Burundi : des professionnels de santé coupables de sérophobie

14 Juin 2014
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Les professionnels de santé participent à la stigmatisation et à la discrimination des personnes vivant avec le VIH au Burundi, a reconnu (29 mai) dans une interview à l’agence de presse chinoise Xinhua, Jérémie Biziragusenyuka, médecin et coordonnateur national d'un projet du réseau ESTHER "Ensemble pour une solidarité thérapeutique et hospitalière en réseau". ESTHER est un outil de coopération bilatérale entre le gouvernement français et des gouvernements de plusieurs Etats africains dans le domaine du VIH. D'après cet expert burundais, les principales pratiques discriminatoires exercées à l’encontre des personnes vivant avec le VIH, notamment au niveau des structures hospitalières, sont : le refus de fournir des soins à une femme enceinte vivant avec le VIH, d’accoucher des femmes séropositives ou de donner un traitement aux enfants nés de mère séropositive. Par ailleurs, Il arrive aussi que des professionnels de santé tiennent des propos déplacés et adoptent des comportements discourtois à l'égard de personnes vivant avec le VIH. Problèmes aussi, lors de l’annonce de la séropositivité qui donne souvent lieu à de la stigmatisation. Ces discriminations n’ont pas d’explications rationnelles, notamment cette hostilité incompréhensible à l’égard des femmes séropositives qui conduisent une grossesse. Ce que disent les experts, c’est qu’elles entravent la riposte au VIH, qui se voit retardée et qui risque même de se solder par un échec. La solution ? Un travail de fond auprès des professionnels de santé. Pour atteindre un bon résultat, explique Jérémie Biziragusenyuka, il faut créer une synergie qui doit associer de près les réseaux des personnes vivant avec le VIH. L’objectif est le "changement de comportement afin que tous les professionnels de santé puissent intérioriser que les personnes infectées par le VIH sont des patients à traiter au même pied d'égalité que les autres malades". "Au demeurant la loi burundaise portant protection aux personnes infectées ou affectées par le VIH devrait sévir dans toute sa rigueur afin de frapper fort les récalcitrants en matière de stigmatisation-discrimination des malades atteints du sida au Burundi", a plaidé le médecin.