Baisse de l'aide publique au développement

7 Août 2017
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L'organisation non gouvernementale One a sévèrement critiqué (11 juillet) la réduction de l'aide au développement annoncée par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, dans le cadre des économies à faire en 2017 pour boucler le budget et contenir le déficit à 3 % du PIB. "Mettre dans le même panier l'aide publique au développement et les frais de gestion des ministères, c'est considérer la lutte contre l'extrême pauvreté, les changements climatiques et les grandes pandémies mondiales comme accessoire", a déclaré Friederike Röder, directrice France de One, citée dans un communiqué. Gérald Darmanin a annoncé au "Parisien" avoir trouvé 4,5 milliards d'euros d'économies sur le budget de l'Etat, en réduisant le train de vie des ministères. En particulier, le budget du ministère des Affaires étrangères qui sera amputé de 282 millions d'euros, "dont la moitié sera de la baisse de l'aide publique au développement", a indiqué le ministre. Selon One, "141 millions d'euros pourraient par exemple permettre à 1,4 million de personnes atteintes du VIH d'avoir accès à un traitement vital". L'ONG rappelle que lors de son premier discours en tant que président de la République, en mai, Emmanuel Macron avait assuré que la France serait "attentive (...) au respect des engagements pris en matière de développement et de lutte contre le réchauffement climatique". "Dès les premiers mois de sa mandature, Emmanuel Macron renierait-il déjà ses propres déclarations et engagements ?", tacle Friederike Röder, appelant le chef de l'Etat à "œuvrer pour que l'aide publique au développement soit sortie du calcul du déficit public" dans le cadre de la révision des traités européens. One n’est pas la seule ONG à monter au créneau suite à cette annonce. Dans un communiqué (11 juillet), Oxfam "dénonce la scandaleuse coupe budgétaire sur l’aide publique au développement" et parle même d’une "coupe budgétaire historique qui va à contre-sens même des engagements d’Emmanuel Macron d’augmenter les subventions de l’Etat et d’allouer 0,7 % du revenu national brut à l’aide publique au développement d’ici 2025. "A peine deux mois après son élection, Emmanuel Macron enterre ses promesses électorales en opérant la plus importante coupe budgétaire de l’aide publique au développement jamais connue, explique Michael Siegel, chargé de plaidoyer à Oxfam. Dans le contexte actuel d’instabilité mondiale et de sortie des Etats-Unis de l’Accord sur le climat, il est irresponsable d’affaiblir les capacités d’action de la France en matière de lutte contre la pauvreté, les inégalités et le changement climatique. 141 millions d’euros en moins pour la solidarité internationale, c’est l’équivalent de 1,9 million de personnes qui n’auront plus accès à des soins de santé primaire. Le président de la République doit se ressaisir et augmenter rapidement le budget de la France pour l’aide publique au développement".