Un train peut en cacher un autre

Publié par Ferdy le 04.03.2013
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J'ai toujours eu un faible pour cet avertissement ferroviaire, plein de malices et d'évidence. Mais ce n'est pas de trains dont il sera question ici. Hélas diront certains. Tandis que le sujet pourrait nous offrir une occasion idéale pour des bifurcations hasardeuses.

Non, c'est en repensant au post récent de Romain, reprenant la vidéo hilarante de notre Gégé en pleine montée de vodka à Grozny. Il nous en aura fait voir de toutes les couleurs, sacré Gégé.

Depuis qu'il s'est exilé fiscalement en Belgique, on ne le voit plus que dans l'une ou l'autre république de la fédération de Russie, dans des mises en scène douteuses, en compagnie d'oligarques et de mafieux, quand ce n'est pas directement avec son grand ami Vladimir Poutine, pour faire l'éloge de sa politique visionnaire, démocratique et... généreuse.

Car j'avais tout à l'heure au téléphone une amie, correspondante à Moscou, qui me confirmait ce que je craignais un peu. Monsieur est grassement rémunéré pour jouer au pitre auprès de ses nouveaux amis pas très nets, son ami tchétchène le rétribue pour sa performance, et au passage lui offre en sus un appartement de cinq pièces, comme ça, parce qu'il lui est sympathique. 


C'est tout de même incroyable cette déchéance, assez pathétique devant des caméscopes d'amateurs, ce besoin de reconnaissance, d'honneurs dérisoires, de fric, de provoc, etc... à pousser si loin la caricature du vulgaire (ce qu'il n'est pas, intrinsèquement), déjouer cette sensibilité exacerbée, sous le masque du bouffon, du cynisme à l'encéphalogramme plat, ou aplati par l'alcool, grossissant au-delà du concevable, imposant cet air imbécile, grivois, cupide, lorsque dans une pirouette, il saura comme personne laisser transparaître la fragile beauté d'un vers (de poésie, pas de vin, parce qu'avec celui-là il ne fait pas dans la dentelle), obligeant aujourd'hui ses amis à prendre sa défense publiquement (comme Catherine Deneuve récemment), l'embarras du marigot des people, un peu gênés quand même par cette débauche livrée en direct, parti total en vrille le Gégé, on ne sait pas jusqu'où...


De fait, j'en reviens à ma conversation avec mon amie, elle m'apprend un projet de décret émanant du Kremlin qui viserait à imposer aux JT des chaines nationales un quota de bonnes nouvelles dans leurs éditions ! on essayait d'imaginer un 70 de bonnes, pour 30 de mauvaises, la question qui se pose alors serait déjà de savoir qui tient la balance, et ensuite à l'aune de quelle valeur-étalon,


comment apprécier la qualité d'une bonne ou d'une mauvaise nouvelle... vaste question, tout dépend d'où on regarde les choses, c'est pourquoi je reviens à mon histoire de trains, une bonne affaire peut en cacher une autre, bien moins réjouissante à l'usage, les exemples seraient quasi infinis, 


pour conclure par une pirouette, car c'est décidément une figure dans l'air du temps, le scandale de la viande de cheval en lieu et place de boeuf dans des plats préparés, sans qu'il y ait eu péril en la demeure, aura permis de mettre au jour la complexité inimaginable du parcours emprunté pour obtenir une simple barquette de lasagnes, confiée aux bons soins de plusieurs traders passant par Chypre, la Roumanie et le Luxembourg, lorsque la ménagère candide croyait que M. & Madame Findus cuisinaient à l'italienne, dans l'arrière-cour de leur grande surface, encore une désillusion presque aussi invalidante que lorsqu'il avait fallu se résoudre à ne plus croire au père Noël, bref, la mauvaise nouvelle (l'escroquerie, la tromperie, le minerai de viande et tout le sordide de l'affaire) s'est soudainement métamorphosée en plus ou moins bonne, lorsque les distributeurs ont décidé avec l'aval des ministères concernés, d'offrir ces lots invendables, par milliers, à qui ? à nos pauvres !


alors, on le tenait notre quota ? 70/30, oui, on y était presque, la barquette de lasagnes saupoudrée de cynisme en guise de parmesan, suffisait d'y penser...