Afrique du Sud : quel accès aux traitements des jeunes ?

22 Octobre 2019
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Le nombre d'adolescents-es de 15 à 19 ans traités pour le VIH a décuplé en Afrique du Sud au cours de la dernière décennie, rappelle l’AFP (2 octobre). Reste que moins de la moitié de celles et ceux qui se présentent pour des soins entreprennent le traitement, déplorent des chercheurs-euses. L'Afrique du Sud est considérée comme le pays qui compte le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH, approximativement 7,2 millions de personnes. « La lutte contre l'épidémie en Afrique du Sud nécessitera une expansion considérable du traitement des adolescents-es pour briser les cycles de transmission du VIH et atteindre la promesse d'une génération sans sida », avertissent des scientifiques dans la revue spécialisée The Lancet HIV qui publie leur étude le 2 octobre. En 2016, environ 10,2 millions d'adolescents-es âgés de 10 à 19 ans vivaient dans ce pays. L'augmentation du nombre d'adolescents-es sous traitement est due en partie au succès historique du programme d’accès aux traitements antirétroviral en Afrique du Sud. Les auteurs-trices ont analysé les données concernant 730 882 personnes âgées de un à 19 ans qui ont participé au programme VIH entre 2005 et 2016. Parmi les personnes admises avant l'âge de 15 ans, 54 % étaient des filles (209 205 personnes), les infections contractées pendant la naissance ou lors de l'allaitement concernant de façon à peu près égale les deux sexes. Parmi les personnes âgées de 15 à 19 ans (301 242 personnes), 88 % étaient des femmes. Ces dernières présentent des taux beaucoup plus élevés de contaminations par voie sexuelle et de demandes de soins que les jeunes hommes. Le nombre de jeunes de 15 à 19 ans commençant un traitement antirétroviral est passé de 7 949 patients entre 2005 et 2008 à 80 918 entre 2013 et 2016. Mais la proportion d'adolescents-es vivant avec le VIH qui commencent un traitement est moindre que chez les enfants. Seulement 45 % des filles de 15 à 19 ans et 42 % des garçons séropositifs ont commencé un traitement, contre 68 % des filles et 69 % des garçons de un à quatre ans. Selon les chercheurs-euses, ces résultats soulignent « l'importance de préparer les systèmes de santé sud-africains à fournir des soins efficaces contre le VIH à un nombre croissant d'adolescents ».