Réduction des risques sexuels : définition et démystification - Hommage à Kaaphar (3ème partie)

Publié par skyline le 01.09.2010
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RDRS et traitement efficace : science-fiction ?

Le Conseil national du sida a indiqué que « sur le plan individuel » le traitement efficace ne « se distingue » pas du préso « du point de vue du risque zéro ». Cela a provoqué les foudres des tenants du tout-capote radical, au prétexte d'un brouillage de l'information qui inciterait les gens à abandonner le préservatif. Au-delà de l'aspect spéculatif d'une telle critique qui fait peu de cas de l'intelligence des personnes, il convient de préciser pourquoi les experts sont arrivés à une telle conclusion.

Dans le cas d'un préservatif, l'efficacité de sa protection est limitée par le risque résiduel mécanique liée à sa correcte utilisation et sa fiabilité technique. Il arrive en effet que le préservatif glisse, se déchire ou soit poreux car il est mal utilisé ou de mauvaise qualité. L'efficacité statistique de la capote dépend également de sa régularité d'utilisation à long terme. Or, on le sait bien, peu de gens utiliseront systématiquement le préso à l'échelle d'une vie. Pour le traitement efficace, le risque résiduel est quant à lui biologique : si la quantité est indétectable, des « restes » viraux sont certes potentiellement présents et contaminants, mais pas en assez grand nombre pour provoquer une contamination effective (c'est le cas de la salive, non-contaminante, car elle contient du VIH en quantité infinitésimale). Statistiquement, l'effet de ces 2 risques résiduels qualitativement différents sont équivalents : chacun des 2 outils réduisent le risque de transmission de 95%. Le traitement efficace est par conséquent un outil de prévention complémentaire d'une efficience égale à celle du préservatif. La RDRS propose donc de mettre en place des moyens de surveillance du niveau de la CV pour en contrôler les rebonds potentiels par des (auto)tests de CV et IST réguliers. Et en cas d'IST dépistée, elle recommande une période d'abstinence ou de réutilisation du préservatif le temps des soins, de la guérison et d'un retour à une virémie indétectable.

La RDRS ne cherche pas à remplacer le préservatif par le traitement, mais bien à utiliser ces 2 outils en fonction des besoins, des possibilités et des contextes rencontrés. Bref, ne vous laissez pas désinformer : la science-fiction n'est pas là où certains tentent de vous le faire croire !

PS : Merci à Kaaphar (paix à son âme) et Ecceomo pour les discussions que nous avons eu sur la question dans le passé et qui m'ont largement aidé à élaborer cette réflexion.

Commentaires

Portrait de nathan

donc je devras encore pouvoir co^mpmuniqu_er Merci