Bourguignon, ministre de la Santé et de la Prévention

2 Juin 2022
631 lectures
Notez l'article : 
0
 

Quelques noms avaient circulé pour succéder à Olivier Véran : celui de Nicolas Revel, ex-directeur de la Caisse nationale d’assurance-maladie, celui du député (LR) et médecin urgentiste Philippe Juvin, des parlementaires et médecins comme Stéphanie Rist ou Thomas Mesnier et même ceux de médecins et actuels présidents de région comme Jean Rottner ou Renaud Muselier, etc. nous rappelle le Quotidien du Médecin. Finalement, le choix présidentiel s’est porté sur l’ancienne députée PS, puis LREM, Brigitte Bourguignon qui a hérité du ministère de la Santé et de la Prévention. Auparavant, Brigitte Bourguignon était ministre déléguée chargée de l'Autonomie auprès du ministère des Solidarités et de la Santé, dans le gouvernement Jean Castex. Brigitte Bourguignon a un long parcours politique, démarré en 2012. L’ancienne travailleuse sociale a été réélue en 2017 comme députée. Elle est devenue présidente de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale à partir de 2017 ; un poste important. Le Quotidien du Médecin rappelle qu’elle a été à la tête de la commission d'enquête sur la Covid-19. Comme ministre déléguée, elle n’aura pas réussi à mettre en place la loi sur le Grand âge que le président Macron avait promise dès 2018. Ce dernier ayant repoussé le projet sine die, puis l’ayant abandonné au motif de la crise. Cette tâche devrait donc être assurée par Damien Abad, nommé ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, qui vient de quitter la présidence du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. Évidemment, c’est dans l’hypothèse où il arrive à rester au gouvernement, alors qu’il est mis en cause pour des faits présumés de viols, en 2010 et 2011, par deux femmes. Ces faits ont été signalés à LREM et LR par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Damien Abad conteste les faits. Lors de sa passation de pouvoir avec Olivier Véran (21 mai) et juste avant d’aller visiter une maison de santé en zone rurale, la nouvelle ministre de la Santé et de la Prévention a expliqué quels seront ses chantiers prioritaires ; le principal est la lutte contre les déserts médicaux. Brigitte Bourguignon veut faire de « l'accès aux soins pour tous » une priorité de son mandat, notamment en luttant contre les déserts médicaux, a-t-elle affirmé lors de sa passation de pouvoir. « Ma feuille de route est claire, c'est celle du président » Emmanuel Macron qui est « d’assurer l'accès aux soins pour tous », indique l’AFP.  Il faudra « poursuivre nos efforts pour la prévention, consolider, adapter le système de soins en ville, à l'hôpital, avec l'enjeu particulier de cette lutte contre les déserts médicaux », a poursuivi l'ex-ministre déléguée à l'Autonomie des personnes âgées. « Nous allons en particulier devoir gérer cette pénurie de médecins, accélérée par une pyramide des âges vieillissante et une évolution des mentalités » préférant le soin à domicile plutôt qu'à l'hôpital, selon elle. « La politique d'accès à la santé est une politique très territoriale, qui doit être accompagnée plutôt que décrétée du haut vers le bas, construite avec les territoires », a insisté la nouvelle ministre. « Je veux rappeler le Ségur de la Santé, mais on doit aller encore plus loin aujourd'hui pour redonner du sens à tous ces métiers qui demandent énormément d'efforts », a expliqué celle qui sera à nouveau candidate aux législatives en juin dans sa circonscription. Depuis Paris, la nouvelle ministre avait concédé que repenser le système de santé « est une tâche difficile (...), nous sortons d'une crise Covid qui a fatigué et éprouvé tous les professionnels » de santé, alors que 120 hôpitaux sont contraints de limiter leurs activités aux urgences.