Un rapide coup d’œil dans le rétroviseur

Publié par Ferdy le 09.11.2011
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Cette chronique n'a jamais prétendu faire le point sur l'actualité, ni sur quoi que ce soit d'ailleurs.
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Exceptionnellement, j'aurai dans l'idée aujourd'hui de revenir sur quelques faits marquants qui ont pu frapper les consciences lors de cette dernière semaine écoulée.
C'est un exercice sélectif et d'une subjectivité telle que d'aucuns jugeront lacunaire, orienté ou morose. Il ne tient qu'à vous de compléter, à votre convenance, cet inventaire improvisé qui ne saurait en rien refléter une réalité commune, ni anticiper ce qu'il adviendra.

L'attentat perpétré contre les locaux de Charlie-Hebdo, réduisant à néant les outils d'une rédaction, quels que puissent en être ses auteurs, signale le nouveau cap franchi dans l'intolérance, sous sa forme la plus lâche mais aussi la plus radicale. Cet acte d'une rare violence nous oblige à considérer le terrorisme pour ce qu'il est, soit la manifestation d'abrutis avinés, ou de fanatiques religieux de toute obédience (cf. le triste complot des fondamentalistes catholiques au Théâtre de la Ville, à Paris, empêchant, par ses nuisances répétées, la représentation sereine de la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu", de Romeo Castellucci), soit encore comme étant la conséquence du dérèglement d'un Etat qui cautionne, dans l'affaire dite des fadettes, un délit policier inacceptable.

Cette citation apocryphe, attribuée à Voltaire : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire", nous permet de mesurer la distance qui nous sépare encore d'une certaine maturité démocratique.

Comment concilier le droit à l'information et la condamnation d'un acte criminel lorsque, dans le même temps, le pouvoir exécutif s'affranchit de toute procédure légale, afin d'identifier les sources de journalistes enquêtant sur le financement occulte du parti au pouvoir. A moins de considérer la supposée généreuse contribution de l'héritière de l'Oréal à la campagne électorale de l'UMP comme relevant du secret défense, notre pays aurait subtilement basculé vers un régime totalitaire, ouvrant la voie à l'exaltation des lanceurs de cocktails Molotov, presque en toute impunité.

Pendant ce temps, une autre héritière (décidément), Mme Le Pen paraissait errer dans Manhattan en quête de convives susceptibles de dédiaboliser son parti, autour d'une table réservée à la cafétéria de l'ONU, dans une salle proposée en location à toute sorte de banquets et mariages. Outre le numéro 2 de la délégation du Japon, ainsi que les ambassadeurs d'Uruguay, de Trinité-et-Tobago, d'Arménie et du Mozambique, se trouvait, par inadvertance semble-t-il, M. Ron Prosor, ambassadeur d'Israël. Il n'y sera resté que vingt minutes, mais il n'en fallait pas tant pour la candidate frontiste pour tenter d'effacer le douloureux malentendu paternel, à propos des "chambres à gaz, point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale" (1987). Se construire une stature internationale, tout en prônant la fermeture des frontières, le retour au franc, et draguer l'électorat juif ne semble pas contradictoire pour un parti en perte de vitesse dans les sondages, lorsque la droite dite populaire tente de séduire ce même vivier d'électeurs.

En France, un homme était jugé en cour d'Assises, accusé d'avoir sciemment contaminé sa compagne au VIH. La sentence : neuf ans de prison ferme. Ce jugement ne saurait cependant résoudre la question de la transmission d'un virus. Je m'en étais entretenu dans mon blog, (excusez cette auto-promotion purement factuelle).

Vous avez été quelques-uns à vous émouvoir de ce triste et funeste comportement d'un seul homme, qu'il ne s'agit pas ici de disculper ni d'accabler, mais qui risque – bien malgré lui, d'incarner une pénalisation de la contamination, lorsque par ailleurs les campagnes de prévention ont totalement déserté l'espace public.

La contamination subie dans les lieux de détention, qui se refusent sous des motifs obscurs, à la distribution d'un matériel propre à l'injection de drogues, et qui offrent un accès plus que dissuasif aux préservatifs, sera-t-elle un jour jugée ?

Enfin, à l'heure où j'écris ces lignes, il serait téméraire de pronostiquer quelque avenir que ce soit tant pour l'Europe que pour la zone euro. Un peu plus d'austérité ne paraît pas être une prédiction trop extravagante...

Commentaires

Portrait de frabro

Il est parfois des petits évènements qui, pour insignifiants qu'il paraissent, sont les révélateurs d'un comportement méprisant de ceux qui se croient détenteurs de droit divin d'un certain pouvoir.

Ainsi, un ministre de la République a-t-il hier à l'Assemblée Nationale qualifié "d'effraction" l'arrivée au pouvoir de la gauche en 1997, conséquence d'une dissolution malheureuse et d'un vote démocratique indiscutable des français. Mais voilà, l'UMP pense que le pouvoir lui appartient de droit divin et que lorsque les électeurs disent le contraire, c'est du vol par effraction.

Il en est de certains sujets comme du retour des hirondelles : ils ressortent régulièrement et méthodiquement. Ainsi en est-il des théories du complot (médiatique, scientifique, politique, des médias, des labos...), du négationnisme des "dissidents du VIH, mais aussi la difficulté de beaucoup à vivre avec ce virus, ces traitements, le regard des autres. La difficulté à "vivre avec" explique-t-elle le besoin de chercher d'autres coupables pour se dédouaner de sa propre responsabilité ?

Ainsi en est-il également de "La Crise", vers laquelle tout le monde sait que nous nous dirigeons inexorablement depuis des décennies, et dont chacun rejette aujourd'hui la faute sur les autres. Bel exemple là aussi d'irresponsabilité tant dans le refus d'assumer ses erreurs passées que dans le fait d'adopter un plan d'austérité que tout le monde s'accorde à juger déjà insuffisant et qui ne fait une fois de plus que ponctionner les classes moyennes, les travailleurs, les malades.

Autre sujet : la fameuse taxe sur les transaction financières, surnommée "taxe Robin" par les acteurs de la Lutte contre le sida. Elle figure comme une possibilité sans mesures d'applications dans le texte de cloture du G20, et pour répondre à nouveau à la crise sans qu'à aucun moment il ne soit question de l'affecter à la santé dans le monde. Ce qui en soit n'aggrave pas la situation, puisque de toutes façon ce n'est qu'une vélléïté symbolique que refusent certains signataires.

Allez, je laisse la suite de l'inventaire à...qui le voudra !

Sourire 

Portrait de Ferdy

Un peu par hasard, j'ai trouvé ce papier tout à l'heure sur Rue89

en voici de très courts extraits :

Civitas, le lobby catho qui flirte avec l'extrême droite


Xavier Bonnehorgne (étudiant en journalisme)

 

Les intégristes de Civitas, à l'origine des manifestations de Paris et Rennes contre la pièce de Romeo Castellucci, pratiquent le lobbying agressif.

Fraîchement débarqué sur le marché du lobbying catholique, Civitas n'est autre que l'héritier d'une vieille tradition incarnée notamment par la Cité Catholique, créée en 1946 par l'intellectuel et militant Jean Ousset (...)

L'activité de lobbying auprès des élus est clairement revendiquée par Civitas sur son site internet :

« Les collectivités locales et tout spécialement les communes […], c'est à cet échelon que les catholiques peuvent s'engager pour exercer leur influence bienfaisante dans la cité et accéder aux bases d'une future reconquête. »
Portrait de frabro

C'est le débat du jour : des parlementaires bien intentionnés ont proposé que le délai de carence en cas d'arrêt de maladie passe à quatre jours pour les salariés du secteur privé, et qu'un jour de carence soit institué pour le secteur public.

Plutôt que que de s'attaquer aux faux arrêts de maladie qui sont l'essentiel de la fraude, on va une nouvelle fois pénaliser les honnêtes gens qui reculeront à prendre un arrêt pour se soigner correctement du fait de la perte de salaire conséquente qui en serait la conséquence. Tiens, quelqu'un peut-il me dire quelle est la productivité d'un salarié malade à son poste de travail ? 

Quand à parler d'égalité sur le sujet, c'est totalement illusoire puisque certaines conventions collective imposent à l'employeur de payer l'arrêt maladie dès le premier jour. La conséquence de l'augmentation des jours de carence dans le privé ne sera qu'un énième transfert de charge de l'Etat vers les entreprises. Allez nous parler de croissance et d'embauche avec de tels raisonnements !

Je pense qu'il serait préférable d'augmenter les moyens de la Médecine du travail pour vérifier la réalité des arrêts de longue durée plutôt que de faire payer encore une fois aux plus fragiles le coût de la gabegie de l'Etat. 

Portrait de laurent44

La société n est malheureusement pas toute rose et les abus existent aussi bien dans le privé que dans le public.

Alors, je dirais que je suis partant pour une équité dans les jours de carence. 

Augmenter les fonctionnaires pour faire des contrôles, je me pencherais plus sur une requalification/répositionnement du trop plein de fonctionnaire.

Après vaste débat.

Portrait de jarrod

ont plus d'arret que dans le privé , il est donc indispensable de mettre fin AUX FRAUDES et mettre sur un pied d'égalité le secteur privé et public , c est une question de justice ...

La dette est là , et tout le monde doit la payer ! donc le délai de carence doit etre le meme pour tous les salariés !!