AES : aucune contamination depuis 2004

29 Novembre 2021
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Le Geres (groupe d’étude sur le risque d’exposition des soignants-es aux agents infectieux) et Santé publique France viennent d’actualiser leur rapport Épidémiologie du risque infectieux lié aux accidents exposant au sang (AES). Les AES sont définis par trois critères : tout contact percutané (piqûre, coupure…) ou toute projection de sang sur une muqueuse (œil, bouche…) ou sur peau lésée (eczéma, coupure antérieure) ou avec du sang ou un liquide biologique contenant du sang (Circ. n° DGS/DH/98/249 du 20 avril 1998). L’actualisation 2021 de ce rapport indique qu’il n’y a eu aucun cas de séroconversion VIH documentée depuis 2004 suite à un AES chez des soignants-es et un seul cas d’infection VHC déclaré depuis 2012. Concernant le VHB qui est inclus dans la surveillance depuis 2005, aucun cas n’a été déclaré. Le rapport conclut que même si une sous-déclaration est possible, le risque de transmission virale après AES est devenu très faible notamment grâce à la prévention réduisant la fréquence des AES, le traitement post-exposition (TPE) pour le VIH, le traitement comme prévention (Tasp) des personnes vivant avec le VIH qui rend la charge virale indétectable et le traitement VHC qui entraine la guérison.  Ces données sont importantes pour les personnes concernées et les associations qui luttent contre les discriminations dans le soin. À titre d’exemple, en 2015, lors d’un testing réalisé par AIDES, un tiers des testeurs-ses se déclarant comme personne vivant avec le VIH s’était vu refuser la consultation auprès des chirurgiens-dentistes, soit 148 cabinets sur 440 qui n'avaient pas respecté la loi. Les refus étaient le plus souvent déguisés en stratégies de découragement ou de réorientations vers des confrères-consœurs, sous prétexte d'un manque de connaissance de la pathologie et de sa prise en charge, de matériel non adapté ou de la dangerosité des soins.