Accès aux soins : FAS enquête

4 Janvier 2021
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À quelles difficultés d’accès aux soins en période de crise sanitaire liée à la Covid-19 les personnes sont-elles les plus exposées ? Déprogrammation des soins ou renoncement, prise en charge dégradée des personnes âgées à l’hôpital, isolement des résidents-es en Ehpad… de nombreuses associations de santé ont recueilli des témoignages alarmants depuis mars 2020. Phénomène qui a incité France Assos Santé (FAS) à prendre la mesure de ce qui s’est passé en matière d’organisation des soins pendant les deux vagues de Covid-19. Pour ce faire, un sondage a été réalisé par l’Institut Viavoice pour le compte de France Assos Santé, fin novembre 2020. Que nous indique-t-il ? Très clairement une dégradation de l’accès aux soins, puisque France Assos Santé parle d’une « triple peine » qui se décline ainsi : « Annulation de soins, absence de perspectives et aggravation de l’état de santé ». Près de la moitié des Français-es (47 %) ont eu des soins annulés et/ou reportés depuis le début de la crise. Ces annulations ou reports ont pour origine les organisations soignantes (36 %) ou les personnes elles-mêmes (25 %).  Les données permettent aussi de voir quelles ont été les conséquences quand la déprogrammation est d’origine soignante. Pour plus de la moitié d’entre eux (56 %), aucune solution alternative n’a été proposée. Par ailleurs, un tiers des personnes dont les rendez-vous et soins été déprogrammés n’a pas reçu d’information concernant la reprogrammation d’un rendez-vous (35 %). Enfin, 64 % des personnes n’ont pas reçu des informations concernant l’impact de la déprogrammation sur leur santé. ET FSA de commenter : « On peut aisément parler ici de triple peine : celle de l’annulation en elle-même, celle de l’absence d’informations et de perspectives concernant sa maladie et son évolution. Et, pire, celle des conséquences directes pour les patients déprogrammés : 24 % d’entre eux déclarent une aggravation des symptômes et une dégradation de l’état de santé, 23 % déplorent que des examens importants n’ont pas été réalisés et 11 % ont un sentiment de déprime et d’anxiété accru. » Conséquence, parmi ceux-celles qui ont subi une déprogrammation ou qui ont renoncé aux soins, 29 % voient leur confiance dans le système de santé se dégrader, note France Assos Santé. Devant ce constat, le collectif demande la « remise à plat de l’organisation sanitaire en post-crise : organisation des déprogrammations et des reports, d’actes de soins, accompagnement vers la reprise des soins, prise en compte des retards de soins ».

Sondage Viavoice pour France Assos Santé, réalisé en ligne entre le 23 et le 30 novembre 2020 auprès d’un échantillon de 2 000 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus.