AME : nouveau débat

10 Novembre 2020
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Les députés-es ont une nouvelle fois débattu lundi 2 novembre de la couverture santé des étrangers-ères en situation irrégulière en France, indique l’AFP. Comme d’habitude, la droite a réclamé de « recentrer » l'aide médicale d'État (AME) sur les « soins urgents et vitaux ». Ce débat récurrent a eu lieu lors de l'adoption en première lecture du budget 2021 de la « mission Santé » : des dépenses de l'État d’unn montant de 1,39 milliards qui ne figurent pas dans le budget de la Sécurité sociale. En 2021, il prévoit une hausse des crédits de l'aide médicale d'État de 140 millions d'euros pour un total d'environ un milliard d'euros. La ministre déléguée à l'autonomie Brigitte Bourguignon a souligné que l'AME était « indispensable pour des raisons humanitaires » et un « impératif de santé publique ». De son côté, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué que les « actions de lutte contre les abus et les détournements ont été renforcées ». Plusieurs députés-es de droite ont fustigé le « dévoiement du dispositif » et réclamé de limiter cette AME aux « soins urgents ». La rapporteure LR Véronique Louwagie a cité un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) évoquant en octobre 2019 « l'hypothèse de migration pour soins ». L'an dernier, l'AME avait donné lieu à un débat enflammé. Sous les critiques de la gauche et d'une poignée d'élus LREM, le gouvernement avait fait approuver un délai de carence de trois mois pour l'accès des demandeurs d'asile à la couverture santé de base (PUMa), hors soins urgent. Sur le reste du budget Santé, l'Assemblée nationale a, par ailleurs, adopté deux amendements des députés LREM Raphaël Gérard et Jean-Louis Touraine. Ils visent à sanctuariser le budget alloué aux actions de lutte contre l'épidémie de VIH-Sida et à revaloriser les subventions aux associations qui travaillent auprès des personnes travailleuses du sexe. Les députés-es ont aussi voté les crédits de la mission Solidarité, insertion et égalité des chances, à hauteur de 26,12 milliards pour 2021 et en légère baisse, en raison de la redéfinition de certains périmètres budgétaires.  La rapporteure Stella Dupont, de l'aile gauche de LREM, s'est alarmée de « l'ampleur de la crise qui frappe nombre de ménages ». Elle a plaidé en vain pour la création d'une « allocation additionnelle », dans la « perspective de la mise en oeuvre du revenu universel d'activité » qu'elle appelle de ses voeux. La députée « marcheuse » souhaite aussi une « refonte des minimas sociaux, un maquis incompréhensible », selon elle. Par ailleurs, la ministre Elisabeth Moreno, chargée de l'égalité femmes-hommes, a soutenu un amendement de Stella Dupont (LREM) pour accorder également une aide aux 286 personnes bénéficiaires de l'AFIS, un dispositif de soutien aux personnes quittant le travail du sexe.