Bruxelles contre la désinformation

11 Juin 2021
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La Commission européenne a présenté le 26 mai des propositions pour renforcer le code de bonnes pratiques contre la désinformation. Ce code est signé par plusieurs plateformes comme Facebook et Google. Ce code leur réclame plus de transparence sur les algorithmes et plus de fact-checking. Ce code, outil d’autorégulation, a vocation à devenir plus contraignant avec la future législation sur le numérique (« Digital Services Act », DSA), que Bruxelles espère voir adopter l’année prochaine, souligne l’AFP. Le DSA doit obliger les plateformes à mettre en place des mesures pour lutter, entre autres, contre la désinformation, et le respect du code de bonnes pratiques en fera partie, permettant d’éviter de lourdes amendes. Le code, lancé en 2018, a été signé par Google, Facebook, Twitter, Microsoft, Mozilla et TikTok, ainsi que des acteurs-rices du secteur de la publicité. Dans sa version actuelle, il « a montré ses limites », reconnaît Vera Jourova, la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la transparence. On l’a vu avec la période de crise sanitaire qui a provoqué la prolifération de rumeurs et fausses informations en ligne. « Les menaces posées par la désinformation en ligne évoluent rapidement et nous devons intensifier notre action », a indiqué Vera Jourova. Le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton a souligné que « la désinformation ne peut pas rester une source de revenus », appelant à « des engagements plus forts de la part des plateformes numériques, de tout l’écosystème publicitaire et des réseaux de fact-checkers ». La Commission veut inciter davantage d’acteurs-rices du numérique et de la publicité à adhérer au code, et encourager les plateformes à coopérer pour lutter contre les publicités mensongères ou trompeuses. À la différence des contenus illégaux, la lutte contre la désinformation ne passe pas par un retrait obligatoire. Mais Bruxelles réclame plus de transparence sur les algorithmes utilisés par les géants du net pour mettre en avant des contenus et souhaite que les utilisateurs-rices aient à disposition des outils pour signaler facilement des informations fausses ou trompeuses. La Commission veut encourager le développement de l’investigation numérique (fact-checking) et un meilleur accès des chercheurs-ses aux données des plateformes. Elle demande aussi aux plateformes de publier des comptes rendus réguliers avec des indicateurs clairs pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place. Elle propose la création d’une « task force » composée notamment des signataires du code, de représentants-es du service diplomatique de l’UE et des régulateurs-rices européens-nes de l’audiovisuel (Erga). Les propositions vont être discutées avec les plateformes, qui devront soumettre une première version du code révisé à l’automne 2021, pour qu’il soit opérationnel dès le début 2022.