Bébé du Mississippi : toujours pas de trace du virus 18 mois après l’arrêt du traitement

8 Novembre 2013
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En mars 2013, elle a été une des stars de la CROI 2013, suscitant intérêt scientifique et emballement médiatique. Le docteur Deborah Persaud (Baltimore, Etats-Unis) annonçait alors le premier cas de rémission fonctionnelle chez un bébé — une petite fille âgée de 28 mois — après une initiation de traitement très précoce. On définit la rémission fonctionnelle comme la capacité de l’organisme à contrôler naturellement le VIH et à le maintenir à des niveaux très faibles, même après avoir arrêté les médicaments anti-VIH (trithérapies). La petite fille, originaire du Mississippi, née prématurée d'une mère séropositive ne prenant pas de traitement, était bel et bien infectée (sa charge virale était de 20 000 copies) lorsqu’elle a commencé un traitement précoce (par Combivir et Viramune) seulement 30 heures après sa naissance. Traitée par antirétroviraux jusqu'à 18 mois, elle a ensuite eu une rupture de soins et un arrêt de traitement pendant cinq mois. Lors de son retour en consultation, les médecins lui ont prescrit un bilan : la charge virale était toujours indétectable. En mars dernier, Deborah Persaud, expliquait que le traitement très précoce avait non seulement empêché la réplication du virus, mais aussi certainement empêché la formation des réservoirs viraux. Tout en précisant qu’"à ce stade on ne sait pas s'il s'agit d'une guérison fonctionnelle, et si elle se maintiendra dans le temps. Ou si on va aboutir au fil du temps à une complète disparition du virus, comme chez le patient de Berlin". Le 23 octobre dernier, les chercheurs ont annoncé qu’après 18 mois sans traitement la fillette ne montrait toujours aucune trace du VIH (ni en termes de charge virale, ni en termes de réservoirs). Ce cas de "guérison apparente" va donner lieu début 2014 à une étude clinique financée par des fonds fédéraux américains pour tester cette stratégie thérapie antirétrovirale précoce chez les nouveau-nés séropositifs. Malgré les avancées importantes de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant — dont les protocoles, s’ils sont bien suivis, permettent de supprimer presqu’entièrement le risque de transmission —, plus de 260 000 enfants sont contaminés par leur mère chaque année, surtout dans les pays en développement, en raison des problèmes de mise en œuvre des protocoles.