8 mars : le message de l’Onusida

8 Mars 2021
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Une vidéo, un texte… l’Onusida n’a évidemment pas raté l’occasion de communiquer sur ses priorités en matière de VIH et de santé des femmes à l’occasion de la Journée internationale de défense des droits des femmes. « La crise de la Covid-19 a (…) été un revers pour les acquis en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Elle a renforcé ces disparités pour ce qui est de la santé, des revenus, de l’accès aux services, de la charge du travail non rémunéré, du statut et du pouvoir », a expliqué Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’Onusida. Elle a illustré son propos, évoquant ces « 20 millions supplémentaires de filles en âge d'être scolarisées à l’école secondaire [qui] pourraient être déscolarisées après la crise. Beaucoup d’entre elles risquent de ne pas retrouver le chemin de l’école ou de ne pas avoir accès aux compétences et aux opportunités économiques, d’être davantage exposées à la violence, à des problèmes de santé ou encore à la pauvreté ». L’Onusida estime que « 2,5 millions de filles supplémentaires sont maintenant exposées au mariage précoce au cours des cinq prochaines années ». L’institution onusienne constate aussi une « augmentation alarmante de la violence à l’égard des femmes ». « Les pandémies comme la Covid-19 et le VIH amplifient les failles qui traversent nos sociétés et exacerbent les vulnérabilités. Le cumul des formes d’inégalité et les violences fondées sur le genre sont un frein à l’épanouissement des femmes et des filles dans le monde entier ». Les femmes déjà victimes de stigmatisation appartiennent aux populations pour lesquelles l’impact de la pandémie se fait le plus sentir, avance l’Onusida. Par exemple, la « perte soudaine des moyens de subsistance des travailleuses du sexe et l’impossibilité d’accéder aux soins de santé et à la protection sociale ont aggravé leur vulnérabilité, en particulier lorsqu’elles vivent avec le VIH ». La pandémie a eu de graves répercussions pour de nombreuses migrantes et travailleuses précaires qui sont exclues des plans de protection et d’aide des gouvernements, ainsi que des services de santé. « La stigmatisation, la discrimination et la criminalisation exposent les femmes transgenres et les consommatrices de drogues à un risque plus élevé de contamination au VIH et à d’autres infections sexuellement transmissibles, tout en étant des obstacles à l’accès aux services de prévention, de traitement et de prise en charge du VIH », explique Winnie Byanyima. Et la responsable de prévenir que les « stratégies de reprise ne peuvent pas ignorer ou ne pas prendre en compte les réalités liées au genre ». « Pour surmonter la pandémie du coronavirus et mettre fin aux infections au VIH et à la mortalité liée au sida, nous devons réduire les inégalités qui nourrissent ces vulnérabilités (…) Les inégalités entre les sexes sont non seulement injustes. Elles sont également dangereuses. Elles nous fragilisent toutes et tous. Un monde plus juste permettra de mieux riposter aux pandémies et à d’autres chocs, mais aussi d’améliorer la santé, la sécurité et la prospérité de toutes et tous. Les avancées en faveur de l’égalité des sexes n’ont jamais été automatiques. Aucun progrès n’a été offert sur un plateau, il a fallu lutter à chaque fois. Les mouvements de femmes en première ligne pour l’égalité sont une source d’inspiration pour nous », conclut-elle.