Anneau vaginal en Afrique du Sud

11 Octobre 2023
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Quoi qu’en disent certains médias, l’anneau vaginal diffusant un médicament antirétroviral n’est pas une nouveauté. L’outil est testé depuis de longues années, avec des résultats inégaux selon les études. Dans des pays où l’épidémie de VIH/sida est généralisée, l’outil de prévention a un intérêt. Trois organisations impliquées dans la lutte contre le sida en Afrique du Sud ont donc commandé 16 000 anneaux qui devraient être disponibles dans les prochains mois, selon le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Inspiré des anneaux utilisés pour la contraception féminine, l'anneau vaginal, en silicone, diffuse progressivement un antirétroviral, la dapivirine. Il doit être changé tous les mois. « Nous sommes convaincus que ce nouvel anneau peut avoir un impact révolutionnaire sur la prévention du VIH », a expliqué dans un communiqué, cité par l’AFP, le directeur exécutif du Fonds mondial, Peter Sands. L'anneau constitue une alternative aux autres moyens de prévention, notamment la Prep lorsque celle-ci est peu voire pas accessible ; mais il offre surtout un choix aux femmes. « Les femmes ont besoin d'avoir accès à un éventail de solutions sûres et efficaces, dont l'anneau à la dapivirine, afin qu'elles puissent adopter celle qui leur convient le mieux », a d’ailleurs souligné Ntombenhle Mkhize, présidente de la Fondation Sida d'Afrique du Sud, une des ONG impliquées dans le projet. En 2023, les femmes et adolescentes comptent pour 53 % des infections dans le monde, selon l’Onusida. L'Afrique du Sud compte encore 13,7 % de personnes vivant avec le VIH, l'un des taux les plus élevés au monde. Fort heureusement, plus de 5,4 millions, sur un total estimé à 8,2 millions de personnes infectées, prennent des antirétroviraux, soit l'un des plus importants programmes de traitement du VIH au monde, ce qui a permis de réduire spectaculairement la mortalité. De récents essais cliniques ont montré que l'anneau vaginal à la dapivirine (dispositif agréé par l’OMS) permet de réduire de 35 % le risque de séroconversion. Outre l'Afrique du Sud, le dispositif a également été approuvé et soumis à des études de lancement dans plusieurs autres pays africains parmi lesquels l'Ouganda, le Kenya et le Zimbabwe.