Baisse de la CV dans le sperme

18 Octobre 2017
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Une étude s’est intéressée à la baisse de la charge virale dans le sperme avec des médicaments anti-VIH récents. Le docteur Pascal Pugliese, un des rédacteurs du site Info-VIH lui a consacré un article. Cette étude randomisée (les groupes comparés ont été répartis de façon aléatoire) a donc porté sur la cinétique (vitesse d’un processus) de la charge virale dans le sperme de personnes vivant avec le VIH qui démarraient avec des traitements VIH différents. L’équipe de recherche voulait évaluer le délai et la rapidité de la baisse de la charge virale dans le sperme chez des personnes n’ayant donc jamais pris de traitements anti-VIH. Les participants étaient répartis dans trois groupes, chaque groupe suivant une trithérapie différente, avec ou sans booster. Il s’agissait de ténofovir + emtricitabine (Truvada) associés soit à elvitégravir/cobicistat (ce qui donne Stribild), soit rilpivirine (Eviplera) ou darunavir/ritonavir (Prezista/r). Le critère principal était la part de personnes dans chaque groupe ayant une charge virale indétectable dans le sperme douze semaines (trois mois) après le démarrage du traitement anti-VIH. Cette charge virale était mesurée après 1 semaine, 2 semaines, 4, 6, 12 puis 18 et 24 semaines après le démarrage. La baisse de la charge virale a été aussi rapide dans le groupe prenant la trithérapie avec la rilpivirine que dans celui prenant celle avec l’élvitégravir. A douze semaines, toutes les personnes de ces deux groupes avaient une charge virale dans le sperme indétectable contre 58,3 % dans le groupe prenant la trithérapie avec le darunavir. "Les auteurs concluent que dans le sperme, l’elvitégravir et la rilpivirine se comportent de manière identique et permettent d’atteindre une charge virale indétectable plus rapidement que le darunavir/ritonavir", note le docteur Pascal Pugliese. Cette étude est une première. "Ces résultats sont à interpréter en tenant compte du profil des patients de l’étude", explique l’article du site Info-VIH. "A savoir des patients [hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, ndlr], au stade d’une infection chronique, avec une charge virale initiale entre 1 000 et 100 000 copies/ml". Pour les auteurs, dans un objectif de réduire rapidement le risque de transmission sexuel (TasP), l’initiation d’une trithérapie avec la rilpivirine ou d’une trithérapie avec l’élvitégravir semble plus adaptée qu’avec le darunavir avec une efficacité similaire de la rilpivirine et de l’elvitégravir sur la charge virale dans le sperme.