5,4 millions de personnes sans médecin traitant

23 Janvier 2020
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Aujourd’hui, la moitié des personnes sans médecin traitant l’est à la suite du départ en retraite du médecin et du refus des généralistes en activité d’augmenter leur patientèle, indique l’AFP (9 janvier). La tendance est à l’augmentation, selon le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel. Quelque 5,4 millions de patients-es ne disposaient pas de médecin traitant en 2019, malgré une recherche active pour plus de la moitié d’entre eux, souligne Nicolas Revel, dans un entretien au magazine spécialisé Le Généraliste. « Il y a toujours eu, au cours des dernières années, environ 10 % de patients sans médecin traitant », rappelle-t-il.  « Parmi eux, une part de patients plutôt jeunes et bien portants n’a pas cherché à en trouver un », mais « plus de la moitié de nos concitoyens sans médecin traitant sont en recherche réelle d’un praticien attitré, faute souvent d’avoir pu en retrouver un au moment du départ à la retraite de leur généraliste », explique-t-il. « Nous sommes très attentifs à cette situation. D’autant que parmi les personnes concernées figure un nombre significatif de patients en ALD (affection longue durée), de plus de 70 ans ou souffrant d’une pathologie chronique », souligne-t-il. « Si nous ne faisons rien, cette tendance va s’accroître inéluctablement dans les prochaines années », prévient-il. Selon une enquête de l’association UFC-Que Choisir publiée en novembre dernier, près d’un-e généraliste sur deux (44 %) refuse de devenir le-la médecin traitant de nouveaux patients. Pour autant, il n’est pas question de revoir ce dispositif, indispensable à un meilleur remboursement, estime Nicolas Revel, jugeant au contraire qu’il faut le « conforter » pour « améliorer la prévention » et « le suivi des pathologies chroniques ». Il préconise de « permettre aux médecins d’accroître leur patientèle » ; la médiane pour les généralistes (médecins traitants) est actuellement de 850 patients-es. Cela serait possible en dégageant du temps administratif par le déploiement des assistants-es médicaux, nouveau métier pour lesquels, « depuis septembre, un peu plus de 500 contrats ont été signés ou sont en passe de l’être ». Pour autant, l’Assurance maladie n’entend pas appliquer une « double peine » aux patients-es qui ne trouvent pas de médecin traitant en les pénalisant financièrement, souligne Nicolas Revel. Chaque caisse « a donc identifié les patients dans cette situation et pris les mesures pour qu’ils ne soient pas impactés », assure-t-il.