Seronet et les Européennes : le poseur pose encore...

Publié par micheltlse le 12.05.2009
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Voici donc le discours politique s’emparer de Séronet. A quelques semaines des Elections Européennes, rien d’anormal. Séronet n’est-il pas place publique, bien que sujette à modération, et l’un de ces outils informatiques dont les derniers partis politiques encore réticents ont compris toute l’importance depuis l’élection de l’Obama We Can ? La condamnation du libéralisme nord-américain et d’une Europe aussi libérale que directive s’affiche donc avec les bobines des personnalités les plus impopulaires du moment, du tsar Nicolas à Besson Iscariote, sans oublier le Bernard plus très saint et les tentatives de la droite, forcément adepte du barebacking.

Le débat est souvent  très « intéressant ». Il est désormais établi, en effet, que le capitalisme et le colonialisme ont peu à peu contribué à l’émergence de l’épidémie du VIH : il faudra décidément en parler plus en détail, en ces nouveaux temps de pandémies catastrophes annoncées. Et la question du creusement des inégalités a permis de diffuser la revendication principale du NPA : 1500 euros pour les plus bas salaires, et les quelques réticences de ceux qui, peut-être, partagent le repentir de la candidate Royale au lendemain d’une campagne présidentielle perdue. Question désormais éternelle, depuis l’explosion de ce qui a succédé au tsarisme : le capitalisme est-il mieux ou pas du tout gérable ? Et pour changer le monde, faut-il faucher illégalement les champs d’OGM ou diriger le FMI ?

Pourquoi donc aussi se plaindre quand on s’est interrogé dès le premier jour de sa naissance sur Séronet sur la place du politique au sein des associations qui luttent contre le Sida ? Sans doute parce que, en caricaturant, c’est à la mode, la place réservée à la question de la précarité fut remise aux deux seules places qu’on lui a trouvé pour l’instant : le misérabilisme et la pratique du « donnant-donnant », version aseptisée du « gagnant-gagnant » dont on se souvient encore. Des chemins alternatifs restent à défricher. On y travaille.  Sans doute aussi parce que la peur de voir stigmatiser tous les hauts salaires s’est exprimée avant celle de ceux qui vont, jour après jour, vers une retraite de merde. Je ne sais pas au juste, à part donc une crise nucléaire et une catastrophe écologique, de quoi ne se relèverait pas « le monde » mais je vois très bien jusqu’où risquent de tomber les séropositifs cinquantenaires.

La question des « crédits revolver » a au moins été posée et très bien posée : « Cofinoga a tiré le premier : chuis foutu ! » Les alertes solidaires sur Séronet pourraient être utiles mais l’on sent bien que cela ne suffirait pas. Il faudrait évidemment faire interdire ces formes actuelles de crédit tout en réfléchissant à ce qui nous pousse, nous qui sommes tous conscients de l’arnaque, à y succomber parfois ou encore. L’endettement comme seule réponse à la précarité ? La consommation comme seule manière d’améliorer à court terme notre "image" et notre rapport à une société dont nous sommes déjà exclus en grande partie ? Cette exclusion est-elle d'ailleurs un mal absolu ou un bien relatif ?  Bref, comment changer nos modes de comportements sans renoncer au combat et où est le vrai combat ?

La précarité-pauvreté nuit donc à la santé. En terme d’observance et donc de prévention, nous dit désormais le CNS. Excellent ! Comment et faut-il que les associations qui luttent contre le VIH portent ce message lors des Européennes, puisqu’Européennes il y a ? Comment, enfin, articuler le discours entre le « chez nous », en Europe, et le « chez les autres » (Le Sud...) et ne pas succomber aux faux conflits d’intérêt ? De cela, oui, aussi, on commence à en parler sur Seronet. Mais pour en revenir à mon questionnement intra-utérin, entre le pragmatisme, la dépendance financière (voir la CIMADE), la revendication, l’affrontement et le lobbying, entre la militance et le militantisme, l’activisme et l’action, quel rôle doivent ou peuvent jouer les associations de lutte contre le VIH ? Et quel rôle chacun de nous est-il prêt à assumer ?

Le poseur pose encore. Des questions, évidemment. Il y a dons les associations, leurs bureaux, des délégations... Il y a aussi des sites dits "virtuels". Sortir de l’isolement grâce à l’informatique est une première et très bonne réponse. De cela, oui, nous pouvons en convenir, malgré les pièges de la communication et les difficultés inhérentes à toute démarche dite "collective et solidaire", dès lors que des statistiques affichent des milliers de communicants en puissance. Mais il s'agit là d'une autre question ...

Commentaires

Portrait de nathan

C'est une très bonne synthèse des débats qui agitent Seronet depuis quelques semaines et des questions encore ouvertes. C'est fait sans animosité et avec un grand respect des thèses en présence. Et c'est un très bon point de départ pour de nouveaux débats.

Merci Michel de l'avoir fait !

PS : ne pourrait-on pas transformer ce sujet en forum ?

Portrait de domilito

      @+  Be zoo  ompeuti Fushia Raleurs     Salu les Gens!!!   Yes k"om U nyk' "on"!!! & DONK§§§   Seronet es 1 on booty!!!

Portrait de micheltlse

Rebonjour ! Bah, je ne suis pas du tout de ceux qui pensent que leur blog leur appartient et si un ou plusieurs forums peuvent s'ouvrir à partir de tant de questions ouvertes, why not ?

Mais il y a tant de questions plus ou moins imbriquées !

Je passe bien volontiers le relai, en attendant que ma cervelle refroidisse un peu...

Quant à l'Europe si maltraité-e, faut-il préciser qu'en matière sociétale, comme on dit maintenant, ce n'est pas si mal, à mon goût ?  

Autre question, encore !!!

Portrait de HumblePenguin

Oui nous allons vers une retraite de merde. J'ai l'impression que nous ne serons pas les seuls si ça peut te consoler.

Qu'est-ce qui va sortir de la crise ? J'ai l'impression que le consumérisme à du plomb dans l'aile, en tout cas, et que ceux qui croient que ça va repartir comme avant vont avoir des surprises.

C'est bien d'aborder des sujets comme celà qui sont rarement abordés.