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J'ai eu de violentes douleurs au coeur Jeudi et, Vendredi, je suis allé voir mon cardiologue qui m'a rajouté un médoc, l'IKOREL, sensé "oxygéner le muscle cardiaque".
Mon coeur compte-t-il "respirer" encore longtemps?
Les antiprotéases m'ont encrassé les artères. Opéré des coronaires en 2003, d'une carotide en 2008, je vais bientôt y repasser pour une artère de la jambe obstruée.
Les antiprotéases m'ont sauvé du SIDA mais ne m'ont-elles pas rapproché d'une issue fatale de type cadio-vasculaire (infarctus ou AVC) ?

Qu'en pensez-vous ?

Commentaires

Portrait de texas303

Effectivement, il semble que les médocs et le VIH "abîment" le système cardiovasculaire. Mais Il faudrait que tu précises ton ^ge, si tu fumes ou si tu bois, si tu t'entretien physiquement ou non. Si tu es un gros mangeur ou si tu fais des excès. Si tu eu obèse ou si tu es diabétique. Si tu as des triglycérides élevés depuis des années ou non. Car tout ceci est un tout... et je pense que le corps il faut le ménager. Encore plus quand on est séropo
Portrait de nathan

jean-rene wrote:

J'ai eu de violentes douleurs au coeur Jeudi et, Vendredi, je suis allé voir mon cardiologue qui m'a rajouté un médoc, l'IKOREL, sensé "oxygéner le muscle cardiaque".
Mon coeur compte-t-il "respirer" encore longtemps?
Les antiprotéases m'ont encrassé les artères. Opéré des coronaires en 2003, d'une carotide en 2008, je vais bientôt y repasser pour une artère de la jambe obstruée.
Les antiprotéases m'ont sauvé du SIDA mais ne m'ont-elles pas rapproché d'une issue fatale de type cadio-vasculaire (infarctus ou AVC) ?

Qu'en pensez-vous ?

Bonsoir Jean-René,

C'est bien connu que les antiprotéases peuvent majorer le risque cardio-vasculaire. Des cas de mort subite se sont produits dans un passé pas trop lointain, même chez des sujets jeunes. D'un autre côté, les antiprotéases qui sont davantage prescrites en France que nulle part ailleurs ont l'intérêt de minimiser les résistances dans la mesure où elles acceptent davantage des écarts d'observance que les autres classes d'ARV. Par exemple, sur le chat de mardi dernier consacré à l'observance, une chatteuse avait indiqué qu'elle prenait une trithérapie ne comprenant aucune anti-protéase. Cela m'a intrigué. Et je lui ai demandé dans quel pays on lui prescrivait cette combinaison  (S/c de Franck Barbier, responsable thérpaeutique à Aides qui participait à ce chat) - implicitement parce que je me doutais bien que ce n'était pas en France. J'aurais dû parier en ligne lol. Et en effet, elle n'était pas en France mais dans un autre pays de l'Europe. Mais dans son cas, elle devait faire face à d'autres effets induits, croit-elle, par son traitement.

Tu as déjà évoqué Jean-René sur le site à plusieurs reprises ton passé cardio vasculaire. Ne faut-il pas ajouter à cela le facteur majorant lié à la longévité avec le virus et avec la longévité tout court ? Quoi qu'on en dise, l'espérance de vie d'une personne séropositive est nettement inférieure à celle de la population générale comme l'a encore montré une étude suédoise récente. Mais, d'un autre côté, tu aas sans doute déjà dû rayer de ton carnet d'adresses des amis non séropos a priori qui sont pourtant partis avant toi.

En même temps, le risque cardio vasculaire ne me semble pas être une donnée générationnelle chez les séropos. Il me paraît difficile pour un sujet jeune qui prend des antiprotéases de vivre comme un Bénédictin. S'ajoutent à ce facteur majorant lié aux antiprotéases le rythme de vie, la vulgarisation des produits festifs, le stress de la société peu favorable et celui d'un avenir sombre... D'autre part, on peut ête jeune et partir d'emblée avec un handicap cardio vasculaire. Milo....., si tu nous lis, tu en parleras sans doute...

Et plus globalement, on sait que que le risque cardio vasculaire est une donnée civilisationnelle. Autrefois, les femmes étaient très largement épargnées par ce risque. Elles ne le sont plus. Et ce n'est pas spécifique aux pays riches. Par exemple, l'Egypte connaît depuis quelques années une explosion des pathologies cardio vasculaires chez les femmes. Le Mexique aussi.

Mais si j'avais une question à poser à un infectiologue français, ce serait celle-ci :

Pourquoi, connaissant l'épidémiologie du risque cardio cardio vasculaire dans le monde, êtes-vous, vous les infectiologues français, ceux qui, dans le monde, prescrivent le plus d'antiprotéases qui majorent pourtant ce risque ?

Je pense qu'il me répondrait : "Oui, mais justement les Français comme les Crétois, du fait de leur habitude de vie,appartiennent aux populations les moins ctouchées par le risque cardio vasculaire."

Et là je lui demanderais : "Mais est-ce qu'un Français séropo est un Français comme un autre ?"

Plus clairement, la question qui me semble vraiment importante dans la France séropositive, c'est celle de la (sur)precription des antiprotéases. Et c'est une question que je pose à mes médecins, moi qui prends 1600 mg de Prezista par jour alors que que la dose AMM maximale est de 800 mg par jour.

Portrait de jean-rene

Merci Nathan pour ta réponse très complète.

A Texaco, je réponds:

Pour mon âge, c'est vrai que j'ai passé une dizaine cette année mais mon cardiologue m'a récemment dit, sans faire référence à mon âge,: "Les antirétroviraux vous DETRUISENT les artères"!

Pour le reste, j'ai très peu fumé dans ma vie et ne fume plus depuis 9 ans, je ne bois quasiment pas d'alcool, je fais une 1/2 heure de marche à pied par jour, je ne suis pas un gros mangeur et ne suis ni obèse ni diabétique.
Et j'ai des triglycérides élévés depuis 13 ans que je suis sous antiprotéases.

Portrait de nathan

jean-rene wrote:

Pour mon âge, c'est vrai que j'ai passé une dizaine cette année mais mon cardiologue m'a récemment dit, sans faire référence à mon âge,: "Les antirétroviraux vous DETRUISENT les artères"!

Pour le reste, j'ai très peu fumé dans ma vie et ne fume plus depuis 9 ans, je ne bois quasiment pas d'alcool, je fais une 1/2 heure de marche à pied par jour, je ne suis pas un gros mangeur et ne suis ni obèse ni diabétique.
Et j'ai des triglycérides élévés depuis 13 ans que je suis sous antiprotéases.

Bonjour Jean-René,

Dans ce que tu as écrit ci-dessus, j'ai graissé deux passages.

D'un côté, ton médecin te dit que "les antirétroviraux" en général seraient responsables de tes soucis cardio. Le dit-il avec autant d'imprécision ? Sans incriminer une classe particulière d'Arv ?

De ton côté, tu constates une hypertriglycéridémie que tu attribues à tes "13 ans (...) sous antiprotéases". Tu en as parlé avec ton infectiologue de cette relation que tu établis entre la donnée biologique et la classe particulière d'Arv que tu évoques ?

Par exemple, as-tu pris longtemps la première antiprotéase sur le marché, Norvir (ritonavir) comme traitement de base à fortes doses puis comme booster, dans son ancienne forme galénique ?

Pour rappel, voici la composition de l'ancienne forme galénique de Norvir :

Alcool,  Eau purifiée,  Huile de ricin polyoxyl,  Propylèneglycol,  Citrique acide (E330),  Sodium saccharinate,  Menthe,  Arôme crème caramel,  Jaune orangé S (E110)

La composition de cette molécule peut laisser penser qu'avec le temps, en effet,  une hypertriglycéridémie puisse apparaître... Peut-être même beaucoup plus vite qu'on ne pouvait le penser. J'ai évoqué sur d'autres forums ici sur Seronet cette hypertriglycéridémie qu'on a constatée chez moi avec l'ancienne forme galénique et sa régression avec la nouvelle forme, dite forme sèche. Et encore je ne prends Norvir que comme booster, deux fois par jour, depuis un peu plus d'un an.Je n'ai jamais été sous traitement ARV avant le milieu de l'année dernière.

Merci

Portrait de Doume29

Ayant été mis sous bithérapie de 96 à 98, cette prescription a été un vrais désastre à tel point que mon doc a préféré tout arrêter! En effet mes taux de cholestérol et triglycérides étaient tellement élevés qu'il a voulu me mettre sous traitement, prescription que j'ai refusé!! J'ai dû changer mon hygiène alimentaire ce qui m'a permis de retrouver un tau de cholestérol acceptable mais les tri-glycérides restaient anormalement très élevés.

Ayant débuté ma trie (sustiva 400 et truvada) le 1er décembre 2008 (4 mois très pénibles), j'ai dû changer mon hygiène alimentaire malgré moi et la paresse aidant je me contente de pâtes et sauce tomates agrémentées de pily-pili avec au minimum deux fruits à chaque repas, je dois ajouter que je bois beaucoup 1,5l à 2l d'eau par jour et depuis tout est redevenu normal.

C'est à n'y rien comprendre!!

Portrait de jean-rene

Je réponds à Nathan:

1/ Mon cardiologue m'a dit textuellement: "Les ANTIRETROVIRAUX détruisent vos artères"

2/ C'est mon infectiologue lui-même qui attribue mon hypertriglycéridémie aux anti-protéases; c'est la raison pour laquelle il a essayé de remplacer, dans mon traitement, l'antiprotéase PREZISTA par l'INNTI INTELENCE mais a dû arrêter cet essai du fait de la remontée de ma charge virale; c'est lui-même qu m'avait dit, il y a longtemps, : "Du fait des traitements, vous mourrez plus sûrement d'un problème cardiovasculaire que du VIH".

3/ J'ai pris du NORVIR sous son ancienne forme:

- de Septembre 1996 à Janvier 1998 puis

- de Juillet 1998 à Avril 1999 puis

- de Juillet 2000 à Avril 2001 puis

- de Novembre 2001 à Octobre 2009 puis

- de Juin à Septembre 2010,

soit 12 ans étalés sur 14 ans.

Portrait de nathan

jean-rene wrote:

2/ C'est mon infectiologue lui-même qui attribue mon hypertriglycéridémie aux anti-protéases; c'est la raison pour laquelle il a essayé de remplacer, dans mon traitement, l'antiprotéase PREZISTA par l'INNTI INTELENCE mais a dû arrêter cet essai du fait de la remontée de ma charge virale; c'est lui-même qu m'avait dit, il y a longtemps, : "Du fait des traitements, vous mourrez plus sûrement d'un problème cardiovasculaire que du VIH".

Oui, c'est avéré que les antiprotéases sont responsables d'une hypertriglycéridémie entre autres effets pouvant avoir des incidences cardio vasculaires. Même Prezista, la dernière antiprotéase en date. D'ailleurs si l'on observe ce qui s'est passé pour Prezista qui était prescrit initialement à 900 mg max puis soudainement à 800 mg, suite à la Croi de Montréal, avec application immédiate et effective depuis les pharmacies, on peut certes féliciter la réactivité des autorités sanitaires mais on peut s'interroger sur leur manque de transparence concernant les anciennes antiprotéases.

Doume29 évoque lui un changement dans son régime alimentaire. Certes. C'est utile. Mais c'est très exceptionnellement que même un changement à ce niveau permette de réduire notamment une hypertrigly.  même si les infectiologues ont tendance à rejeter la responsabilité de cette hypertrigly. ou du cholestérol aussi sur le patient pour se dédouaner eux-mêmes et pour dédouaner les labos pharmaceutiques (qui au passage les rémunèrent).

Portrait de jean-rene

Et oui, là comme ailleurs, on voit que le "lobby des labos" ne craint pas de masquer les effets secondaires de leurs médocs, quand ils sont nuisibles à la santé de leurs patients; avec parfois la complicité, par le silence, de médecins qui ne signalent pas ces effets secondaires à leurs patients
Portrait de nathan

Quoi qu'ils en disent, les chefs de services hospitaliers sont liés économiquement aux laboratoires pharmaceutiques d'où la  multiplication des pseudos études sur les  molécules qui constituent un complément de leur rémunération ainsi que pour leurs subordonnés qu'ils "arrosent", même chichement. Même à la retraite, la plupart d'entre eux poursuivent ces relations en continuant de chapeauter ce genre d'études à l'hôpital dont l'intérêt n'est pas démontré. C'est une façon de contourner la moralisation des relations entre les médecins et l'industrie pharmaceutique qui a notamment abouti au licenciement économique de centaines de visiteurs médicaux. On peut se demander si désormais certains praticiens hospitaliers ne sont  pas devenus les nouveaux "visiteurs médicaux" du XXIème siècle...

Portrait de jean-rene

Qu'est-ce qui doit être mis au centre de l'intérêt d'un service hospitalier?

L'ARGENT, en taisant au patient les effets nocifs des médocs des labos, afin de conserver ces "compléments de rémunération" que les labos versent à ce service?

Ou l'HOMME, en signalant au patient les effets nocifs des médocs prescrits, afin de lui permettre de choisir son traitement, en citoyen conscient  ?

Portrait de jean-rene

Pourrais-tu, Nathan, nous rafraichir la mémoire sur "les prescriptions aléatoires et douteuses du Prezista qui ont déjà fait sur le site l'objet de divers billets", prescriptions dont tu parles dans ton blog "Exit l'AFSAPS...que les assos et le TRT5 clarifient leurs positions !".


Ca m'intéresse à plus d'un titre.

Portrait de nathan

Pour répondre à ta question Jean-René,

Voici le schéma de prescription de Prezista depuis son AMM :

1. En mono ou en thérapie combinée, Prezista était prescrit jusqu'à 900 mg (900 mg en monothérapie). Dans des cas exceptionnels de multirésistance, au-delà, compte tenu du facteur bénéfices/risques assumé par les patients.

2. Un premier doute intervient ensuite concernant le colorant concérogène de Prezista. Le colorant est changé.

3. Lors de la Conférence Internationale sur le Sida en 2009 à laquelle participent des émissaires de Aides qui rendent compte ici en direct des résultats -on pourrait retrouver leurs CR -, il apparaît qu'au-delà de 800 mg, Prezista peut devenir dangereux. Et qu'il faut d'urgence descendre en-dessous de 900 mg pour la plupart des patients traités. C'est l'appel lancé ici par les émissaires de Aides en direct. Ils ont fait leur job.

4. Des séropos traités par Prezista 900 ayant entendu parler de la Conférence de Montréal contactent leurs infectiologues qui leur disent qu'ils n'ont entendu parler de rien et de continuer avec Prezista 900. En fait, ce sont les pharmaciens eux-mêmes qui n'attendant pas de nouvelles ordonnances délivreront eux-mêmes d'office Prezista dans sa nouvelle posologie à 800  mg.

5. Or Prezista à 800 mg en monothérapie montre qu'il est moins efficace et des blips apparaissent chez des personnes sans virus mdr et traités depuis plusieurs années.

6. Faute de nouveaux ARV de classe 4, les infectiologues augmentent la posologie de prezista à 1200 mg. Donc en totale contradiction avec le schéma ci-avant.

Et là, silence total des assos ou du TRT5. Bien sûr, il est grave de subir des ruptures de stocks d'ARV. Quoiqu'il y aurait beaucoup de choses à dire à ce sujet et sur la manière dont certains font mousser politiquement la chose...

Mais il me semble qu'il encore plus grave de prescrire hors AMM une molécule dont on a laissé penser qu'elle était dangereuse à partir d'une certaine posologie, notamment pour des patients ayant déjà à subir les effets cardio de leurs années de traitement plutôt que de ne rien prendre. Et on revient au Mediator...

Et pourtant, ce n'est que la rupture de stocks d'ARV qui semble occuper tout le champ de pensée du TRT5... Il suffit d'observer l'absence de réponses, ne serait-ce que d'Aides ici sur le site, aux billets qui se multiplient pourtant depuis plusieurs mois concernant Prezista...

L'autre question sous-jacente, c'est celle des ARV de quatrième ligne. Et là aussi, silence radio !

Portrait de fabinette

Prezista contient toujours le fameux E 110. ( c'est ecrit sur la petite boite), il suffit de le taper dans le moteur de recherche pour s'apercevoir que bon nombre de pays l'ont interdit à l'usage alimentaire............Pour cause effectivement de dangerosité.
Portrait de nathan

fabinette wrote:
Prezista contient toujours le fameux E 110. ( c'est ecrit sur la petite boite), il suffit de le taper dans le moteur de recherche pour s'apercevoir que bon nombre de pays l'ont interdit à l'usage alimentaire............Pour cause effectivement de dangerosité.

Bah voilà ! Ce qui ne fait qu'ajouter du doute au doute concernant cette molécule qui, outre ses effets cardio potentiellement destructeurs, serait donc toujours aussi cancérogène. Si jamais je devais subir ces deux effets mortifères de cette molécule, dans mon cas, je préfèrerais faire la synthèse et avoir un cancer du coeur Perplexe

Portrait de Sophie-seronet

Bonsoir,

On se renseigne sur les problèmes de posologie et de colorant évoqués. Mais il est sans doute inutile d'opposer ces problématiques aux ruptures d'ARV. Ce sont deux champs de recherche complémentaires et sans aucun lien.

Bonne soirée. Sophie

Portrait de Sophie-seronet

Voici des éléments de réponse, compilés maison avec le secteur thérapeutique...

La posologie de Prezista évolue depuis sa commercialisation, en fonction des dernières données d’efficacité disponibles dans les essais :
 
Actuellement en Europe coexistent deux schémas :
- Pour les patients naïfs de tout traitement : un fois par jour : 2 comprimés de 400 mg + 1 comprimé de Norvir) ; au total : 800 mg/jour
- Pour les patients prétraités : deux fois par jour : 1 comprimé de 600 mg + 1 comprimé de Norvir, au total : 1200 mg/jour
La dose est donc plus forte pour les personnes ayant déjà pris une trithérapie que pour les personnes naïves de tout traitement.
 
Une étude présentée lors de la conférence IAS 2009 évalue une stratégie d’allègement thérapeutique du Prezista boosté par le Norvir, mais nous n’avons trouvé aucune info particulière sur une éventuelle toxicité au dessus de 900 mg/jour.

Nathan, tu pourrais partager tes sources à ce sujet ?
 
Et sinon, comme le souligne le Yeni la possibilité d’une monoprise de 800 mg par jour pour les patients naïfs de tout traitement, pourrait être très prochainement étendue aux patients déjà traités (si pas de mutations de résistances). En effet, les résultats à 48 semaines de l’essai clinique ODIN (étude présentée à la CROI 2010) montre une efficacité similaire des schémas en deux prises par jour que ceux en une prise quotidienne.
L’essai indique des effets secondaires similaires, en revanche les taux de lipides semblent moins élevés avec une prise quotidienne. Cette stratégie est déjà approuvée aux Etats Unis, elle est en cours d’évaluation en Europe. A suivre donc…

Enfin, la question des monothérapies évoquée dans un post est encore différente. Pour rappel, les monothérapies par antiprotéase boostée (Kaletra seul ou Prezista/Norvir seul, non associés à d’autres ARV) sont à ce jour des stratégies exploratoires qui nécessitent une surveillance particulière et une observance particulièrement élevée. D’après les données dont on dispose, elles ne sont envisageables qu’en maintenance, c'est-à-dire chez les personnes dont la charge virale est contrôlée. De plus, le schéma en une prise par jour est à éviter, en raison d’un risque accu de blips (rebond de charge virale) et de survenue de résistance.

Bonne journée. Sophie

Portrait de nathan

Sophie-seronet wrote:

Actuellement en Europe coexistent deux schémas :
- Pour les patients naïfs de tout traitement : un fois par jour : 2 comprimés de 400 mg + 1 comprimé de Norvir) ; au total : 800 mg/jour
- Pour les patients prétraités : deux fois par jour : 1 comprimé de 600 mg + 1 comprimé de Norvir, au total : 1200 mg/jour
La dose est donc plus forte pour les personnes ayant déjà pris une trithérapie que pour les personnes naïves de tout traitement.

Non, il existe au moins un troisième schéma puisque c'est le mien et à ma connaissance je vis en Europe. En ce qui me concerne, je n'ai jamais pris d'ARV avant de prendre Prezista notamment et je suis dosé à 1600 mg par jour.

Sophie-seronet wrote:

nous n’avons trouvé aucune info particulière sur une éventuelle toxicité au dessus de 900 mg/jour.Nathan, tu pourrais partager tes sources à ce sujet ?

Alors là, c'est la grosse blague. Mes souces c'est vous ! Puisque ce sont vos représentants présents à la conférence de Montréal qui ont diffusé ces informations en direct live sur le site Seronet depuis Montréal. J'ai même eu une échange sur le site avec un de ces réprentants à ce sujet. Et ce dosage toxique à 900 mg, les pharmaciens eux-mêmes l'ont confirmé puisque d'office, ils ont descendu la prescription des personnes traitées de 900 mg  à 800 mg dès que la nouvelle a été connue, sans passer par la case "infectiologues". Et j'ai des preuves !

Portrait de nathan

Sophie-seronet wrote:
D’après les données dont on dispose, elles ne sont envisageables qu’en maintenance, c'est-à-dire chez les personnes dont la charge virale est contrôlée. De plus, le schéma en une prise par jour est à éviter, en raison d’un risque accu de blips (rebond de charge virale) et de survenue de résistance.

 

Ca c'est ok. En effet, en une prise par jour à 800 mg chez des patients en mono, les blips se multiplient. Mais c'est ce que j'écris depuis des mois ici. Et donc, il faut passer nécessairement au moins à 1200 mg que ce soit en une ou deux prises. Ce qui repose à nouveau le problème de la toxicité de Prezista au-delà de 800mg par jour.

Portrait de Sophie-seronet

J'imagine que tu fais référence à cette brève, un retour de la conférence de San Francisco...

La brève n'évoque pas de toxicité mais d'éventuelles diminutions d'effets secondaires en rapport avec une diminution de la posologie, dont personne ne conteste la toxicité sur le long cours, mais rien de comparable avec le retrait de la molécule de la commercialisation.

Quant au dosage particulier qui te concerne, tu en expliques parfaitement bien les raisons dans les commentaires de la brève.

Sophie

Portrait de nathan

Mais là où je ne suis pas convaincu du tout, c'est sur le paradoxe qu'on ait décidé à un moment donné qu'il valait mieux passer de 900 à 800 et qu'aujourd'hui - les cas se multiplient - on repasse à 1200 (sans parler de mes 1600 mg bien sûr).

On a estimé qu'il ne fallait pas exposer les patients à ces effets secondaires (juste pour une différence de 100 mg) qui à moyen terme vont devenir des troubles cardiovasculaires car c'est la suite logique et d'un coup, on passe allègrement à 1200 mg, c'est-à-dire 4 x 100 mg de plus, comme si de rien n'était, malgré la Croi de SF et ce que j'ai écrit plus haut à propos des pharmaciens, ce qui évidemment va majorer les effets secondaires et donc les troubles cardiovasculaires associés. N'est-ce pas étrange ? Je trouve que c'est à nouveau une bien étrange conception du rapport bénéfices/risques.

Mais n''est-ce pas justement parce qu'on a rien d'autre à proposer et que donc on préfère exposer les patients à davantage de risques ? Le combat à mener se situe donc bien sur la nécessité d'ARV de quatrième ligne !

Portrait de Seros

Au cours des essais précliniques, on a testé différents dosages et convenu que le dosage souhaitable était de 600 mg  de prezista + 100 mg de Norvir bid (2fois par jour). 900 mg bid n'apportait pas de bénéfices vraiment intéressants par rapport aux inconvenients (effets secondaires).  

Prezista fut donc commercialisé avec le dosage de 600 mg + 100 mg de Norvir bid. C'était en 2006, les comprimés étaient offert en format de 300 mg  (2 comprimés de 300 mg +Norvir 100 mg)  Puis vint l'étude Artemis en 2007 qui démontra qu'une dose de 800 mg + 100mg Norvir die ( une fois par jour) était aussi efficace chez les patients naïfs.  Mais les comprimés n'étaient disponibles qu'un dosage de 300 mg. C'est pourquoi nombre de médecins , appuyés par les phamaciens, décidèrent d'utiliser la dose de 3 comprimés de 300 mg pour s'approcher au plus près de la dose de 800mg. Dès que les comprimés de 400 mg furent disponibles , ils ajustèrent la psologie à 2 comprimés de 400 mg.

Il n'y a donc pas de manigance occulte ou de complot là-dedans. Simplement peut-être un peu de confusion ou d'incompréhension de conférences ou de lectures en anglais.

Quant à tes 1600 mg ,Nathan, les études précliniques  ont d'abord testé le Prezista seul, sans booster. On a testé des doses de 400 mg bid, 800 mg bid, 800mg tid (trois fois par jour) et même 1200mg tid !  Les effets secondaires étaient plus importants certes dans le troisième groupe mais pas extrêmes.  Donc avec tes 1600 mg , on est loin de l'excès.  Mais je trouve étrange que ton doc te prescrive cette forme de dosage avec le Norvir comme booster.

Seros

Ref:   -Monographie du produit

3.3 Motifs cliniques

3.3.1 Pharmacodynamique

L'activité antirétrovirale du darunavir, de même que la pharmacodynamique, l'innocuité et la tolérabilité du darunavir ont été évaluées dans une étude de phase IIa réalisée auprès de 34 sujets infectés par le VIH-1. Les sujets ont reçu au hasard un des schémas posologiques de darunavir suivants : 400 mg deux fois par jour, 800 mg deux fois par jour, 800 mg trois fois par jour, ou 1 200 mg trois fois par jour pendant une période de 13 jours, suivi d'une dose unique le 14e jour. Le groupe témoin était composé de sujets infectés par le VIH‑1 qui continuaient leur traitement en cours.

En général, plus l'exposition au darunavir était élevée, meilleure était la réponse, résultat étayé par la relation pharmacocinétique/pharmacodynamique. L'administration de darunavir à raison de 800 mg deux fois par jour, de 800 mg trois fois par jour, et de 1200 mg trois fois par jour durant 13 jours, suivie d'une dose unique le 14e jour s'est traduite par une baisse significative de la charge virale comparativement au groupe témoin. Dans le groupe recevant 400 mg deux fois par jour, la baisse de la charge virale était plus faible, mais tout de même statistiquement significative comparativement au groupe témoin à la fin du traitement. Aucune conclusion n'a pu être tirée concernant la numération des cellules CD4+ en raison de la variabilité importante des données et de la courte durée de l'essai.

Les schémas thérapeutiques faisant appel au darunavir étaient habituellement sûrs et bien tolérés. Les effets indésirables (EI) les plus courants durant la période de traitement étaient les suivants : diarrhée, céphalées, flatulences, bouffées de chaleur, fatigue, dyspepsie, nausées et étourdissements. Le profil d'innocuité et de tolérabilité du darunavir était semblable pour l'ensemble des quatre groupes de dose.

L'efficacité, l'innocuité et la tolérabilité de Prezista administré en association avec du ritonavir à faible dose ont été évaluées dans le cadre d'un essai à étiquetage en clair, de phase IIa, contrôlé et randomisé, réalisé auprès de sujets ayant déjà été traités avec de multiples inhibiteurs de la protéase. Les sujets ont été répartis aléatoirement dans un des groupes de traitement suivants : 300 mg b.i.d., 600 mg b.i.d. et 900 mg b.i.d., administrés en association avec 100 mg de ritonavir, pendant 14 jours. Les sujets randomisés dans le groupe témoin ont poursuivi leur traitement en cours jusqu'à la fin de la période de traitement.

L'exposition la plus élevée s'est produite dans le groupe auquel on a administré 900 mg de Prezista et 100 mg de ritonavir. Prezista, administré en association avec le ritonavir, s'est révélé efficace par rapport au groupe témoin. Le groupe ayant reçu 600 mg de Prezista et 100 mg de ritonavir b.i.d. a obtenu les meilleurs résultats pour ce qui est des changements moyens du taux plasmatique de l'ARN du VIH‑1 par rapport au taux initial, suivi par le groupe ayant reçu 900 mg de Prezista et 100 mg de ritonavir b.i.d. En raison de la courte durée de l'essai, aucun changement notable dans la numération des cellules CD4 n'a été observé.

Les schémas thérapeutiques Prezista/ritonavir ont été généralement bien tolérés. Les EI les plus souvent signalés étaient : les problèmes gastro‑intestinaux (diarrhée, flatulences, douleur abdominale, nausée), la fatigue et les troubles du système nerveux central (céphalées et étourdissements (à l'exclusion du vertige)). Ces EI ont été signalés plus souvent dans les groupes Prezista/ritonavir que dans le groupe témoin, et étaient plus fréquents dans le groupe ayant reçu 900 mg/100 mg que dans les autres groupes de dose.

         

Portrait de jean-rene

Confirmation, hier par mon médecin VIH, de l'effet nocif des antiprotéases sur le système cardiovasculaire.

Les antiprotéases favorisent le déplacement de graisses vers l'abdomen et cette concentration de graisses augmente les risques cardiovasculaires (infarctus, artères bouchées, AVC).
Il avait essayé en 2009 de remplacer chez moi les antiprotéases par l'INTELENCE mais ça a été un échec car je suis résistant aux INNTI.

Il a rétabli les antiprotéases en 2010, ce qui m'a permis de redevenir indétectable, mais, devant l'augmentation des graisses abdominales, il va essayer à présent de les remplacer par le CELSENTRI. Je vais d'abord faire un test de tropisme CCR5/CXCR4.

Portrait de appt84

Bonsoir,

comme je l'ai expliqué dans un autre forum:

http://www.seronet.info/billet_forum/prezista-en-monotherapie-800-mg-fia...

Je suis donc passé au prézista 800mg en une prise par jour depuis deux semaines.

C'est ma médecin d'hopital qui me l'a proposé en raison d'informations qu'elle avait lu.

Selon elle, je ne suis pas naïf, mais je pouvais en bénéficier.

Le but est donc de réduire la dose et de diminuer le norvir par deux car il n'y a plus qu'une prise par jour. Pour moi, le norvir ma provoquait à nouveau des diarrhées.

Premier bilan dans deux semaines avec un dosage et les analyses habituelles.

J'ai déjà moins de problèmes de diarrhées et de maux de ventre, ce qui était la principale raison de ce changement.

Mais je pense qu'il faut rester humble devant les assurances de certains d'entre vous dans vos posts.

Nous avons tous deux médecins, le traitant et l'hospitalier.

Les deux (surtout le traitant) sont à peu près au même stade d'avancement de connaissances que ce que l'on arrive à trouver sur les sites sérieux du net (je parle du vih bien sûr) et surtout, chacun a son parcours médical, sa réponse aux médicaments, ses effets secondaires à gérer... Bref, pas grand chose à généraliser systématiquement...

Bises à tous

Yann