Asile : 100 000 demandes en 2017

17 Janvier 2018
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La France a enregistré un peu plus de 100 000 demandes d'asile en 2017, un niveau "historique", alors que le gouvernement prépare une loi sur l'immigration déjà à l'origine de débats tendus. "C'est un niveau historique", a déclaré à l'AFP (8 janvier) Pascal Brice, directeur général de l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Il y avait moins de 20 000 demandes en 1981, année la plus ancienne pour laquelle l'Ofpra a fourni des données. Ces chiffres ne devraient pas manquer de nourrir le vif débat sur la politique migratoire. Un projet de loi sur l'asile et l'immigration, préparé par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, doit être présenté en février en Conseil des ministres. Face aux inquiétudes des associations de défense des étrangers et aux divisions de la majorité, le Premier ministre Edouard Philippe a promis en décembre une "consultation". Les demandes d'asile ont augmenté de 17 % l'an dernier, atteignant 100 412 au total, après une progression de 6,5 % en 2016. "Cela confirme que la France est dans les tout premiers pays de la demande d'asile en Europe", a indiqué Pascal Brice. La première étape de la procédure se fait en préfecture, qui examine si les personnes relèvent d'un autre pays européen pour leur demande (au titre du règlement "Dublin"). Dans une circulaire fin novembre 2017, Gérard Collomb estimait qu'"aujourd'hui, près de 52 % des demandeurs" relevaient de cette procédure "Dublin". Au nom de la "fermeté", le ministre de l'Intérieur a fait du transfert de ces personnes migrantes l'une de ses priorités (le taux plafonne à 10 % actuellement), contrepartie d'un accueil plus "digne" des personnes réfugiées. Le "taux d'accord", qui permet aux personnes demandeuses d’asile de devenir réfugiées, a fléchi, passant de 38 % en 2016 à 36 % en 2017. Une baisse qui s'explique, selon pascal Brice, par la situation de ressortissant-e-s comme ceux d'Albanie. L'an dernier, le premier pays d'origine des demandeurs d'asile a, en effet, été l'Albanie, avec 7 630 demandes, soit une hausse de 66 %. L'Albanie étant considérée comme "d'origine sûre", l'Ofpra n'a accordé sa protection qu'à 6,5 % des personnes demandeuses. Deuxième pays d'origine des demandeuses et demandeurs, l'Afghanistan a représenté 5 987 demandes (+6 %), avec un taux de protection de 83 %. Viennent ensuite les ressortissant-e-s d'Haïti (nombre de dossiers stable à 4 934), du fait du niveau toujours élevé de demandes en Guyane, puis les Soudanais (-24 % à 4 486) et les Guinéens qui ont été 3 780 à solliciter l'asile, soit un bond de 62 %. On observe une forte progression des ressortissants de pays d'Afrique de l'Ouest et francophone, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé (3 243) parmi les personnes demandeuses d'asile et des ressortissant-e-s de République démocratique du Congo (+15 %, à 2 941). Malgré un taux de protection très élevé (95 %), les Syriens, souvent arrivés via des programmes de réinstallation, ont, en revanche, été moins nombreux à solliciter l'asile en France en 2017, avec une baisse de 10 %, atteignant 3 249 demandes. Enfin le délai moyen d'attente "est tombé à près de trois mois", a précisé Pascal Brice. Il assure que l'Ofpra "poursuit ses efforts pour atteindre en 2018 l'objectif des deux mois" fixé par Emmanuel Macron, "dans le strict respect des droits de chaque demandeur".