Amnesty proteste contre le pouvoir grec

25 Mai 2012
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Amnesty International a demandé (17 mai) à la Grèce de mettre fin à sa campagne, lancée juste avant les élections législatives, d'incrimination et de "stigmatisation" des travailleuses du sexe séropositives, dont une vingtaine ont été placées en détention préventive. L'organisation de défense des droits de l'homme "pense que les mesures des autorités grecques sont totalement erronées" et "exposent les travailleurs du sexe à la stigmatisation et à la violence", tout en risquant "de limiter leur accès aux services de santé". Selon Amnesty, 31 travailleuses du sexe séropositives ont, jusqu'à présent, été poursuivies pour "tentatives de lésions corporelles graves". Sur ce total, plus de 20, en majorité des jeunes femmes, ont été placées en détention provisoire, tandis que la police a rendu publique leur identité et permis la publication de leurs photos dans la presse. Elle a expliqué ce choix, en invoquant la nécessaire protection de la santé publique. Un argument que ne retient évidemment pas l’ONG. Après la révélation des premiers cas, des milliers de clients se sont adressés à des numéros verts mis à leur disposition par les services de santé et se sont soumis à des tests de dépistage. Comme le rappelle l’AFP, cette affaire a débuté avec la découverte fin avril du cas d'une jeune prostituée russe séropositive de 22 ans. L’affaire a ensuite été utilisée par les ministres socialistes sortants de la Santé et de la Police, qui tentaient alors de rebondir sur les questions sécuritaires avant les législatives du 6 mai, élections qui ont chassé leur parti du pouvoir. On le voit, ce n’est pas un motif très noble qui ont poussé les autorités, de surcroît avec des mesures discriminatoires et n’ayant pas d’intérêt en termes de santé publique. Mais il ne s’agissait pas de faire de la santé, plutôt de désigner des boucs-émissaires. La prostitution est légale en Grèce, à condition qu'elle s'exerce dans le cadre de maisons closes au fonctionnement théoriquement très réglementé. Mais le phénomène a échappé à tout contrôle ces dernières années. Le sida reste par ailleurs largement tabou dans le pays, ne bénéficiant pas d'une campagne de sensibilisation à sa prévention.