1 % de l’humanité a été déplacée

4 Juillet 2020
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Les personnes déplacées représentent plus de 1 % de l’humanité. Près de 80 millions de personnes, un chiffre record, ont dû quitter leur foyer pour fuir la violence et la persécution et vivent aujourd’hui loin de chez elles, selon l’Onu, indique l’AFP (18 juin). Dans son dernier rapport, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), publié le 18 juin, estime que fin 2019 quelque 79,5 millions de personnes étaient des réfugiés-es, des demandeurs-ses d’asile ou des personnes « déracinées » dans leur propre pays, avec de moins en moins de perspectives de rentrer dans leur région d’origine. « Un pour cent de la population mondiale ne peut revenir à la maison à cause des guerres, de la persécution, des violations des droits humains et d’autres formes de violence », constate le chef du HCR, Filippo Grandi, auprès de l’AFP. « C’est une tendance observée depuis 2012 : les chiffres sont plus élevés que l’année précédente », ajoute Filippo Grandi, pour qui cela signifie « qu’il y a eu plus de conflits, plus de violence ». Cela traduit également « les solutions politiques insuffisantes » engagées pour mettre un terme aux crises chassant les populations de chez elles et les empêchant d’y revenir. Il y a dix ans, le nombre de déplacés était de 40 millions, a-t-il rappelé. Le chiffre a donc doublé. Pour la seule année 2019, le HCR fait état de onze millions de déplacés-es supplémentaires. Si le rapport n’évoque pas l’irruption de la pandémie de Covid-19 dans la problématique des déplacés-es, celle-ci ajoute à la détresse des personnes concernées dans un contexte où l’on répète que « se déplacer a des conséquences sur soi et sur les autres ». Et l’impact économique de la pandémie est spectaculaire dans les pays pauvres ou en voie de développement. « Ce que nous avons vu augmenter dramatiquement, c’est la pauvreté », le confinement ne permettant pas à de nombreuses personnes déplacées de trouver des sources de revenus. Dans ces circonstances, et malgré les restrictions à la mobilité, les pays doivent continuer à accorder l’asile à ceux qui en ont besoin. « Malheureusement les gens continuent à fuir leur foyer, parce que pandémie ou pas, ils sont menacés [...] et ils ont toujours besoin d’un refuge, de protection, de l’asile », insiste le chef du HCR.