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Publié par seanaque le 04.07.2010
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consommation occasionnelle de cannabis : sans danger ?

Si l’association entre un usage régulier du cannabis à l’adolescence et des problèmes psychiatriques (psychoses) ou psychosociaux (accidents, marginalité) est désormais bien établie, on connaît moins les conséquences éventuelles d’un usage occasionnel de ce produit. Pourtant, l’extension de sa consommation dans la population constitue un grave phénomène de société affectant actuellement une proportion croissante de jeunes dans le monde. À tel point qu’il s’apparente à une véritable « pandémie cannabique », selon l’expression du Pr de pharmacologie Roger Boillu.

Conduite durant une dizaine d’années sur une cohorte de 1 943 adolescents suivis depuis l’âge de 14 ans environ jusqu’à 24 ans, une étude australienne explore précisément cette question. Sans surprise, cette enquête montre que les sujets avec la consommation de cannabis la plus élevée dès l’adolescence (au moins hebdomadaire) présentent aussi le risque maximal d’addiction à une drogue après 20 ans. Et qu’une évolution vers une dépendance alcoolo-tabagique ou à « d’autres substances illicites » peut concerner même des consommateurs occasionnels poursuivant cet usage contingent du cannabis à l’entrée dans l’âge adulte. Autre conséquence fâcheuse : chez ces jeunes, la formation scolaire et professionnelle se révèle plus médiocre, comparativement à ceux n’ayant pas touché au cannabis. Autrement dit, même en l’absence de conséquence médicale directe, le cannabis a souvent une répercussion socio-économique préjudiciable.

En se fondant sur leur expérience, les auteurs trouvent toutefois « exagéré » l’alarmisme relatif à un usage sporadique du cannabis. Pour autant, les interventions visant à prévenir le risque d’une consommation accrue et celui d’une escalade vers d’autres drogues leur semblent justifiées. Mais cette prévention nécessaire leur paraît concerner surtout les omnipraticiens, dans la mesure où, malgré l’incidence possible de leur pratique sur la santé mentale, ces consommateurs occasionnels ou débutants sont encore, à ce stade précoce, « peu susceptibles de contacter les services spécialisés. » Et pour le Pr Louisa Degenhardt [1], l’intérêt de cette prévention réside surtout dans le fait que les efforts pour contrer l’usage du cannabis durant l’adolescence sont corrélés à une réduction du risque ultérieur de toxicomanies.

[1]Professeur d’épidémiologie à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (Sydney, Australie)

L'article original est dans le "British journal of psychiatry" p.290 à 295  de  2010 et l'auteur s'appelle Louisa Denegarht