Asile et immigration

28 Septembre 2022
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Un nouveau projet de loi sur l'asile et l'immigration sera déposé « dès début 2023 », a annoncé jeudi 15 septembre Emmanuel Macron, devant les préfets-es. Objectif : mettre fin à une « politique absurde ». « Nous avons une politique qui est tout à la fois inefficace et inhumaine, inefficace parce que nous nous retrouvons avec plus d'étrangers en situation irrégulière que nombre de nos voisins, inhumaine parce que cette pression fait qu'on les accueille trop souvent mal », a-t-il exposé.  Parmi les facteurs d'attractivité de la France, « nous avons un système d'aide monétaire, sociale, médicale, beaucoup plus généreuse que tous nos voisins », a-t-il noté. Côté accueil, le chef de l’État a jugé nécessaire d’intégrer « beaucoup plus vite et beaucoup mieux celles et ceux qui ont même un titre provisoire par la langue et par le travail », a relevé Emmanuel Macron. Or, il estime que « notre politique aujourd'hui est absurde » car elle « consiste à mettre des femmes et des hommes qui arrivent, qui sont dans la plus grande misère » dans les quartiers les plus pauvres. Le chef de l’État a plaidé pour une meilleure répartition des étrangers-ères accueillis-es sur le territoire, notamment dans les « espaces ruraux, qui eux sont en train de perdre de la population », et où « nous devrons fermer des classes, vraisemblablement des écoles et des collèges ». Dans ces régions, « les conditions de leur accueil seront bien meilleures que si nous les mettons dans des zones qui sont déjà densément peuplées, avec une concentration de problèmes économiques et sociaux massifs », a-t-il plaidé. Parallèlement, Emmanuel Macron a promis « d'améliorer l'efficacité des politiques de reconduite » à la frontière pour les étrangers-ères en « situation irrégulière ». Il a notamment évoqué la nécessité de conditionner davantage l'octroi de visas à « l'esprit de coopération pour reprendre les étrangers en situation irrégulière, à commencer par celles et ceux qui troublent l'ordre public ». Devant les préfets-es, il a enfin mis l'accent sur « deux territoires qui feront l'objet d'une attention toute particulière », la Guyane et Mayotte, où « il faudra sans doute (...) changer les règles avec beaucoup de force parce que la réalité géographique et démographique de ces territoires est profondément différente du reste du sol de la république ». À Mayotte, où le droit du sol a déjà été durci en 2018, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé lors d'un déplacement sur l'île, cet été, vouloir encore durcir l'accès à la nationalité française.