AAH : Act Up-Paris interpelle l’État

18 Février 2021
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Act Up-Paris a interpellé (15 février) la ministre Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, au sujet de « l'autonomie financière des personnes handicapées bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ». Dans un communiqué, l’association rappelle que les personnes en situation de handicap (dont certaines vivant avec le VIH) bénéficient, en fonction de leur taux d'incapacité et/ou d’invalidité, de l’AAH. Ce sont 1 200 000 personnes en France qui sont concernées. Ce complément de ressource est attribué à la personne handicapée directement. « Quand cette dernière est en couple, selon la réglementation actuelle, l’AAH est réduite ou retirée car elle est conditionnée au revenu du foyer et non pas de la personne bénéficiaire ». Ce calcul est contesté depuis des années par la quasi-totalité des ONG de défense des personnes en situation de handicap car ce mécanisme n’assure pas l’autonomie financière des personnes concernées. « Nous - les personnes vivant avec le VIH et handicapées - nous voulons garder notre autonomie financière, que l'on soit en couple, seul-e, ou en colocation, car vivre avec quelqu'un-e ne signifie pas vivre aux crochets de son-sa conjoint-e », explique Act Up-Paris. « En France, le seuil de pauvreté est de 1 065 euros mensuels et l'AAH est de 902,70 euros mensuels en 2021. La majorité se félicite de l'avoir augmentée de 100 euros depuis son arrivée. On passe de 800 à 900€. Nous ne faisons pas la charité, nous exigeons des droits sociaux et un niveau de vie au-dessus du seuil de pauvreté », explique l’association. Celle-ci critique le silence du gouvernement sur « cette situation injuste ». Dans son appel, Act Up-Paris exige : « la désolidarisation de l'AAH dans les couples car nous ne voulons pas dépendre de notre conjoint » ; « l'augmentation de l'AAH pour atteindre au minimum le seuil de pauvreté » ; « l'attribution à vie de l’AAH pour les personnes qui ont des pathologies incurables ne permettant pas l’amélioration de leurs conditions de vie car un handicap ne disparaît pas par magie ».