Un dimanche pluvieux ... Vadrouille en mon moi profond ...

Publié par aurore712 le 29.03.2009
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Ce matin, je me suis levée pour découvrir un ciel gris et pluvieux. Il a fait un temps splendide cette semaine où je ne pouvais pas en profiter alors que, bien entendu, le jour où j'ai du temps pour aller vadrouiller un peu, il fait un temps de chien. Alors j'en profite aujourd'hui pour continuer mes errances mentales.

Je me pose des diazines de questions, comme tout le monde j'imagine. Mais une me taraude particulièrement. Comment gérer la pseudo-acceptation de ma maladie par ma femme ? Quand j'ai appris ma séropositivité, elle l'a bien accepté, m'a épaulé grandement au début de mon traitement. Mais, au fil du temps et de l'amélioration de mon état de santé,le soutien s'amenuise, j'ai l'impression qu'elle veut vivre une vie "normale" avec moi. Mon régime alimentaire l'indiffère presque totalement, elle continue à manger gras, sucré, salé, au gré de ses envies et je dois me battre au quotidien pour que je puisse adopter un régime plus équilibré et meilleur pour ma santé.Comme mes résultats sont bons, ma charge de travail domestique s'est accrue, je dois gérer le ménage, les courses, les chats enfin presque tout quoi. Elle se sent fatiguée, avec ses petits soucis de santé aussi à gérer. Mais alors, qu'advient-il de ma propre fatigue et de mes propres faiblesses ? Je suis extrêmement éxigeante avec moi-même, c'est un fait. Je n'ai appris à demander de l'aide que récemment. Toujours axée sur le bien-être de celles et ceux qui m'entourent, je me suis toujours efforcée de faire tout ce que je pouvais pour qu'ils soient bien et heureux. Mais désormais, il faut que je songe beaucoup plus à moi, le virus, le traitement et la bataille de mon système immunitaire m'épuisent. Alors que faire ? Comment arriver à concilier ma nature profonde avec cette nécessité de m'occuper ed moi ? Et qu'adviendra-t-il de mon couple si je ne parviens pas à faire face à tout ? Doit-on parfois en arriver à devoir dégrader un pan de sa vie pour pouvoir en améliorer un autre ? Doit-on apprendre à se renier soi-même pour pouvoir assurer sa survie ? Et dans ce cas, dans quel but survivre si on ne peut pas vivre sa vie pleinement ? Quel sens donner à tout ceci ? Survivre, mais à quel prix finalement ? Et comment se faire des relations quand on est soi-même un peu perdue ? J'imagine que le temps atténuera la fatigue et les effets secondaires et que je pourrais peu à peu reprendre le cours de ma vie. Le jonglage quotidien imposé par cette maladie sera certainement moins contraignant plus tard, quand je serais revenue à des T4 plus élevés. Je reviens de loin, j'aurai pu y laisser ma peau en route sans une toubib géniale et ouverte. Alors cette chance qu'il m'est donné de continuer à vivre, je ne veux pas la gâcher. Beaucoup n'ont encore pas cette chance de nos jours. Il va falloir que je ré-apprenne à vivre, à profiter de chaque instant et de tous ces petits riens si agréables de la vie, quitte peut-être à prendre un chemin qui me séparera de certaines personnes pour me rapprocher d'autres. Pas facile d'intégrer la révolution de la maladie dans sa vie. Pas facile non plus de se rendre compte que les gens qui m'entourent ne se rendent pas bien compte de ce que ça me coûte tous les jours comme efforts pour continuer à vivre aussi bien que possible. J'en reviens à la solitude, comme beaucoup de séropos. Seule face à moi-même, face à mon virus et finalement face à la société qui n'appréhende pas toujours ce qu'est la vie d'un séropo au quotidien. Faire face, envers et contre tout et tous, je le fais. J'ai toujours espoir, qu'un jour, tout ceci ne sera plus qu'un souvenir, une page tournée ... Alors, zou, j'avance, encore et toujours, et j'arrête de trop tergiverser sinon je vais faire surchauffer les neurones ! Le chemin parcouru est déjà conséquent et il en reste encore un beaucoup plus long à parcourir !Je ne sais pas où il me mènera mais j'y vais, advienne que pourra ...