Cameroun : la santé en procès

22 Août 2012
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Mercredi 22 août 2012, quinze militants associatifs, membres du Collectif 15%, sont assignés à comparaitre devant le tribunal de première instance de Yaoundé : "Pour être entendu en qualité de prévenu d’avoir à Yaoundé participé à l’organisation ou manifestation dans un lieu ouvert au public sans avoir fait la déclaration éventuellement requise après l’interdiction légale ; faits prévus et réprimés par les articles 74, et 231 du code pénal", indiquent plusieurs associations (Act Up-Paris, AIDES, Solidarité Sida, RAME et TAW AFRICA ) dans un communiqué (21 août). "En réalité, le crime de ces militants associatifs est d’avoir rappelé aux députés camerounais l'engagement pris par le gouvernement de consacrer 15% du budget national à la santé". Dans la Déclaration qu'ils ont adoptée au Sommet d'Abuja, en avril 2001, plusieurs dirigeants africains se sont engagés, entre autres, à consacrer au moins 15% de leur budget annuel à l'amélioration du secteur de la santé. Le Cameroun fait partie des pays qui n’ont pas tenu leur engagement. Pour les associations : "Ce procès est une fuite en avant des autorités camerounaises. Ceux qui devraient être à la barre le 22 août sont ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses, et non ceux qui les leur ont rappelé". "Ce procès contre la Coalition 15% est en réalité un procès contre l’accès aux soins de millions de Camerounais. Il aura une influence négative sur l’éligibilité du Cameroun à la plupart des financements internationaux parce qu’il sera demandé un embargo moral sur le Cameroun où les autorités cherchent à réduire au silence les personnes vivant avec le VIH et les militants des droits humains qui demandent au gouvernement de tenir ses engagements", notent les associations.