Assos : financement et transparence

10 Février 2020
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Les associations de patients-es ont pris une place importante dans la sphère médicale, un peu partout dans le monde, rappelle la docteure Roseline Péluchon dans un article du JIM (27 janvier). Leur objectif est de défendre les besoins et les intérêts des patients-es parfois par rapport à des maladies particulières, d’autres fois sur des enjeux de santé plus globaux. Il existe une grande variété d’associations de santé (taille, statuts, missions, activités, recherche, ETP, etc.). « Ces associations bénéficient souvent de plusieurs supports financiers, parmi lesquels ceux de l’industrie » pharmaceutique, rappelle la médecin. « Des interrogations ont été soulevées ces dernières années au sujet de ces relations et des possibles conflits d’intérêt qu’elles engendrent. De nombreux travaux y ont été consacrés récemment, et une méta-analyse de 26 de ces études vient d’être publiée par le British Medical Journal », écrit Roseline Péluchon. Cette méta-analyse indique que le montant de la « sponsorisation » des associations de patients-es par l’industrie va, selon les enquêtes, de 20 % à 83 %. Selon cette étude : les associations disposant de règles de conduite vis-à-vis de ce soutien financier sont rares. Côté transparence, on peut mieux faire « puisque seulement 27 % de celles qui reçoivent ces soutiens l’indiquent sur leur site ». Les commentaires des auteurs-eures de la méta-analyse tiennent compte du fait que certaines études retenues pour ce travail ont été « réalisées entre 2008 et 2012, avant que des règles de transparence plus strictes ne soient mises en place ». Et Roseline Péluchon de conclure : « Les associations de patients ont un rôle important (…) Leur avis est souvent sollicité pour les prises de décisions importantes. S’assurer de leur indépendance vis-à-vis de l’industrie est donc primordial. Pour les auteurs de l’étude, l’industrie est parfois la seule source de financement possible de ces associations, et ils estiment que les autorités sanitaires devraient développer des recommandations solides pour améliorer la transparence de ces soutiens et réfléchir à la possibilité de mécanismes de financements alternatifs ».