Brutal coup d’arrêt d'un essai vaccinal préventif anti-VIH

11 Mai 2013
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Les Instituts nationaux de la santé américains (NIH) ont annoncé (25 avril) avoir mis fin à la seule étude clinique d’efficacité (lancée en 2009) sur un vaccin préventif expérimental contre le VIH. Baptisé HVTN 505, cet essai portait sur 2 504 gays volontaires de 19 villes américaines. Deux groupes étaient comparés : l’un recevant la combinaison vaccinale, l'autre un placebo. Cette combinaison vaccinale se composait de quatre injections de fragments d’ADN viral, d’abord deux fois des fragments libres, puis une fois intégrés dans un "vecteur" visant à simuler l’infection, et enfin le vecteur seul. Le vecteur choisi par les chercheurs était ici basé sur un adénovirus5 (Ad5), un banal virus de rhume. Ce schéma d’injections différentes et successives s’inscrit dans le modèle prime-boost (une amorce et un boost), qui vise à produire une première réponse immunitaire par la suite renforcée et enrichie. Hélas, cela n’a pas marché. Comme dans tous les essais, un groupe d’experts, indépendant des équipes qui conduisent l’essai, a analysé les résultats intermédiaires pour s’assurer que celui-ci n’est pas poursuivi inutilement et si, avant même la conclusion de l’essai, il s’avère qu’il n’a pas d’intérêt voire fait courir des risques trop forts aux participants. Le 22 avril, le comité d’experts indépendants a préconisé l’arrêt de cet essai. Pas d’efficacité, voire même une tendance à favoriser l’infection. En effet, l'analyse montre au total 41 cas d'infections par le VIH dans le groupe des hommes ayant eu le vaccin contre 30 dans le groupe recevant le placebo. Certes, cette augmentation du risque d’infection n’est pas statistiquement significative, ce qui signifie, à ce stade des analyses, qu’elle peut être simplement liée au hasard. Mais le vecteur ad5 avait déjà été utilisé dans un précédent essai, STEP, qui, lui aussi, avait favorisé l’infection à VIH chez les personnes qui avaient une immunité préexistante à l’adénovirus 5 qui l’avaient déjà rencontré par le passé. Dans HVTN 505, ces personnes étaient donc exclues et ne pouvaient pas participer. Les chercheurs continueront à suivre les participants pour analyser davantage les résultats, qui seront sans doute très discutés dans les mois qui viennent. Le vaccin préventif anti-VIH n’est décidément pas pour demain.

Commentaires

Portrait de JIPETTE

Une fois de plus une espérance de vaccin s'effondre

cocnlusion : plus que jamais, pour la presse essentiellement, arrêter avec les régulières une accrocheuse  sur le thème de la découverte d'un vaccin contre le Sida

Il serait temps que la profession prenne le recul nécessaire car a chaque fois ils alimentent de faux espoirs chez les contaminés

Ces titres sensationnalistes font peut etre vendre du papier mais déontologiquement parlant cette attitude est répréhensible, à mes yeux d'ancien journaliste

Jean-Pierre BROS

Portrait de Muffin64

Suite a ce type de nouvelle. Quelle sacré merde nous avons dans le sang. 

Portrait de Moondi

JIPETTE wrote:

Une fois de plus une espérance de vaccin s'effondre

cocnlusion : plus que jamais, pour la presse essentiellement, arrêter avec les régulières une accrocheuse  sur le thème de la découverte d'un vaccin contre le Sida

Il serait temps que la profession prenne le recul nécessaire car a chaque fois ils alimentent de faux espoirs chez les contaminés

Ces titres sensationnalistes font peut etre vendre du papier mais déontologiquement parlant cette attitude est répréhensible, à mes yeux d'ancien journaliste

Jean-Pierre BROS

Banaliser le VIH et certainement en faire une maladie chronique, avec lequel les labo se feront du fric c pas nouveau... restons soudé et rempli d'espoir...