Barrages en Guyane : c’est reparti

26 Juillet 2017
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Depuis 2007, deux barrages ont été installés à Iracoubo et à Régina, en Guyane. Ils sont censés être provisoires, mais reconduits tous les 6 mois par l’administration qui en fait des barrages "permanents". Il s'agit de mesures exceptionnelles de contrôle qui seraient justifiées par l'ampleur de l'immigration irrégulière et l'orpaillage clandestin, à l’intérieur même de la Guyane. Depuis des années, plusieurs associations (la Cimade, AIDES, Médecins du Monde, le Gisti, la Fasti, la Ligue des droits de l’homme, le Comede) dénoncent ces barrages "permanents" qui sont devenus de véritables frontières internes sur les deux uniques axes permettant l’accès à Cayenne, centre incontournable de l’administration et de la santé. Les associations font valoir que ces postes de contrôle d’identité ont des conséquences néfastes, notamment en matière d’accès aux soins pour les personnes étrangères en situation précaire et pour les populations autochtones souvent dans l’incapacité d’apporter la preuve de leur identité ou nationalité française (du fait de la défaillance des autorités françaises). Les associations ont donc attaqué devant les juridictions administratives les arrêtés préfectoraux mettant en place les barrages à Iracoubo et à Régina. Les associations avaient saisi le Conseil d’Etat qui leur avait donné raison et renvoyé l’affaire au tribunal de Cayenne, début 2017. Mi juin dernier, cette juridiction a rejeté (pour la seconde fois) les requêtes des associations contre le maintien de ces barrages. Les associations pourraient faire appel, voire de nouveau saisir le Conseil d’Etat. Pour les associations, en reconduisant ces arrêtés, le préfet de Guyane outrepasse ses pouvoirs en prenant un acte qui porte atteinte aux Droits de l’homme, notamment parce qu’il prive de la liberté d’aller et venir, parce qu’il est en violation du droit à la santé, du droit à l'accès aux services publics (lycées, tribunaux,...). A suivre.