90–90–90 : des avancées et du retard

2 Octobre 2020
1 269 lectures
Notez l'article : 
0
 

En 2016, les pays se sont engagés à atteindre les objectifs 90–90–90 dans la Déclaration politique sur le VIH et le sida de l’Assemblée générale des Nations unies. Ces trois objectifs chiffrés visent à « apporter les tests de dépistage du VIH et le traitement à l’immense majorité de personnes vivant avec le VIH d’ici fin 2020 et à réduire le taux de VIH dans leur organisme à un niveau indétectable afin qu’elles puissent vivre en bonne santé sans propager le virus ». À la fin de l’année 2019, 81 % des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique et plus des deux tiers (67 %) suivaient une thérapie antirétrovirale, soit environ 25,4 millions sur les 38 millions de personnes vivant avec le VIH. Ce nombre a plus que triplé depuis 2010, note l’Onusida. L’institution onusienne explique que « la nette amélioration de l’efficacité des traitements et l’augmentation du nombre de personnes connaissant leur statut sérologique et sous traitement expliquent la hausse de 18 points de pourcentage entre 2015 et 2019 du nombre de personnes présentant une charge virale indétectable parmi celles vivant avec le VIH ». Ainsi en 2019, près de 59 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde présentaient une charge virale indétectable. Ce chiffre doit néanmoins atteindre 73 % au minimum pour parvenir à l’efficacité de la stratégie défendue avec les objectifs 90–90–90. Au vu des données, il est évident que les chances d’atteindre les objectifs mondiaux d’ici la fin 2020 sont maigres, reconnaît l’Onusida. À cela s’ajoute désormais la crainte d’un impact de la Covid-19. « Des simulations ont, en effet, montré qu’une perturbation majeure de l’accès au traitement du VIH pourrait se solder par une hausse de la mortalité liée au sida en Afrique subsaharienne. Dans certaines zones, des pays ont enregistré un recul allant jusqu’à 20 % dans la collecte de médicaments », note une récente étude de l’agence onusienne. Autre exemple : il a été signalé à plusieurs reprises que des personnes vivant avec le VIH n’avaient pas assez d’antirétroviraux pour traverser un confinement de plus de 60 jours et que d’autres ont arrêté leur traitement par manque de nourriture. Enfin, reste une bonne nouvelle : les « données mensuelles pour le premier semestre 2020 fournies par les pays à l’Onusida ne révèlent aucun recul significatif du nombre de personnes suivant un traitement au cours de cette période ».