et ils sont nos référents, mais c’est la parole de l’enseignant qui sera la plus entendue, la plus percutante,  n’en doutez pas.

Dès lors, permettez-moi de vous faire quelques propositions concrètes, peu onéreuses, simples et facilement applicables à tous les lycées de France :

  • Que des préservatifs de toutes les tailles soient distribués aux jeunes. Ils le réclament.
  • provoquons des rencontres avec des membres des différentes associations dans chaque lycée, pour chaque classe, une fois par an (les heures d’Accompagnement Personnalisé peuvent servir à cela) pour informer des modes de transmission, des lieux de dépistage et de prévention.
  • organisons une projection dans chaque lycée du film de Robin Campillo 120 Battements par minute qui va représenter notre nation lors de la prochaine cérémonie des Oscars. Cette œuvre est moderne et touchera les élèves, à coup sûr.
  • Que dans chaque classe, dans chaque cours ait lieu une fois par an une séance ou deux consacrées à l’épidémie. Le film pourra être analysé en arts plastiques. Il sera débattu en français où des textes littéraires seront étudiés. Les historiens pourront retracer les moments de l’épidémie. Les professeurs scientifiques pourront expliquer le fonctionnement d’un virus, le principe des ARV ou tout autre aspect médical. Les sociologues exposeront les enjeux financiers, économiques, sociétaux de la maladie. Les linguistes envisageront la portée mondiale de l’épidémie. Les philosophes donneront les armes nécessaires à la pensée d’une maladie qui a pour spécificité de toucher la sexualité, la liberté et le corps de l’individu. Il n’est pas un domaine qui ne puisse être investi par la connaissance. L’interdisciplinarité doit être le cœur du dispositif pour que, au fil des séances, les lycéens construisent une réponse sécurisante à ce qui relève aujourd’hui de l’inconnu et de la peur.

Monsieur le ministre, si tous les cours du premier décembre étaient chaque année consacrés à une analyse des multiples facettes de l’épidémie, n’en doutez pas, au fil des ans, une connaissance véritable émergerait et nous sortirions enfin de la spirale infernale dans laquelle nous sommes. Nous ne pouvons plus en rester au stade actuel : le système ne repose que sur la bonne volonté de quelques uns. C’est insuffisant et totalement pernicieux. Il en va de votre responsabilité de prendre soin de la santé des jeunes, de prendre des décisions fortes, de convoquer les recteurs qui mobiliseront les proviseurs, lesquels sauront impulser une dynamique au sein de chaque lycée. L’urgence est totale.

 

Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’expression de mes sentiments dévoués.

 

                                                     Arthur Adès

                                                     Professeur de lettres modernes depuis vingt ans

Commentaires

Portrait de Exit

J'en pense que c'est concrètement insignifiant, insuffisant et inutile.

Ce professseur c'est toi ? ;)

Pourquoi je pense ainsi ?

Parce que je pense que d'une manière générale tant que les jeunes et moins jeunes d'ailleurs ne sont pas touchés, ils ne se sentent pas concernés, soit ils en ont en rien à faire parce qu'ils pensent que le Sida ça n'existe plus... Soit c'est un sujet qui au contraire leur fait peur car ils pensent toujours qu'on meurt du sida, et préfère se boucher les oreilles et fermer les yeux, et en plus c'est un sujet qui dérange car on y parle sexualité, on parle de leur sexualité, et aussi de l'homosexualité car le vih touche beaucoup les gays, ça dérangent même les profs...

Le Sida et il le dit cet Arthur, on n'en meurt plus dans les pays développés, donc ça ne fait plus aucun effet au niveau de l'état bien au courant lui de l'actualité, ça ne fait plus aucune une des journaux, ceux qui donnent encore de l'argent à Sidaction sont sans doute des gens qui n'y comprennent rien, c'est triste à dire, mais ce sont sans doute des gens qui pensent qu'on meurt toujours du Sida dans les pays développés parce que Line Renaud le dit : "On meurt toujours du Sida" ! Sans comprendre ce qu'elle cite on dirait, en répétant bêtement son sketch, oui on meurt toujours du Sida en Afrique ! Mais elle s'adresse à des français... Alors peut être que des gens ont encore un esprit ouvert au delà des frontières, mais j'en doute quand je vois que certains ne voient pas plus loin que le bout de leur village, pire le bout de leur voisinage... 

  • Que des préservatifs de toutes les tailles soient distribués aux jeunes. Ils le réclament.

Ah ah ! La bonne blague Arthur !!! Les preservatifs ça coute cher à produire, pour pisser un coup dans un toilette public c'est déjà 1 euro, tu penses sérieusement Arthur que l'état qui augmente chaque année les impôts, qui s'endette chaque année de plus en plus va mettre un budget préservatif pour une maladie dont on en meurt plus ? Rigolo va !

Faire intervenir des associations à l'école : Je dirais que c'est bien... Mais si c'est pour que Aides vienne vendre la Prep à des gosses de 13 ans... J'en dis juste qu'ils ont meilleurs temps de rester chez eux ! Historien, scientifique etc... Aah ahh... Et qui paient ? Le bénévolat ça n'existe plus, on n'en revient au même que les préservatifs... 

Le Sida c'est démodé, c'est l'heure des papillomavirus, c'est tellement plus tendance car ça donne le cancert, donc ça fait mourir, en plus ça fait vendre des vaccins ! Jackpot ! 

Portrait de Rimbaud

* tu poses la question de l'argent mais si tu savais le fric qu'on dépense dans l'éducation !!! Il y en a de l'argent et oui, acheter des capotes XXL est mon combat actuel dans mon lycée et je suis sur le point de le gagner, car oui mes élèves réclament des capotes à leur taille, et ils ont raison.

* je ne vois pas pourquoi Aides viendrait seulement parler PreP et tu as dû mal lire car je m'adresse aux lycéens, pas aux gosses de 13 ans ! Hors sujet donc.

* faire intervenir historiens, scientifiques etc : c'est nous ! les enseignants !! Eh oh ! On existe, on a la connaissance, c'est notre boulot ! L'idée est justement de nous mobiliser et de nous utiliser ! Ce n'est donc pas du bénévolat !

* le sujet dérange, ils se bouchent les yeux : bah en même temps, si on ne leur en parle pas... justement, leur en parler, c'est les empêcher de faire comme si ça n'existait pas.

Que ça dérange les profs, là, je suis totalement d'accord en revanche.

Certainement aussi que l'Etat s'en fout car on n'en meurt plus mais en même temps les chiffres le montrent : ça touche les jeunes. 

"insignifiant, insuffisant et inutile" : l'absence de nuance rend idiot ton propos. Insuffisant oui, mais inutile et insignifiant pfffffffffffff la blague !!! Tu fais partie de ceux qui considèrent qu'on ne peut rien faire. Moi j'ai des dizaines de jeunes qui me disent des années plus tard que ce que j'ai fait les a concrètement aidés dans leur vie ! Donc non, c'est pas inutile du tout.

Portrait de Exit

Ecoute Arthur Rimbaud ;), je dis ce que je pense, désolé de ne pas être d'accord avec toi.

Les personnes les plus concernées et les plus touchées par le VIH préfèrent fermer les yeux, j'ai fait de la prévention l'an passé dans des bars gays et saunas gay, quand on arrive vers eux, ça leur fait peur car ils savent qu'ils sont particulièrement touchés, certains préfèrent ne rien entendre sur le sujet, alors il fallait commencer par les rassurer... 

Les profs ils y connaissent quoi en VIH ? Ils ont beau être profs, ils en connaissent pas plus, ils ne sont pas concernés, pas touchés, déjà que les médecins généralistes n'y connaissent rien... Pour connaitre ce qu'est le vih, il faut être touché directement, travailler dedans ou être séropos... 

Si tu veux touché tes élèves, parle au nom d'Arthur le séropo, et non Arthur le prof. Les discours tout fait, ça n'intéressent plus personne car ça sonne faux. 

Les chiffres sont là, la prévention est toujours plus présente, pourtant toujours plus de personnes infectées chaque année ! La prévention est quasiment inutile car elle est impersonnelle et que le sexe c'est la vie, on peut pas contrôler la sexualité des uns et des autres, le préservatif on sait tous qu'il est indispensable, mais si les circonstances font que... Lors d'un débat sexuel, le préservatif sera enlevé, inutilisé ou oublié... La réalité, la sexualité, ce n'est pas une question de prévention, c'est une question de désir et de plaisir... C'est bien au delà de tout ce raisonnement intélectuel...

Bon courage pour les préservatifs gratuits, ça fait 15 ans que j'entends ceci !  

Portrait de Rimbaud

Et c'est mon choix de défendre mon point de vue :) je ne te reproche pas de donner ton avis, c'est moi qui l'ai demandé ! Mais j'ai aussi le droit de contre-argumenter.

"certains préfèrent ne rien entendre...il fallait commencer par les rassurer", donc : tu les as rassurés et c'est déjà un bon point pas du tout inutile (pour reprendre ton premier jugement). Ensuite, tu ne peux pas avoir la certitude que la prévention que tu as faite n'a servi à rien. Tu n'en sais rien du tout ! 

Je ne prononce jamais de discours tout fait justement, c'est ma force et c'est ce qui fait que je peux toucher mes élèves effectivement. 

Le manque de connaissance des profs est évident mais la différence, c'est qu'un prof, quand on le lui demande, est capable d'évoluer et de s'informer. On l'a fait sur tout un tas de sujets. Et si, on peut parler de VIH sans être séropo. Tu as une vision autocentrée du truc. Certains, j'en suis sûr, en parlent même mieux que les séropos eux-mêmes. 

Je suis d'accord sur l'idée que la prévention échoue car c'est une question de désir : c'est pourquoi je pense qu'il faut faire précéder la connaissance. Au moment même, c'est trop tard. Au lieu de raisonner sur ceux qui ne se protègent pas, raisonnons à l'inverse : pourquoi des millions de gens se protègent et ne deviennent donc pas séropo ?? Parce qu'ils ont construit des remparts par la connaissance. Tu méprises l'intelligence et les intellectuels. Moi, je crois exactement le contraire ! 

Pour les capotes XXL gratos, je te l'ai déjà dit : j'ai gagné mon combat et ils les auront.

Portrait de Exit

Tu as dit : Je suis sur le point de le gagner et là tu dis j'ai gagné mon combat... 

Deux choses différentes pour moi ;)

Après je pense que la prévention est efficace quand on parle par soi même d'un sujet que l'on connait. Comment un non fumeur peut-il convaincre un autre non fumeur de ne pas commencer ? Je pense que le non fumeur sera beaucoup plus touché par les propos d'un fumeur qui a subi un cancer de la gorge ou des poumons et qui va en parler avec ses tripes... La communication sur la cigarette, est-ce qu'elle a réellement eu un impact ? L'impact c'est plutôt la hausse du prix des cigarettes... 

Il y a certainement un impact dans tout ceci, tes propos vont peut être touché 1, 2 %, c'est pas complètement inutiles certes, c'est déjà ça, c'est vrai, mais j'appelle pas ceci quelque chose d'efficace, c'est du déjà vu, il faut quelque de plus frais non ? Perso moi ce genre de cérémonie, ça me fait peur, ça me gêne, de plus la sexualité c'est intime, c'est pas un débat public qu'on étend en long en large.... C'est d'ailleurs bien pour ceci que la prévention se fait désormais par un tête à tête comme l'a compris Aides et non pas publiquement devant la foule... Je ne pense pas qu'en reprenant les vieilles solutions qui n'ont pas fonctionnées et en les mettant au goût du jour que ça aura un impact énorme... 

Portrait de Rimbaud

Oh c'est bon, fais pas ta précieuse : concrètement les capotes sont pas arrivées, mais de fait elles vont arriver donc c'est gagné.

Ce que tu dis me semble très pertinent mais décalé par rapport au sujet : tu ne te rends pas compte de l'abîme d'ignorance qu'il y a chez les lycéens. Il s'agit déjà de sortir du monstre d'ignorance qui est en eux. Pour ce qui est du "je me protège ou non", là je te rejoins totalement. Mais il y a mille questions auxquelles il faut déjà répondre.

Alors là, dis-moi dans quel lycée, dans quelle ville tous les profs d'un établissement ont pendant une journée étudié sous de multiples aspects (histoire, socio, sciences, art, etc) la question du sida/vih ? Je n'appelle pas ça "vieille méthode" justement, j'appelle ça une mobilisation générale. Sur le côté intime je suis d'accord et c'est pour ça que les profs sont utiles : à nous ils disent beaucoup. Par exemple, le gamin qui dit devant tout le monde "les capotes de l'infirmerie sont trop petites" oui c'est utile et ça fait avancer les choses. 1-2% multiplié par l'ensemble des lycées, c'est énorme ! L'Etat a su le faire sur le harcèlement... par contre je suis d'accord avec toi, ils s'en foutent du VIh mais moi j'interpelle mon chef, c'est mon domaine. Si lui ne prend pas ses responsabilités, c'est lui qui assume derrière. 

Tu sais, on peut faire beaucoup plus que tu ne crois. 

Ce serait bien que d'autres donnent leur avis aussi.

Portrait de cbcb

La recrudescence de la contamination par le VIH chez les jeunes est bien réelle
Le manque d’information est gravement bien réel
L’obscurantisme est bien réel
LA journée du 1er décembre est bien tristement réelle ...

Portrait de seben

Je pense comme rimbaud, qui fait l'éducation sexuel des adolescents, les parents non, you porn oui.

La prevention ne passe plus, les pouvoirs publique sont frileux et les culs béni batte le pavé.

Alors oui l'éducation nationale a un rôle à jouer, prévention des risques, respect du corps et de la sexualité de chacun, contraception, éducation sur les différentes mst et les modes de dépistage.

Ça va faire grincer des dents mais c'est un problème de santé publique.

Certains prof seront peut être gêné d'aborder le sujet, d'ou le relais avec l'associatif ou professionnel de santé.

Il est impensable que en 2017 des jeunes penses qu'ils peuvent attrapé le vih en embrassant.

Alors oui difficile de quantifier l'impact mais même si ça touche que une personne et bien c'est deja ça.

Se sont les petits cours d'eau qui font les grands fleuves.

Fonce rimbaud, va au bout de tes convictions.

Et respect 

Portrait de Rimbaud

Oui, tout plutôt que l'inaction. J'ai contacté AIDES besançon pour avoir des docs à leur donner et ça me fera une occasion d'y aller et de discuter un peu avec eux. Les gens ne s'imaginent pas le degré d'ignorance, c'est terrible et les infirmières que je n'incrimine pas (elles sont débordées) ont un discours trop médical, trop powerpoint... de toute façon faut associer tout le monde et oui faut foncer. 

J'avais monté un projet contre le harcèlement en intégrant des déficients intellectuels dans ma classe deux heures par semaine, théâtre, réalisation d'un docu : le ministère est descendu voir ça donc on peut apporter des choses. 

Bon la lettre, je suis d'accord, c'est un coup d'épée dans l'eau mais je le fais pour ma conscience. 

Portrait de cbcb

Très belle lettre,
Juste les "Sentiments dévoués"... ... ... à un ministre ....

Portrait de Rimbaud

Ouai, je suis nul avec la politesse, je mettrai "salutations distinguées", c'est ça qu'il faut dire ? t'as vu j'ai fait un effort pour être constructif, pas trop polémique mais en disant l'urgence des choses quand même. Bon oki une secrétaire répondra un truc bidon mais c'est pas grave car le jour où il débarque dans mon lycée (c'est déjà arrivé) je pourrai toujours arguer de la lettre. Je fais quoi à ton avis : je la publie dans la presse, je lui envoie avant, je fais les deux ?

Portrait de cbcb

Un truc bidon du genre  "l'espression de ma haute considération..." Mais ce n'est vraiment pas une obligation !
Sinon, en conseil d'amie (tu te doutes bien que le, ou plutôt les ministres reçoivent des tonnes de courriers et qu'ils ne les lisent pas personnellement), je pense que le mieux est de lui adresser ce courrier, en précisant "copie conforme à tel journal" et d'en envoyer une copie au journal en question ...

Portrait de Rimbaud

ou alors bisous blanqui ;) 

on va faire ça alors et j'envoie le tout pour une publication le 1er décembre, on verra bien.

Portrait de Pierre75020

Un peu en retard, j'interviens ici pour dire tout le bien que je pense de l'initiative de Rimbaud.Oui il est absolument nécessaire d'informer les lycéens dans ce domaine, cela devrait entrer dans l'objectif 90,90,90 dépistés, traités, à charge virale indétectable fixé par les autorités pour arrêter l'épidémie.L'idée de mobiliser le corps enseignant sur ce type d'action me parait souhaitable car les enseignants sont porteurs d'un discours crédible qui tranche avec les informations parcellaires, partiales, erronées voir fausses trouvées dans les médias et les réseaux sociaux. Dans mon lycée quand j'y enseignais, les élèves bénéficiaient d'une formation dispensée par une association spécialisée avec des animateurs spécialement formés, certains d'entre eux souhaitaient que je sois présent lors de leur intervention ,à cet occasion, j'ai pu mesurer à la fois les ignorances mais aussi l'intérêt que mes élèves portaient à cette question.Le chef d'établissement avait aussi créé un groupe de professeurs référents dont je faisais partie pour les élèves qui auraient souhaité se confier à un adulte, pour cela une ou deux fois par an un psychanalyste et un membre du corps médical nous dispensaient des conseils.Cependant durant tout le temps de mon activité dans cet établissement aucune ou aucun  élève  ne m' a parlé de VIH ou d'autres MST , leur problème concernait les addictions ( tabac, alcool, cannabis...). Je précise qu'à l époque j'étais encore séronégatif et que je portais souvent le ruban rouge à la boutonnière de ma parka.

Portrait de Rimbaud

L'autre avantage qu'a l'enseignant, c'est qu'il revoit les élèves tout au long de l'année dans ses cours. ca permet d'éviter le côté allez on fait une heure et on n'en parle plus. Sans en faire un sujet permanent bien entendu mais sans enterrer le sujet non plus. De toute façon dans quelques jours je ferai ce travail auprès de mes 150 élèves, je vous dirai comment ça s'est passé. Je crois qu'il y a là un vrai sujet politique car l'éduc nationale a totalement abandonné la question. 

Je pense d'ailleurs qu'AIDES devrait relayer cette lettre et interpeler le ministre.

Portrait de jl06

A vous lire on à l,impression  de faire du sur place à l,éducation nationale  (pas trop étonnant )....le même discours 20 ans en arriere ....l époque de la mode à distributeur de capotes dans les cours ...posé vous la questions plutôt , quesqu'ils n,a pas fonctioner pour que l,ont en soit au point de départ! 

Les ministres se tape  de vos écrits ....mais si cela vous fait plaisir ...

Portrait de cbcb

Donc il y a un réel problème... si le discours était le même il y a vingt ans ! 
On le sait que les ministres s'en tapent !
Evidemment qu'une lettre ne va pas changer le monde !
Mais les propositions apportées par cette lettre sont loin d'être négligeables !!!
(ce n'est pas qu'un problème de capotes !)

Portrait de Rimbaud

Encore une affirmation péremptoire et fausse : j'ai déjà contacté des ministères qui se sont bouger le cul pour venir voir ce que je faisais, donc non ils ne s'en foutent pas toujours. faut arrêter de croire que les politiques ne font rien, n'entendent rien : c'est réducteur et trop facile. Si le premier décembre, personne n'interpelle le ministre, bien sûr que rien ne changera. 

Tu poses une bonne question : rien n'a changé (pire même !) parce que comme le disait exit au début de la discussion, on ne meurt plus du sida chez nous, etc etc le désintéret pour ces problématiques est social, général. Ce n'est pas une raison pour ne rien faire quand on est prof et qu'on a en face de soi de jeunes ignorants, c'est trop facile.

Portrait de Exit

Ce ne sont pas aux profs de parler sexualité aux ados. Le sexe c'est pas une question d'éducation nationale qui doit être débatu en public comme dans une foire aux légumes, le sexe c'est une question de vie et c'est intime qui va bien au delà de chacun des cours mis en place, et là encore être prof ne veut pas dire s'y connaitre en vih ou en maladie sexuelle, tu as dis l'autre jour Rimbaud que le prof a les connaissances, que c'est leurs boulots, c'est faux, les profs ont les connaissances dans les matières qu'ils enseignent pas en matière de prévention sexuelle, de médecine, ou d'autre chose... Si les profs commencent de parler de ce sujet, il y aura des questions bêtes du style : Peut-on choper le sida par une fellation ? Et pour ce genre de questions, la plupart des profs ne sauront pas répondre car ce n'est pas leurs domaines de compétence.  

J'ai l'impression Rimbaud, que tu veux te battre pour un sujet car celui-ci te concerne, et que tu en fait une affaire d'état... Tous les profs, du prof de langue au prof de maths devraient selon toi amener ce sujet en cours... Il me semble que chaque prof est maître de son cours, et doit suivre un programme, sous entendu qu'il faudrait remplacer les programmes ? Mettre moins de 1ère guerre mondiale au programme d'histoire et mettre un cours sur le SIDA  ? 

Tu veux faire de la prévention, demande à actions-traitements de laisser régulièrement des prospectus sur les IST dans les établissements scolaires, je pense que c'est tout autant suffisant. Ce sujet met mal à l'aise les gens d'une manière générale, les profs, les élèves qui sont déjà suffisamment complexés par leurs physiques d'ados pour qu'on viennent encore leur parler de leur sexe... Parler de sexe en public par des profs qui ne connaissent pas assez le sujet c'est dangereux, le rôle du prof serait peut être de dire et de rappeler régulièrement qu'il existe un ou une infirmière dans l'établissement pour parler de ce genre de sujet car c'est intime !!! Un prof qui parle sexe avec son élève, c'est plutôt pervers... 

De plus ce n'est parce que les jeunes ne sont pas assez au courant ou au courant du vih qu'ils seront ou ne seront jamais touchés. Enfin il faut rappeler la vérité, qui est touché par le vih aujourd'hui ? Principalement les hommes hommosexuels et les femmes africaines ou hors occident. Pour un homme et une femme hétéro vivant en France, peu de risques... Tu as toute cette culture sur le VIH Rimbaud, pourtant tu as été touché, j'ai un ami qui a fait de la prévention pendant x années, et il est quand même devenu par la suite séropo, ce n'est pas une question de savoir, c'est déjà par dessus tout une question d'orientation sexuelle et ensuite de pulsion, de désir, bref de vie qui nous amène à nous brûler les ailes. 

Comme je te l'ai dis, si tu veux faire de la prévention, fais le en tant que toi même, pas en tant que prof, va à Aides, et va voir des gays et parlent avec eux en face à face, ça sera à mon avis plus utile que déployer de lourds moyens pour si peu car même si tu touches des élèves, ceux-ci n'auront peut être pas le courage de poser des questions par peur, par crainte d'être ridiculisé par d'autres élèves, au final le message ne sera qu'à moitié passé, et peut être mal passé.

Portrait de cbcb

au lycée, une fois par an, une réunion qui ne devait pas durer plus de deux heures... organisée par des étudiants !

Portrait de Rimbaud

* un cours c'est pas "une foire aux légumes"

* "le sexe c'est intime" : il ne s'agit pas d'exposer sa vie sexuelle et privée

* "c'est pas le domaine de compétences des profs" : un prof est d'abord un chercheur donc si, pour donner des infos de base à des jeunes, on en est très capables. Les parents devraient le faire, et ce ne sont pas des pros non plus. Il n'y a pas un doc derrière chaque gamin. J'ai aussi associé les infirmières et les associations dans mon projet, pas les profs tout seul. Quand un gamin pose une question pointue, le prof a l'habitude de dire "je ne sais pas", c'est le début de la connaissance d'ailleurs. Mais pour répondre à des besoins basiques, si, on en est capables. Tous.

* la question du programme : on a parfaitement le temps de consacrer deux heures par an dans chaque discipline à cette question. Oui. C'est un faux problème ça. D'ailleurs je parle de l'accompagnement personnalisé qui ne sert à rien du tout actuellement et c'est deux heures par semaine. 

* je suis donc pervers, pis quoi encore. Comme d'habitude tu vas trop loin et tu tombes carrément dans l'insulte et la calomnie. 

* on leur dit évidemment de passer à l'infirmerie, on les redirige vers des psys, on détecte en premier l'anorexie, on empêche les tentatives de suicide, on repère le harcèlement (pas assez, c'est complexe)... et on fait tout ça en permanence et oui les élèves ont confiance en nous et nous savons les diriger vers les professionnels. Mais là il faut une information de grande ampleur qui ne les emmerde pas parce que les infirmières n'ont aucune pédagogie. Nous, nous savons exactement comment aborder un sujet, fédérer une classe, ouvrir un débat, échanger, créer la confiance : c'est notre métier ! 

* les chiffres te contredisent : les jeunes sont touchés. C'est une réalité indiscutable et si, se protéger permet d'éviter à beaucoup la contamination, c'est la base.

* mieux vaut un message à moitié passé que pas passé du tout.

De toute façon, je ferai l'expérience et si c'est un échec je l'accepterai sans problème. Je précise que nous, les profs, nous savons tout de suite si une intervention a fonctionné ou pas. 

Portrait de Rimbaud

Moi je trouve que les parents devraient se saisir de cette problématique mais ce qui compte c'est la réalité, et la réalité, c'est par exemple mon voisin de 16 ans qui n'a pas de capote à sa taille, qui n'ose pas en parler à ses parents. bah je lui en ai commandé une boîte et voilà. Et je ne suis pas un pervers mais quand un gamin me dit qu'il a une copine et que je lui dis "surtout, la capote hein !" et qu'il me dit "bah elles me serrent trop", là faut intervenir. C'est une pure question de bon sens. 

De toute façon je sais qu'ils sont demandeurs. Y a un mois, on a commencé à parler de drogue et d'alcool, mais juste comme ça, l'air de rien, c'était pas prémédité du tout, big : tous les dos se relèvent, les yeux s'ouvrent, les questions fusent, et ils demandent qu'on en pale encore et encore. Ils ne demandent que ça parce que personne ne leur parle de ce qui est leur vie. Moi je veux bien laisser ça aux infirmières et associations, et me contenter de la littérature. C'est un effort pour moi de faire ça. Mais j'ai déjà assisté à des séances de ce type faite par des pros : on s'emmerde ferme ! Ils écoutent gentiment et après ils me disent que "ouai bof c'était chiant". Et je les comprends !

Portrait de jl06

ont  te critique surtout pas ! de toute façons tout ce qu,ils sera fait  sera toujours bien venue , Mais entre ta prise de position , et je le redit 20ans en arriere ils ont fait quoi à l,éducation nationale ? 

ma fille au centre international de Valbonne en parler deja .... elle  à 35ans  , 

désolé d,etre aussi péssimiste , mais le méssage passe mal chez les jeunes , les Profs enfin ceux qu,ils le veulent bien fond leur job , 

Rimbaud dans ton bahut vous êtes combiens à vous y  intéresser ....?

la Famille devrait être un relay... tu parle ,  rêvons ! 

pas de conseil à te donné , mais avec l ambiance actuelle médiatique ... fait gaffe , les temps changes...., d,un cotê le mariage pour tous et de l ,autre le grand retour en arriere à commencé .....

bref , te dire que tu à bien sur raison de bougé , mais tu risque de te retrouver bien seul....

pour accroché la jeunesse faut que cela passe par les écouteurs ...les réseaux ...a mon humble avis !

bon je me tire au soleil .... 

Cannes.

Portrait de Exit

Rimbaud wrote:

* un cours c'est pas "une foire aux légumes"

Sur ce sujet ça risque de le devenir.

Rimbaud wrote:

* "le sexe c'est intime" : il ne s'agit pas d'exposer sa vie sexuelle et privée

Comment peut on parler SIDA avec des ados sans parler sexe et sans parler de son intimité ? Il y aura des nons dit, c'est bien ce que je disais c'est inutile.

Rimbaud wrote:

* "c'est pas le domaine de compétences des profs" : un prof est d'abord un chercheur donc si, pour donner des infos de base à des jeunes, on en est très capables. Les parents devraient le faire, et ce ne sont pas des pros non plus. Il n'y a pas un doc derrière chaque gamin. J'ai aussi associé les infirmières et les associations dans mon projet, pas les profs tout seul. Quand un gamin pose une question pointue, le prof a l'habitude de dire "je ne sais pas", c'est le début de la connaissance d'ailleurs. Mais pour répondre à des besoins basiques, si, on en est capables. Tous.

* la question du programme : on a parfaitement le temps de consacrer deux heures par an dans chaque discipline à cette question. Oui. C'est un faux problème ça. D'ailleurs je parle de l'accompagnement personnalisé qui ne sert à rien du tout actuellement et c'est deux heures par semaine.

Tu penses sérieusement que des profs vont s'intéresser à un sujet dont ils n'en ont rien à faire, juste pour te faire plaisir ? Si c'est pas dans leur programme, rien le les oblige à s'y intéresser.

Rimbaud wrote:

* je suis donc pervers, pis quoi encore. Comme d'habitude tu vas trop loin et tu tombes carrément dans l'insulte et la calomnie.

Je ne le pense pas  mais certains de tes propos me choquent. Comme le fait de donner des préservatifs à ton voisin mineur... Mais tu fais comme tu veux. On est en 2017...S i les parents l'apprennent même si tu as voulu faire un beau geste, tu risques des soucis... La société actuelle ne laisse plus passer ce genre de faits. Par ailleurs tu remarqueras que tu te contredits, car tu sous-entends que c'est aux parents de faire quelque chose, mais en donnant des capottes à ton voisin, tu mets déjà une nouvelle barrière dans la communication entre parents et enfants.

Enfin tu pars d'un bon sentiment dans ta prévention, mais je ne la vois pas comme ceci. Plutôt par des affiches, par le fait de donner des prospectus aux élèves afin qu'ils puissent lire ceci chez eux. De toute manière, la prévention reste d'une manière général un échec, les médias ne font pas non plus assez leur job, chaque 1er décembre on râbache essentiellement les mêmes choses et on oublie de prendre les points importants, je remarque qu'en Suisse ils ont une longueur d'avance par rapport à la France en matière de prévention car les points sensibles sont traités par les médias et non cachés comme en France ou l'on ne veut pas avouer par exemple qu'un séropo sous traitement est non contamninant, en France on ne soughaite toujours pas le dire ouvertement qui fait que le SIDA passe toujours pour une maladie honteuse, c'est une chaine, tout cette mauvaise pub finalement ça arrange bien les associations.. Bon j'ai fait le tour de la question, je me râbache.

Portrait de cbcb

Avec mes enfants, (sachant que le Vih est loin d'être notre principal sujet de discussion...) :
Mes enfants le savent et je me rends compte qu'ils se sont intéressés au problème, qu'ils ont fait des recherches, qu'ils en ont parlé avec leurs compagnons, leurs ami(e)s... 
Ma fille fréquentait un radiologue.
Un jour (ils n'étaient plus ensemble), j'ai croisé ce radiologue à l'hôpital (je devais faire des radios...). Il est venu vers moi, m'a fait la bise (comme d'habitude). Un peu gênée, j'ai voulu le prévenir que j'étais séropo...
Il m'a répondu, le plus simplement du monde, "oui je suis au courant, votre fille me l'avait dit"... 

Je sais également que la copine de mon fils est au courant (ils se fréquentent depuis plusieurs mois...) 

Leurs copains/copines sont au courant... au début, cela me mettait un peu mal à l'aise, mais le malaise est passé...

Ces quelques personnes ont donc eu l'occasion de discuter du Vih en prenant comme exemple un parent (moi, en l'occurrence) ... elles ne m'ont jamais considérée comme une personne malade, m'ont toujours respectée en tant que parent !
Sinon, pour les autres jeunes non concernés : l'information se résume à une réunion de 2 H dans le lycée (comme je vous l'ai dit hier).
Ma fille (prof d'anglais dans un lycée de la banlieue de la région parisienne) vient tout juste de m'envoyer un message pour me dire "rien n'est prévu le 1er décembre" ... !!! ...

Portrait de Rimbaud

Moi, je suis certes un homme de lettres mais surtout un homme d'action : je reviens du lycée et nous avons parlé pendant deux heures de toutes ces questions avec une classe de seconde. Je ris, mais je ris en lisant ce que tu écris Exit tellement tu es en dehors de la réalité et de la vérité. Ce qui s'est passé est un démenti à tous les sceptiques de la terre et ça m'enlève tous mes doutes, toutes mes interrogations. Je ne pourrais même pas écrire un texte construit tellement j'ai été cloué sur place par leurs demandes, par leurs réflexions, par leurs échanges. A la base, je ne voulais pas du tout en parler aujourd'hui, je me suis dit que j'allais construire le truc quand même, mais ce fil de discussion m'a mis en colère : qu'on me prenne pour un pervers parce que je file des capotes à un gamin qui a un problème, c'est profondément débile, qu'on se cache derrière la peur de la société pour me critiquer, c'est lâche. Qu'on pose de telles affirmations sans rien connaître au sujet de l'éducation, c'est ridicule. Ce qui s'est passé aujourd'hui en est la preuve irréfutable. Ca s'appelle juste la réalité. Je leur ai juste demandé si ce serait pas un peu bizarre si on parlait sexualité ensemble, si à un moment donné on prenait du temps pour ça, sachant que c'est intime etc j'ai repris les arguments donnés ici : c'est bien beau d'avoir des certitudes mais à un moment, il faut demander aux principaux concernés : les jeunes ! Non seulement, les 35 élèves étaient enthousiastes (mais vous allez vous dire : ouai, ils voulaient pas bosser Zola, ils voulaient pas bosser, les sceptiques trouvent toujours une parade pour rester dans leurs convictiones stériles et noires) mais ils ont exigé qu'on en parle de suite. Moi : non, non, plus tard, je viendrai avec des chiffres, avec des brochures, et puis vous savez l'infirmière va vous en parler lors d'une séance, elle est plus qualifiée que moi. Eux : ah non, bah justement, ça on n'en veut pas, ça va être chiant, on préfère que ce soit avec vous. Ce qui confirme tout à fait ce que je pense : nous avons une relation unique et privilégiée avec eux.

Je ne peux pas ici refaire tout le dialogue, il y a eu tellement de choses passionnantes et de vraies problématiques. 6 élèves étaient sûrs et certains que le vih se transmet par la salive, et beaucoup ne savaient pas trop, par exemple. Un élève a posé la question pertinente : mais pourquoi on se protègerait à notre âge sachant qu'on n'a quasiment eu aucun partenaire, y a pas de risque ! + la question de mettre la capote au moment où le désir est à son paroxysme, le risque de casser le délire + le fait que les mecs aient envie de relation sans sentiment alors que les filles ont besoin d'aimer l'autre (très discuté dans la classe ça) + le rôle du médecin généraliste (aucun ne leur a jamais parlé de tout ça, si un seul : la mère d'un élève qui est médecin) + la taille des préservatifs + le problème de l'image sociale : un mec qui ne met pas de capote pense être "plus stylé" (je cite) + autre image sociale : la fille qui a une capote sur elle passe pour une fille facile (là aussi très discuté) + "mais je crois qu'on peut faire des tests pour se faire dépister non ? c'est où ? ça se passe comment ? + des infos sur le vih, la CV, les arv, et l'évolution de la maladie depuis les années 80-90 + les hépatites et autres ist + le rôle des parents : levée de boucliers, aucun n'en parle à ses enfants, aucun (sauf la maman doc évidemment) + est-ce que dans le lycée les gays peuvent vivre ouvertement leur vie comme les autres ? + + + plein de choses passionnantes.

A la fin, j'ai fini par faire le lien avec la Préface des Rougon de Zola, la sociologie, la compréhension d'un groupe d'individus comme somme de personnalités, force perso et force collective, représentations sociales, déterminisme.

Je les ai regardés, stupéfait de ce qui venait de se passer : "mais vous savez, je suis vraiment étonné qu'on soit parvenu à parler aussi naturellement ensemble d'un sujet aussi intime, sans gêne, et les 35", parce que tout le monde a parlé. Ils m'ont expliqué que justement, c'est parce que c'était moi et eux (c'est de l'ordre de la complicité l'enseignement, pas de la perversion). Ils m'ont aussi dit que ça ne pourrait pas être le cas avec tous les profs et donc là dessus je suis d'accord : si je veux associer des collègues, il faudra bien cibler et être très persuasif. Et puis, je crois que je n'oublierai jamais le regard de reconnaissance des gays et lesbiennes de la classe en quittant la salle. Et ça je le comprends très bien parce que moi, à leur âge, un prof aurait eu les couilles de parler du droit à vivre sa vie tranquillement dans le respect de ma différence, ça m'aurait beaucoup aidé. 

Alors oui, ça s'appelle une grande réussite. Je ne peux pas vous transcrire tout ce qui s'est passé parce qu'il y avait beaucoup de choses mais oui, ils ont réfléchi, ils ont appris des choses et ils ont échangé, et oui, c'est utile. A la fin, on s'est dit qu'on en reparlerait dans l'année : pour que ce soit pas juste le truc d'une fois, "on en parle et on s'en lave les mains", parce que "vos remarques vont me faire réfléchir dans les jours qui viennent, et je vais penser à d'autres choses à vous dire, ou des précisions à apporter", donc on en reparlera. 

Bien sûr, j'ai compris que les sceptiques, rien ne peut les convaincre mais en ce qui me concerne, je sais désormais que je peux aider des jeunes à être moins perdu et donc à vivre mieux. En France, on adore cultiver le négatif et on déteste célébrer les victoires, même petites : moi je la célèbre parce que ça donne du sens à la vie, à la leur et à la mienne. 

Portrait de jl06

Le message passe avec les éléves que tu à , profite de faire un max de com , on ne peut que t ,encourager à continué ,

j,ai toujours dit que la critique pour la critique ne faisait pas avancé le machin !!!

mais quand même tu doit être un des rares prof et pour cose ...l,aurais tu fait si tu n,était pas séropos ? 

mon péssimisme doit être une affaire d'âge .....j,etait bien cet apm la tête dans les nuages à bord d,un cessna .....que ne ferait on pas pour s,envoyé en l,air 

persiste dans ta démarche !

Portrait de Rimbaud

Je le faisais déjà oui avant d'être séropo.

Si des profs trainent un jour sur ce fil, un exemple  de séquence interdisciplinaire : http://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_1996_num_114_1_1208

Portrait de Pierre75020

Je joins ce lien d'un exercice proposé par TV5 Monde pour ceux qui apprennent le Français mais qui pourrait servir à un professeur d'Histoire, Géographie, ECJS.

http://apprendre.tv5monde.com/fr/apprendre-francais/un-monde-sans-sida-e....

Bravo pour ton action auprès de tes élèves et courage pour la suite.

Portrait de la-vie-en-rose

Portrait de Rimbaud

"Je vous prie d’agréer, monsieur le ministre d’Etat, l’expression de ma haute considération."

merci mais bon moi j'aimais bien "bisous jean-mimi" ;)

Portrait de la-vie-en-rose

J-M Blanquer n'est pas ministre d'État. 

Il n'y a que deux ministres d'État dans le gouvernement actuel : G. Collomb et N. Hulot. 

Précision : on doit écrire ministre (nom de métier/fonction : pas de majuscule) de l'Éducation Nationale. 

Idem : président de la République.

C'est le code typographique...

Portrait de Rimbaud

et ben merci, j'ai corrigé

Portrait de cbcb

Bah voilà tout est dit.... je vérifie tout de même s'il manque un point ou une virgule ...

Je rigole ... Bravo Rimbaud pour tes initiatives !
PS : Ma fille (prof d'anglais dans un lycée en R.P) m'a confirmé qu'il n'y avait rien de prévu le 1er décembre.
Par contre, avec un de ses collègues, ils préparent la semaine de la solidarité (expo, rencontres...)... également important !!!

Portrait de Rimbaud

Merci de tes encouragements !! On change pas le monde mais tout progrès est bon à prendre ;)