ANRS/REACTing : des inquiétudes

20 Janvier 2021
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Le 1er janvier 2021, l’ANRS-Maladies infectieuses émergentes est née de la fusion de  l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et du consortium REACTing sur les maladies émergentes. Cette fusion suscite de nombreuses inquiétudes quant à son financement. Les dernières en date sont une tribune publiée dans Le Monde, le 14 janvier intitulée : « L’insécurité budgétaire dont souffrira la nouvelle agence sur les maladies infectieuses émergentes ne peut qu’être néfaste » et un communiqué de presse envoyé le 15 janvier par le collectif inter associatif TRT-5 CHV intitulé : « Maladies émergentes : sans argent, pas de recherche. L’État doit s’engager ! ». Sans financements supplémentaires, l’« ANRS-Maladies infectieuses émergentes » serait incapable de répondre aux épidémies à venir, estime, dans leur tribune au « Monde », un collectif de chercheurs-es, de professionnels-les de la santé et du secteur associatif. Parmi les signataires, on trouve, entre autres, Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction,  Aurélien Beaucamp, président de AIDES, Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Inserm et François Dabis, ex-directeur de l’ANRS. « Pour une réponse efficace et rapide aux épidémies actuelles et à venir, cette nouvelle agence requiert, selon des estimations conservatoires, 76 millions d’euros de subventions d’État dès 2021, soit 36 millions de plus que l’enveloppe dont bénéficiait l’ANRS pour la recherche sur le sida et les hépatites en 2020 », estiment les signataires de la tribune. « Sur ces 36 millions d’euros, seuls deux millions d’euros ont été prévus au budget 2021, laissant entendre que le reste devra être trouvé via des financements exceptionnels ou des partenariats publics/privés », souligne la tribune. De leur côté, les membres du TRT-5 CHV « tirent la sonnette d’alarme » et déclarent : « Il n’y a aucun financement » pour faire fonctionner cette nouvelle agence. Le collectif s’interroge : « Comment comprendre cette absence d’engagement de l’État alors que chercheurs, soignants et associatifs se mobilisent ensemble pour apporter des solutions à la crise actuelle, mais également prévenir de futures crises ? ». Le TRT-5 CHV conclue sur une demande ferme : « Nous exigeons dès à présent de l’État qu’il s’engage sur l’attribution des budgets nécessaires qui permettront à la recherche française de faire face à l’urgence actuelle et aux défis à venir ».