Anticorps et Sars-CoV-2

22 Février 2021
260 lectures
Notez l'article : 
0
 

Des chercheurs-ses (Sorbonne Université, hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, Inserm et Institut Pasteur) ont mené des travaux dans le but d’étudier la persistance des anticorps neutralisants du Sars-CoV-2 (le virus qui cause la Covid-19) chez des professionnels-les de santé ayant fait une forme modérée de la maladie. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 8 février dans la revue Nature Communications. Ils montrent que la réponse humorale (c’est l’immunité adaptative par production d’anticorps. Elle diffère de l’immunité cellulaire) neutralisant le Sars-CoV-2 est « associée aux anticorps dirigés contre le récepteur de la protéine S du virus » et que ce « caractère neutralisant diminue au cours du temps, pouvant même disparaître dès deux mois après l’infection naturelle ». Au moment où se déroule une grande campagne de vaccination, les « corrélats de protection » contre le Sars-CoV-2 ne sont pas encore clairement définis. Un corrélat de protection est une preuve indirecte, le plus souvent sérologique, de l’existence d’une protection contre une maladie donnée, rappelle l’Inserm dans un communiqué. Les corrélats posent la question du taux minimal d’anticorps nécessaire afin d’être protégé-e de l’infection par le Sars-CoV-2 ou des formes sévères de Covid-19. Ces corrélats sont très souvent associés aux anticorps neutralisants, des anticorps particuliers permettant de prévenir l’infection en bloquant l’entrée du virus dans ses cellules cibles, précise l’Inserm. D’où le choix des équipes scientifiques d’étudier au cours du temps l’apparition et la persistance de différents type d’anticorps (IgG, IgA et IgM) ainsi que leur caractère neutralisant chez des professionnels-les de santé ayant fait une forme modérée de Covid-19. Les résultats de cette étude montrent que l’ensemble de ces professionnels-les a développé des anticorps entre deux et quatre semaines après le début des symptômes ainsi qu’une réponse neutralisante au Sars-CoV-2. Et l’Inserm d’expliquer : « Cette réponse neutralisante était associée aux anticorps de type IgG et IgA dirigés contre la protéine S du virus et plus particulièrement (…) le récepteur cellulaire du virus (qui lui permet de s’arrimer aux cellules pour les infecter) ». Les chercheurs-ses ont montré que les anticorps IgA systémiques, essentiels à la protection des muqueuses, étaient les anticorps principalement responsables de la réponse neutralisante précoce. Cependant, cette « réponse neutralisante déclinait rapidement dès deux mois après le début des symptômes et pouvait même disparaître chez 15 % des professionnels-les, associés au déclin et à la disparition des anticorps IgA dans le sérum ». « Malgré cette diminution de la réponse neutralisante, le taux des anticorps IgG, habituellement considérés comme protecteurs et à longue durée de vie se maintenait entre deux et trois mois après le début des signes », explique l’institut de recherche. Pour les chercheurs-ses, cette étude met en évidence l’importance de la protection précoce par les anticorps IgA et pose la question de la persistance à long terme des anticorps neutralisants du Sars-CoV-2 et « donc de l’immunité protectrice au cours du temps chez les professionnels-es de santé ayant fait une forme modérée de Covid-19 ». Les résultats portant exclusivement sur l’immunité humorale, ils ne prennent pas en compte l’immunité cellulaire générée en réponse à l’infection par le Sars-CoV-2. Ils-elles estiment qu’il serait donc intéressant d’évaluer la persistance d’une réponse cellulaire mémoire chez ces soignants-es ainsi que la réponse anticorps IgA au niveau des muqueuses respiratoires.