Antibiorésistance : l'OMS publie la liste des priorités

9 Mars 2017
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Pour mieux lutter contre la résistance aux antibiotiques, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 27 février une liste des bactéries résistantes prioritaires, pour lesquelles la mise à disposition de nouveaux antibiotiques devient urgente. Cette liste a été établie pour essayer d’orienter et de promouvoir la recherche-développement de nouveaux antibiotiques, dans le cadre des efforts de l’OMS pour lutter contre la résistance croissante aux antimicrobiens dans le monde. "Cette liste est un nouvel outil pour veiller à ce que la recherche-développement réponde aux besoins urgents de la santé publique", indique le Dr Marie-Paule Kieny, sous-directeur général à l’OMS pour le groupe Systèmes de santé et innovation. "La résistance aux antibiotiques augmente et nous épuisons rapidement nos options thérapeutiques. Si on laisse faire le marché, les nouveaux antibiotiques dont nous avons le besoin le plus urgent ne seront pas mis au point à temps", explique-t-elle. Les bactéries à gram négatif résistantes à de nombreux antibiotiques, tout particulièrement, constituent, selon l'OMS, une menace du fait de leur capacité à s'adapter et à trouver de nouveaux mécanismes pour résister aux traitements. De plus, elles sont capables de transmettre le matériel génétique permettant à d’autres bactéries de devenir elles aussi résistantes. La liste de l’OMS distingue trois catégories selon l’urgence du besoin de nouveaux antibiotiques : critique, élevée ou moyenne. Le groupe le plus critique est constitué par les bactéries multirésistantes qui sont une menace pour les hôpitaux, les maisons de retraite ou pour les patients dont les soins imposent d’utiliser des dispositifs comme des respirateurs ou des cathéters sanguins. Ce groupe comporte : Acinetobacter, Pseudomonas et des entérobactéries (Klebsiella, Escherichia coli, Serratia et Proteus). A l'origine d'infections parfois graves, ces bactéries sont devenues résistantes à un grand nombre d’antibiotiques. Le deuxième et le troisième groupe de la liste – les catégories de priorité élevée et moyenne – sont représentés par des bactéries à l'origine d'infections plus courantes telles que la gonorrhée (Neisseria gonorrhoeae) qui devient résistante aux céphalosporines et aux fluoroquinolones ou les intoxications alimentaires par les salmonelles. Ces bactéries présentent, elles aussi, un niveau de résistance de plus en plus élevé. La résistance aux antibiotiques sera de nouveau à l'agenda du G20 (présidé en 2017 par l'Allemagne). L'OMS souligne que la recherche-développement ne suffira pas, à elle seule, à résoudre le problème. La lutte doit aussi passer par la prévention et l’usage approprié des antibiotiques chez l’homme comme chez l’animal, indique un communiqué.