Antirétroviraux, anti-cancers : 415 000 euros détournés par une pharmacienne

8 Novembre 2014
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7 000 boîtes fictives de médicaments anti-cancer ou d'antirétroviraux facturées 415 000 euros à la Sécurité sociale : une pharmacienne des Yvelines sera jugée en juin 2015 pour "escroquerie", ont annoncé (4 novembre) le parquet de Versailles et la police. Cette pharmacienne des Mureaux (Yvelines), placée en garde à vue en juin dernier puis à nouveau lundi, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Versailles le 22 juin prochain. Agée d'une cinquantaine d'années, elle a reconnu avoir surfacturé à la Sécu des médicaments très chers destinés pour la plupart à des malades atteints d'affections de longue durée (ALD), comme le VIH et le cancer, ont annoncé le parquet, la police et la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), indique l’AFP. "Les patients victimes d'affections longues durée ne font pas l'avance des frais, donc n'avaient pas de raison particulière d'examiner leur décompte", a souligné Emmanuel Grandsire, vice-procureur de la République à Versailles. Un assuré social avait mis les enquêteurs sur la piste de cette femme dès la fin 2010. Perplexe devant son décompte qui mentionnait la facturation de plusieurs boîtes alors que la pharmacienne ne lui en avait délivré qu'une seule, il avait contacté la CPAM. En attendant son procès, la pharmacienne continue à travailler. Elle encourt cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende. En cas de condamnation par le tribunal correctionnel, son fonds de commerce pourra lui être confisqué à hauteur de 415 000 euros. L'ordre des pharmaciens peut aussi engager une procédure disciplinaire.

Commentaires

Portrait de la-vie-en-rose

Il aura fallu 4 ans pour que la CPAM et le parquet arrivent à la mise en examen de cette pharmacienne pour escroquerie ! On croit rêver. Pourquoi autant de temps pour des faits aussi faciles à prouver ?

Une simple comparaison par la CPAM entre les décomptes des patients et les facturations de la pharmacie aura réclamé 4 ans. Il leur en a fallu du temps... 

Pendant ces 4 années, la pharmacienne a pu tranquillement continuer à exercer son métier et... son escroquerie. Elle va être jugée en juin 2015, soit 4 ans et demi après que les faits ont été signalés. 

D'ici là, elle continue à exercer. Dans de nombreux pays, elle aurait dû cesser toute activité. 

La profession de pharmacien est vraiment bien "protégée" en France.